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JPMorgan tente de limiter les dégats causés par la "Baleine de Londres"

Jérôme Marin, à New York

Publié le 29 mai 2012 à 16:16

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La première banque américaine aurait cédé pour 25 milliards de dollars de titres afin de limiter l'impact des pertes causées par la "Baleine de Londres", ce trader français basé au sein du "Chief Investment Office", sur ses résultats du deuxième trimestre. Les autorités américaines réclament toujours des explications.

Limiter les dégâts à court-terme. Voila, une partie de la stratégie mise en place par JPMorgan Chase en réponse aux importantes pertes causées par la "baleine de Londres", ce trader français basé à Londres au sein du "Chief Investment Office" (CIO), l'unité chargée de couvrir les risques de la firme au niveau mondial. Dès le 10 mai, date à laquelle elle avait révélé ces mauvais investissements, la première banque américaine avait indiqué que des ventes d'actifs compenseraient en partie ces pertes. Selon l'agence Reuters, JPMorgan aurait ainsi cédé pour environ 25 milliards de dollars de titres détenus par d'autres unités. Ces cessions pourraient représenter un gain de 16 cents par action au cours du deuxième trimestre 2012, dont les chiffres seront publiés à la mi-juillet. Elles permettront donc à l'établissement dirigé par Jamie Dimon de présenter des résultats nettement moins affectés par ces pertes, alors même que son action a chuté de près de 20% au cours des trois dernières semaines.

Les dirigeants de JPMorgan ont ainsi préféré réduire l'impact à court-terme, quitte à réduire les profits au cours des trimestres suivants. "Ils ont pris deux décisions stupides", juge Lynn Truner, consultante et ancienne employé de la Securities & Exchange Commission, le gendarme boursière américain. "La première a été de prendre des risques avec des produits dérivés qu'ils ne comprenaient pas, poursuit-elle, interrogée par Reuters. La deuxième a été de vendre des actifs très rentables qu'ils ne pourront pas remplacer". D'autant plus que les gains vont être limités par les impôts payés sur ces plus-values.

Les pertes pourraient atteindre cinq milliards de dollars

Mis sous pression sur les marchés, la banque new-yorkaise pourrait cependant poursuivre cette stratégie. Notamment si les pertes engendrées par ces mauvais investissements se révélaient bien plus importantes qu?initialement annoncé au cours de la conférence téléphonique organisée à la hâte le 10 mai. Ce jour-là, Jamie Dimon estimait qu'elles pourraient atteindre 3 milliards de dollars. Mais selon le Wall Street Journal, elles pourraient monter jusqu'à 5 milliards, en raison de conditions de marché peu favorables.

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En attendant de connaître l'ampleur des dégâts, les régulateurs et autorités américaines continuent d'examiner cette affaire de très près. Jamie Dimon est notamment attendu le 7 juin devant la Commission bancaire du Sénat, dont les membres ne manqueront pas de l?interroger sur la nature de ses investissements, peut-être beaucoup trop importants et risqués pour seulement relever d'opérations de couverture comme l'assure la banque. Le Congrès négocie actuellement la mise en place de la "Volcker Rule". Une mesure qui doit limiter le trading pour compte propre des banques. Et que Jamie Dimon a toujours critiquée.

Jérôme Marin, à New York

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