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Entreprises & FinanceIndustrie financière

Les projets obligataires des PME sont en danger

Pascale Besses-Boumard

Publié le 25 septembre 2012 à 15:28 - Mis à jour le 25 septembre 2012 à 15:37

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Les initiatives en vue de favoriser l'émission d'obligations pour les PME ETI en mal de fonds propres semblent prendre l'eau. D'abord parce que les investisseurs se montrent frileux, mais aussi parce que dans le cas de l'offre proposée par Nyse Euronext, les candidats doivent se faire noter. Un impératif aux coûts disproportionnés par rapport à leur taille.

On le voit clairement depuis plusieurs mois, l'investissement obligataire est largement privilégié par les investisseurs qui y voient un placement sécurisé par le rendement des coupons versés jusqu'à l'échéance de ce titre. Placement d'autant plus intéressant que le marché secondaire obligataire rencontre un vif succès, facilitant la vente avant échéance avec une belle plus-value. Les fonds spécialisés sur ce type d'actifs offrent des performances plus qu'alléchantes depuis trois ans. Y compris les fonds investis en obligations d'entreprises des pays émergents, les performances atteignant en moyenne une progression de...40%.

Déception du côté du projet Micado France 2018

D'où l'idée de plusieurs intervenants boursiers, de développer des outils permettant à des petites et moyennes entreprises, ne parvenant pas à trouver des financements avec leur banque, d'émettre des obligations. Marché jusqu'à présent totalement fermé à ce type d'initiative, les investisseurs obligataires ne s'intéressant qu'à de très grosses émissions. Pour l'heure, force est pourtant de constater que ces projets n'ont pas vraiment rencontré le succès espéré.
Le projet Micado France 2018 qui se propose de mettre en lien diverses PME en mal de fonds propres et des investisseurs via un fond commun de placement innovant, lesquels devaient à l'origine mettre 300 millions d'euros pour souscrire aux obligations émises par les entreprises n'a finalement pas fait carton plein. Seuls 60 millions d'euros ont été récoltés. Les initiateurs du projet promettent, certes, de lancer d'autres FCP similaires, y compris ouverts au public.

Le projet de plate-forme obligataire de Nyse Euronext menacé par l'obligation de notation

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L'autre projet, celui de Nyse-Euronext a pour ambition de permettre à des PME-ETI cotées et non cotées d'avoir également accès au marché obligataire. Avec un seuil minimal de 5 millions d'euros à émettre sur Alternext et de 10 millions d'euros sur le compartiment Nyse Euronext. Selon les dirigeants de la société de services boursiers, les débuts de cette offre seraient prometteurs. Elle se heurte pourtant à un impératif qui devrait être rédhibitoire pour bon nombre de candidats: toute société de moins de 100 millions d'euros de capitalisation boursière doit se faire noter pour pouvoir émettre des titres. Injonction fixée par l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui n'a pas voulu que ce marché du crédit échappe à la manne des agences de notation. Un comble lorsque l'on sait que nombre d'intervenants aussi bien politiques que financiers, sans parler des responsables européens ne décolèrent pas depuis des mois contre la suprématie de ces agences. Un comble aussi lorsque l'on sait que les impératifs de transparence financière sont déjà draconiens pour les sociétés cotées. Pourquoi ajouter une telle couche? D'autant que celle-ci n'est pas gratuite, loin s'en faut, même si les agences de notation préconisées par Nyse Euronext dans son prospectus de présentation sont de moindre importance que les trois grandes (Moody's, Standard & Poor's et Fitch), et présentent des grilles tarifaires nettement inférieures. Il n'empêche, les agences présentées demandent entre 15.000 et 70.000 euros pour la première notation, les mises à jour annuelles pouvant représenter les deux tiers du montant initial... Un élément plus que dissuasif pour des ETI qui ne pensent pas émettre plus de 5 millions d'euros d'obligations. Une pierre dans le jardin de Nyse Euronext qui comptait bien sur cette offre pour redonner envie aux investisseurs d'investir dans des projets entrepreneuriaux, à l'heure où les actions ne font plus rêver.
L'heure est pourtant bel et bien cruciale. En écoutant les témoignages des PME régionales qui tissent notre industrie, elles n'ont jamais eu autant de mal à finir les fins de mois tant les banques leur serrent la vis. A tel point que nombre d'entre elles ont renoncé à tout projet de croissance, se recroquevillant sur leur simple survie. «Je n'ai jamais vu cela en vingt ans d'expérience. Il faut impérativement que des mesures soient prises, que ce soit à l'échelle politique ou bancaire, sinon c'est tout le poumon industriel français qui risque de disparaître», lance un professionnel spécialisé dans l'accompagnement des dirigeants et actionnaires de PME.

Pascale Besses-Boumard

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