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Entreprises & FinanceIndustrie financière

Ces 5 sociétés françaises qui dictent leurs conditions aux banques et aux marchés

Christine Lejoux

Publié le 25 septembre 2012 à 14:22 - Mis à jour le 25 septembre 2012 à 14:29

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EDF, GDF, France Télécom, Total et Veolia représentent près du quart de la dette bancaire des sociétés de l'indice SBF 120. Et... 43% de la dette obligataire.

Elles s'appellent EDF, GDF, France Télécom, Total et Veolia Environnement. Ces cinq poids lourds de l'industrie française «dictent leurs conditions aux banques», constate Stanislas d'Audiffret, directeur senior au sein de la société de services financiers Bfinance, qui présentait ce mardi une étude sur le financement des 120 premières capitalisations de la Bourse de Paris. La preuve par les chiffres (au 31 décembre 2011): à eux cinq, EDF, GDF, France Télécom, Total et Veolia représentent près du quart de la dette bancaire contractée par les sociétés composant l'indice SBF 120.

Une situation injuste

C'est dire si la crise du financement, ces cinq mastodontes-là -et plus largement l'ensemble du CAC 40- ne la connaissent pas, contrairement à nombre d'entreprises de taille plus modeste. Une situation d'autant plus injuste que la situation financière des très grandes entreprises françaises laisse moins à désirer que celle de leurs «petites s?urs»: fin décembre 2011, la dette nette des sociétés du CAC 40 -l'indice vedette de la Bourse de Paris- représentait 1,6 fois seulement leur excédent brut d'exploitation, en moyenne, contre un multiple de 2,1 pour les entreprises du SBF 120 (hors CAC 40).

Un accès aux banques françaises et étrangères

Mais, c'est bien connu, on ne prête qu'aux riches. Ce qui , selon Bfinance, laisse «possible, voire facile» l'accès des grandes multinationales françaises au financement bancaire, malgré la future réglementation dite de Bâle III, qui, en imposant aux banques européennes de renforcer leurs fonds propres, bride leur capacité à prêter de l'argent aux entreprises et aux particuliers. Et les colosses du CAC 40 ne continuent pas seulement de bénéficier d'un accès privilégié au crédit bancaire français, mais ils figurent également parmi les rares clients étrangers que les banques japonaises et américaines, moins pressées d'appliquer Bâle III, consentent à financer.

La voie de la désintermédiation

Les entreprises plus petites, comment se débrouillent-elles? Eh bien, elles tentent de s'engager dans la voie de la désintermédiation, prenant exemple sur les Etats-Unis, où les sociétés se financent à hauteur de 70% sur les marchés financiers, en particulier sur le marché obligataire. En 2011, la dette obligataire du SBF 120 a ainsi bondi de 11%, tandis que la dette bancaire non tirée (souscrite mais pas encore utilisée) a chuté de 10%. «Plus de 9 entreprises sur 10 souhaitent élargir leur gamme d'instruments de financement», insiste Emmanuel Léchère, chez Bfinance. Le hic, c'est «qu'emprunter sur les marchés coûte en moyenne plus cher qu'emprunter auprès des banques», tempère Stanislas d'Audiffret.

Une facture élevée

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D'autant plus cher que la complexité d'un appel au marché nécessite de se faire conseiller, et, si possible, d'être noté par une agence de solvabilité comme Moody's ou S&P. Autant d'éléments qui renchérissent la facture. Là encore, les entreprises les mieux placées pour emprunter sur le marché sont... les ténors du CAC 40. EDF, GDF, France Télécom, Total et Veolia ne représentent d'ailleurs pas moins de 43% de la dette obligataire levée par l'ensemble du SBF 120. Comme le dit Stanislas d'Audiffret, ces cinq-là «disposent d'un vrai pouvoir de négociation sur les marchés». Résultat, le financement bancaire demeure central pour les petites et moyennes entreprises françaises. A leur corps défendant.

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Christine Lejoux

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