JPMorgan tente de limiter les dégats causés par la "Baleine de Londres"

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La première banque américaine aurait cédé pour 25 milliards de dollars de titres afin de limiter l'impact des pertes causées par la "Baleine de Londres", ce trader français basé au sein du "Chief Investment Office", sur ses résultats du deuxième trimestre. Les autorités américaines réclament toujours des explications.

Limiter les dégâts à court-terme. Voila, une partie de la stratégie mise en place par JPMorgan Chase en réponse aux importantes pertes causées par la "baleine de Londres", ce trader français basé à Londres au sein du "Chief Investment Office" (CIO), l'unité chargée de couvrir les risques de la firme au niveau mondial. Dès le 10 mai, date à laquelle elle avait révélé ces mauvais investissements, la première banque américaine avait indiqué que des ventes d'actifs compenseraient en partie ces pertes. Selon l'agence Reuters, JPMorgan aurait ainsi cédé pour environ 25 milliards de dollars de titres détenus par d'autres unités. Ces cessions pourraient représenter un gain de 16 cents par action au cours du deuxième trimestre 2012, dont les chiffres seront publiés à la mi-juillet. Elles permettront donc à l'établissement dirigé par Jamie Dimon de présenter des résultats nettement moins affectés par ces pertes, alors même que son action a chuté de près de 20% au cours des trois dernières semaines.

Les dirigeants de JPMorgan ont ainsi préféré réduire l'impact à court-terme, quitte à réduire les profits au cours des trimestres suivants. "Ils ont pris deux décisions stupides", juge Lynn Truner, consultante et ancienne employé de la Securities & Exchange Commission, le gendarme boursière américain. "La première a été de prendre des risques avec des produits dérivés qu'ils ne comprenaient pas, poursuit-elle, interrogée par Reuters. La deuxième a été de vendre des actifs très rentables qu'ils ne pourront pas remplacer". D'autant plus que les gains vont être limités par les impôts payés sur ces plus-values.

Les pertes pourraient atteindre cinq milliards de dollars

Mis sous pression sur les marchés, la banque new-yorkaise pourrait cependant poursuivre cette stratégie. Notamment si les pertes engendrées par ces mauvais investissements se révélaient bien plus importantes qu?initialement annoncé au cours de la conférence téléphonique organisée à la hâte le 10 mai. Ce jour-là, Jamie Dimon estimait qu'elles pourraient atteindre 3 milliards de dollars. Mais selon le Wall Street Journal, elles pourraient monter jusqu'à 5 milliards, en raison de conditions de marché peu favorables.

En attendant de connaître l'ampleur des dégâts, les régulateurs et autorités américaines continuent d'examiner cette affaire de très près. Jamie Dimon est notamment attendu le 7 juin devant la Commission bancaire du Sénat, dont les membres ne manqueront pas de l?interroger sur la nature de ses investissements, peut-être beaucoup trop importants et risqués pour seulement relever d'opérations de couverture comme l'assure la banque. Le Congrès négocie actuellement la mise en place de la "Volcker Rule". Une mesure qui doit limiter le trading pour compte propre des banques. Et que Jamie Dimon a toujours critiquée.

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Commentaires
a écrit le 30/05/2012 à 11:22 :
La perte de JP Morgan n'a rien à voir avec l'affaire Kerviel, ce n'est pas la faute du trader mais de la stratégie de la banque. C'est totalement différent.
Réponse de le 30/05/2012 à 12:04 :
vous etes naifs. biensur que dans les deux cas c'est la question du trading pour compte propre qui est en jeu. si les banques etaient interdites d'operations de marches pour compte propre, les marches seraient une place plus sure et il n'y aurait pas tous ces scandales a repetitions.
a écrit le 30/05/2012 à 3:13 :
J'ai l'impression qu'en réalité on discute dans le vide, tempête dans un verre d'eau, une histoire qui a prit une taille exceptionnelle, car JPmorgan c'est des bénéfices de l'ordre de 10 à 15 milliards; on avait là comme affaire juste une moins-value virtuelle sur une énorme somme d'argent, on parla de 100 milliards, alors une moins-value de 2% c'est vraiment pas un désastre. Vous si vous avez de l'argent en bourse, une perte de 2% est-elle catastrophique ? Par contre, cette histoire est partie en vrille quand le président de JPMorgan a expliqué qu'il avait un stop à 3 milliards en perte( donc 3%), alors évidemment, dans un marché si peu liquide, il a donné un bâton pour se faire battre; on ne donne jamais ses positions, le président doit logiquement démissionner avec ce genre d'erreur.
Les gens ne se rendent plus compte de la taille titanesque des banques, le too big to fail est devenu encore pire, et forcément à comptes titanesques, on a des gains ou des pertes de même ampleur, mais il faut raisonner en pourcentages.
a écrit le 29/05/2012 à 22:41 :
En mars 2008 Bear Stearns était contrepartie à 13.000 milliards$ de produits dérivés. La reprise de Bear Stearns par JPMorgan, avec un prêt sans recours de la Federal Reserve de 29 milliards $, a été décrit ainsi "Fed's Rescue of Bear Halted Derivatives Chernobyl". (http://www.lexinter.net/JF/produits_derives_et_risques.htm)
a écrit le 29/05/2012 à 21:25 :
Je dis bravo à la "baleine de Londres". Un peu d'humilité ne fera pas de mal à cette banque.
Réponse de le 29/05/2012 à 22:46 :
Coam, avez-vous vu ce qui est advenu de Kerviel..?? Soit, les employés doivent trinquer.
a écrit le 29/05/2012 à 20:14 :
Dire que si 5 milliards de gain avaient été faits, ils auraient été félicités. Hors, les 5 milliards de gain auraient été faits sur l'économie bien réelle. Soit, nous. Amusant, non..??
a écrit le 29/05/2012 à 19:42 :
Je pensais que la grande implosion arriverait à l'automne, mais ça pourrait arriver plus tôt que prévu !

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