Hollande s'en prend à nouveau aux LBO

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François Hollande veut que le législateur revienne sur la procédure des LBO. Copyright Reuters
François Hollande veut que le législateur revienne sur la procédure des LBO. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le candidat socialiste à la présidentielle affirme que « le législateur devra revenir sur cette procédure » d'acquisition d'entreprises par des fonds d'investissement.

François Hollande persiste et signe. Le candidat socialiste à la présidentielle - qui avait déjà dit tout le mal qu?il pensait des LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement) lors de la présentation de son programme, en début d?année - a déclaré, mercredi, que « le législateur devra revenir sur cette procédure (des LBO). » Des propos tenus aux représentants du personnel de l?usine de chariots-élévateurs Still-Saxby, à Montataire, dans l?Oise. Détenue par le groupe allemand Kion, lui-même propriété du fonds de LBO américain KKR et de la banque Goldman Sachs, l?usine procèdera à des licenciements à partir de septembre.

Réduire la déductibilité des intérêts

En janvier, François Hollande avait indiqué que l?une des mesures-phares de son programme résiderait dans la réduction de la déductibilité des intérêts des emprunts contractés par une entreprise - ou un fonds - pour en acquérir une autre. Or la déductibilité - du résultat imposable - des intérêts de la dette d?acquisition constitue un pilier de la rentabilité des fonds de LBO. Destinée à décourager les investissements purement financiers et à faire la chasse aux niches fiscales, cette mesure rapporterait quatre milliards d?euros à l?Etat.

« Des financiers qui prennent la substance d?une entreprise »

Si François Hollande veut remettre à plat la technique du LBO, c?est parce que « vous n?en êtes pas les seules victimes », a insisté le candidat PS à l?Elysée, en s?adressant aux salariés de Still-Saxby. Et d?expliciter : « C?est toujours le même processus : un groupe financier vient, reprend pour une somme modique les capitaux d?une entreprise, et se rémunère en se faisant rembourser ses emprunts par les bénéfices de l?entreprise. (?) Le législateur aura à revenir sur le LBO, de façon à le réserver exclusivement aux salariés et aux cadres d?une entreprise, et pas à des financiers qui viennent prendre la substance d?une entreprise et la vendre après. »

Les effectifs des PME détenues par des fonds ont augmenté de 4,2% en 2010

Une vision quelque peu caricaturale des LBO, sachant que les fonds ne rachètent pas forcément les sociétés à l?encan, loin de là. Au second semestre, dans la zone euro, les fonds de LBO ont en moyenne payé leurs cibles 7,5 fois l?excédent brut d?exploitation, un multiple identique à celui offert par les acquéreurs industriels, selon le baromètre établi par la société de private equity Argos Soditic. Les fonds de LBO ne sont pas non plus forcément synonymes de destructions d?emplois : les sociétés françaises appartenant à des fonds, lesquelles sont à près de 80% des PME, ont vu leurs effectifs croître de 4,2%, en moyenne, en 2010, alors que l?emploi dans l?ensemble des PME de l?Hexagone a augmenté de 1,9% seulement cette même année, selon une enquête publiée fin 2011 par l?Association française des investisseurs en capital et le cabinet Ernst & Young.
 

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Commentaires
a écrit le 03/10/2012 à 19:15 :
je vais tenter un parallèle, le système LBO s'apparente à un homme qui va chercher une personne pour lui faire faire le tapin et qui demande à cette personne de le rembourser pour le frais de voyage et de logement. L'arnaque commence quand il lui demande 5 à 10 fois les frais réellement engagés. La fille paye ces dettes en pensant se libérer mais le jour où elle demande sa liberté, l'homme lui répond qu'elle "revendue" à son pote pour 5 ou 6 fois le prix de départ.
Le pire est que pour rembourser la première personne elle a du faire de gros efforts dans des conditions difficiles et par conséquent son physique se dégrade.
conclusion: Après 2 reventes, la femme n'est plus en mesure de rembourser, elle est abandonnée à son triste sort.
Le coup de gueule est surtout pour dénoncer un procédé qui est puni quand on l'applique à une personne car c'est du proxénétisme mais qui est légal quand une entreprise est la proie de ce système.
a écrit le 31/08/2012 à 13:02 :
Les lbo sont un cancer pour le monde du travail....
La dette est intégralement mise sur le dos des salariés, l'argent est intégralement pompé pour rembourser au plus vite la dette, de plus via une holding des montages financiers sont possibles pour payer le moins d'impôts.
Le contribuable paye ces défiscalisations à travers ses impôts...
Ce système est totalement pervers, les gens qui l'on mis au point sont de prédateurs en liberté, le salarié trinque en silence sans pouvoir rien faire face à ces loups !!!
Je pense qu'il serait temps de reprendre le pouvoir et de mettre hors d'état de nuire ces pingouins en costards cravates, qui n'ont que leurs certitudes pour leur bonne morale.
a écrit le 19/04/2012 à 23:19 :
Faudra réfléchir a deux fois avant de mettre en place une telle mesure. Nous sommes a un moment ou les PME ne trouvent pas d'acquéreur ,le chef d'entreprise prenant sa retraite
a écrit le 19/04/2012 à 18:08 :
Si seulement tous ceux qui s'expriment avaient vécu un LBO qui a très bien fonctionné!
Résumé de l'histoire : en 2,5 ans la valeur de l'action de l'entreprise dans laquelle je travaille a été multipliée par 6,5, en étant passée par un LBO.
Comment?
Primo en faisant en sorte que l'EBITDA soit la capacité de génération de cash produite par l'entreprise soit elle-même multipliée et surtout que les perspectives soient formidables.
Secundo, via la désendettement ou plutôt l'amélioration du B.F.R..
Tertio, encore une fois générer du cash théorique via la cession de tout le parc immobilier et ensuite la cession des créance détenues sur les clients par le système de titrisation. Heureusement la société a trouvé un acquéreur avant que ces 2 derniers point aient pu être mis en oeuvre.
Comment la rentabilité s' est elle grandement améliorée ? En 2,5 ans 10% de l'effectif a disparu. Il y a eu un turn over de 25% .
Conclusion : LBO dans ce cas précis veut dire presser le citron jusqu'à ce tout ce qui constitue la vie de l'entreprise soit aussi sec que possible mais encore vivant pour être vendable.
Bien de courage à tous ceux qui subissent ce genre de traitement, et honte à tous ceux qui considère l'entreprise comme un machine à Cash, le métier de celle-là ne les intéresse pas et les gens qui y travaillent encore moins.
Réponse de le 19/04/2012 à 18:48 :
Les accidents de voiture sont trop graves : il faut supprimer les voitures. Na!

. Et por si nuove.....
a écrit le 19/04/2012 à 17:47 :
Ceux qui défendent ces mesures ne savent probablement pas que le LBO est, en dehors de la transmission à un groupe, pratiquement le seul moyen pour un entrepreneur de céder son entreprise au moment ou il prend sa retraite, à des personnes physiques. Les repreneurs personnes physiques par les LBO, maintiennent l'emploi et s'il le peuvent le développent. Les banques à cette occasion jouent leur rôle en prêtant de l'argent. Beaucoup d'entreprises périclitent car au moment de leur retraite, les patrons de TPE-PME ne trouvent pas de repreneur ou de successeur. Mais il est vrai que ces vérités là ne sont pas enseignées ni à l'ENA, ni au contact des "grands patrons". Au fait lorsque le rachat est fait par un société étrangère et que celui-ci est financé par une banque étrangère, comment fait-on pour interdire la déductibilité des intérêts... C'est donc les banques françaises qui vont souffrir de cette législation....c'est sûrement une bonne mesure pour l'emploi en France
a écrit le 19/04/2012 à 17:26 :
Monsieur H. fait une OPA sur l?électeur de France par LBO: Il se paye des voix à (dis)crédit dont les intérêts seront payés par les impôts des citoyens.......
a écrit le 19/04/2012 à 16:40 :
en fait, l'arrivée des financiers sont entrés dans ce groupe allemand alors qu'il était criblé de dettes : ils ont racheté toute la branche industrielle en évitant la faillite totale du groupe. Dans ce cas précis, il ne s'agit pas d'un démantèlement, mais d'une reprise suivie d'opérations de croissance externe. les LBO purement financiers sont excessivement rares en fait. De mémoire, dans 90 % des cas en France, il s'agit réellement d'opérations de transmission d'entreprise qui soit ne se feraient pas, soit seraient bien plus compliqués sans la technique de l'effet de levier. Bref, pour pénaliser quelques prédateurs - il va bien falloir dresser - , on risque bien surtout de priver nos entreprises d'outils capables de les aider... erreur de diagnostic, donc mauvaise prescription de la part du candidat socialiste !
a écrit le 19/04/2012 à 14:42 :
Il n'est guère besoin de savoir ce qu'est un LBO ni d'en comprendre le fonctionnement. Dès qu'on entend parler de fonds on sait qu'il y a de l'exploitation dans l'air et du vol à la clé. Prétendre le contraire, c'est comme affirmer que le guépard chasse la gazelle pour la caresser. Il veut la bouffer comme les fonds veulent engraisser leurs actionnaires, la plupart du temps américains, puis abandonner les PME usées pour se trouver de nouvelles proies. Et pendant ce temps-là, on trouve parmi les bénéficiaires de ces prédateurs la veuve décrépite mais manucurée et siliconée qui se chauffe au soleil de Miami en profitant du travail des indigènes français.
Réponse de le 19/04/2012 à 17:11 :
Votre prose est tout simplement pathétique... Quand on ne connait rien au milieu du business autre que ce que votre syndicat ou votre mentor socialo-communiste a bien voulu vous dire, il est préférable de se taire...
a écrit le 19/04/2012 à 14:09 :
A ceux qui font des commentaires orientés, si vous lisiez entre les lignes, vous comprendrez que ce que vise notre futur président de la République, ce sont les rachats d?entreprises qui sont ensuite démantelées.

Derniers exemples en date : l?entreprise suisse qui a racheté la raffinerie de Petit-Couronne, qui a déjà fait ça, ou bien la société St Jean qui a racheté hier les fonderies du Poitou, etc?

Ne faites pas semblant de ne pas comprendre, il en va du maintien des emplois industriels de notre pays. En clair, si un projet est valable et protecteur de l?emploi, même F. Hollande verra qu?on doit aider l?entreprise candidate au rachat !! Sinon à quoi servirait d?avoir la gauche à la tête de tous les échelons administratifs du pays (Elysée, Parlement, régions, etc?).
Réponse de le 19/04/2012 à 17:50 :
Non, ce qu'il vise c'est le vote des ouvriers. Son projet n'aura aucun impact sur l'emploi. Réfléchissez sur les origines des problèmes et non sur les résultats!
a écrit le 19/04/2012 à 12:43 :
affligeant, c'est bien le mot pour décrire F Hollande et sa culture économique et entrepreneuriale. Le futur de la France est comme le temps bouché si la gauche et son allié vert repassent au pouvoir.
a écrit le 19/04/2012 à 12:15 :
Attention Monsieur Hollande le LBO est un moyen de reprise d'entreprise qui a parfois permis à des personnes physiques peu fortunées de prendre le controle de PME dynamiques et innovantes.
a écrit le 19/04/2012 à 11:11 :
Quel manque de connaissance de l'entreprise ! Pour un entrepreneur au moment où sa start-up décolle, le LBO est l'outil indispensable qui lui permet de garder la main sur sa majorité, voir même de reprendre la main sur la participation des Fonds dans son capital. Cela vaut pour des cadres et des ouvriers qui rachètent leur entreprise... Hollande n'a jamais été un chef d'entreprise et ses conseillés non plus, sinon ils le sauraient !
a écrit le 19/04/2012 à 10:52 :
On a encore une fois l'illustration de quelqu'un qui n'a jamais rien fait de la sorte dans sa vie et qui vient maintenant nous expliquer ce qu'il faudrait faire pour nourrir encore mieux son fond de commerce... Une telle mesure rendrait encore plus difficile - voire impossible - de nombreuses transmissions d'Entreprises, sachant qu'il y a dores et déjà un cruel déficit de vocations, au regard des risques financiers et sociaux... Tout cela est vraiment affligeant !
Réponse de le 20/04/2012 à 9:46 :
je pense que vous avez aucune notion de ce qui se passe sur le terrain societe tdf deuxieme LBO 600 emplois à la trappe !!!
Réponse de le 20/04/2012 à 12:16 :
Commentaire interessant qui montre comment on stigmatise globalement en s'appuyant sur une singularité... c'est l'histoire des trains qui arrivent en retard qui masquent l'uimmense majorité qui arrive à l'heure ! Pour votre exemple, sachez que sans LBO, aucune entreprise qui doit trouver un successeur ou subir une mutation - désolé, mais le monde bouge ! - ne trouverait preneur. Au lieu d'un plan social, ce serait donc une liquidation pure et simple qui guetterait toutes les entreprises, à commencer par celles qui ne vont pas bien... sachez encore une fois, que 90% des LBO se passent bien avec à la clé un développement, et ne sont pas réalisés par des méchants voleurs... Pour le reste, je vous laisse à vos convictions...
a écrit le 19/04/2012 à 7:54 :
Revenir sur la notion même de pouvoir reprendre une entreprise par un financement à crédit en dit long sur l'incapacité économique du candidat F.Hollande et de ceux, qui dans son entourage, lui inspirent ces idées populistes.
a écrit le 19/04/2012 à 6:50 :
Il est doué quand même François!!!

"C?est toujours le même processus : un groupe financier vient, reprend pour une somme modique les capitaux d?une entreprise, et se rémunère en se faisant rembourser ses emprunts par les bénéfices de l?entreprise".

Ce qui serait normal, c'est que les entreprises remboursent leurs emprunts à l'aide de pertes !?! Ou comment faire des raccourcis simplistes sur des procédures complexes parfois 'souvent) destinées à égarer les legislateurs frise le ridicule.

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