Les nouveaux rois des fusions et acquisitions en France sont... américains

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Avec 8 milliards de dollars d'opérations conseillées au premier trimestre 2013, JPMorgan s'est arrogé 47,5% du marché français du conseil en fusions et acquisitions, selon Thomson Reuters. Copyright Reuters
Avec 8 milliards de dollars d'opérations conseillées au premier trimestre 2013, JPMorgan s'est arrogé 47,5% du marché français du conseil en fusions et acquisitions, selon Thomson Reuters. Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
JPMorgan s'octroie la première place du marché français du conseil en fusions et acquisitions, au premier trimestre, détrônant Lazard, selon le classement élaboré par Thomson Reuters. Pas moins de quatre banques américaines figurent dans le « top ten » de ce palmarès.

Exit Lazard, bonjour JPMorgan. Le numéro un du marché français du conseil en fusions et acquisitions n'est plus l'établissement dirigé par Matthieu Pigasse, relégué en quatrième position, mais JPMorgan, la première banque des Etats-Unis en termes d'actifs, selon le classement élaboré par Thomson Reuters pour le premier trimestre 2013. Mieux, pas moins de quatre banques américaines occupent les dix premières places de ce palmarès. Après JPMorgan et ses 8 milliards de dollars d'opérations conseillées, soit une part de marché de 47,5%, viennent en effet Citi, en troisième position, puis Morgan Stanley (7ème) et Bank of America Merrill Lynch (9ème). Si Morgan Stanley figurait déjà à la sixième place, il y a un an, ses compatriotes ont en revanche fait un bond spectaculaire dans le classement : JPMorgan a gagné huit places, Citi, 15, et « Bofa », six.

Les banques françaises à la peine

A l'inverse, le « top 10 » du marché français du M&A (mergers and acquisitions) ne compte plus qu'une grande banque universelle hexagonale, à savoir BNP Paribas. Numéro deux du classement un an plus tôt, la banque de la rue d'Antin, à Paris, a été reléguée à la huitième place, avec moins de trois milliards de dollars de transactions conseillées. Pis, la Société générale a rétrogradé de la 10ème à la 17ème place, et le Crédit agricole, qui a reculé de trois rangs, est 23ème sur...25.

Les banques américaines en pointe sur les deux gros « deals » du trimestre

Il faut dire qu'aucune des grandes banques de réseau françaises n'a été présente sur les deux opérations qui ont dominé un marché français des fusions et acquisitions toujours déprimé, en chute de 45% au premier trimestre, à 16,2 milliards de dollars. De fait, dans le cadre du rachat, pour 12 milliards d'euros (15 milliards de dollars), de la participation de 20% détenue par sa filiale Natixis dans les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires, le groupe BPCE n'a pas sollicité les conseils de ses concurrents directs, c'est-à-dire BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole, mais ceux de JPMorgan et des « pure players » de la banque d'affaires que sont Lazard et Rothschild. Ce qui, au passage, a permis à cette dernière de gagner deux places dans le classement de Thomson Reuters, pour s'afficher en deuxième position.

Une internationalisation croissante

Quant à l'autre « big deal » du trimestre, à savoir la cession, par GDF Suez et l'allemand EON, des 49% détenus dans Slovak Gas Holding, il n'a impliqué que des banques étrangères. En l'espèce, Citi, Morgan Stanley, JPMorgan et Deutsche Bank. Cette opération transfrontalière est d'ailleurs caractéristique du type de transactions qui a permis aux banques d'affaires américaines de creuser leur sillon en France, depuis une vingtaine d'années. C'est en effet l'internationalisation croissante des entreprises françaises qui a conduit ces dernières à accentuer leur recours à des banques-conseil étrangères, dans le cadre de leurs opérations de M&A. Une banque comme JPMorgan dispose d'une force de frappe énorme, à l'échelle mondiale. Et a la capacité, tout autant que BNP Paribas ou la Société générale, de financer les fusions et acquisitions des clients qu'elle conseille.

Des situations inégales face à Bâle III

Parallèlement, pour faire face aux nouveaux coûts engendrés par la future réglementation dite de Bâle III, relative au renforcement des fonds propres des banques, les établissements français ont réduit la voilure dans le conseil en fusions et acquisitions, ces toutes dernières années. Alors que les banques américaines, elles, ont reporté aux calendes grecques l'application de Bâle III...

 

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Commentaires
a écrit le 10/04/2013 à 10:14 :
On pourra remercier Bale III et les régulateurs.
En attendant la taxe sur les transactions financières qui plombera le business des prèts de titres en Europe!!!
Du coup, il n'y aura plus de méchants financiers en Europe.
Rassurez vous, ils seront en Asie et aux USA, là où tout se passe désormais.
a écrit le 10/04/2013 à 9:41 :
Ou l'on voit comment la mise en oeuvre à marche forcée des contraintes Bâle III et le vent contraire qu'elles font souffler sur la capacité des banques françaises à assurer les grands financement corporate est en train de faire basculer le financement de notre économie au sens large outre-atlantique. Donc non seulement nous perdons la souveraineté sur les financement de nos multinationales mais de surcroit la rentabilité de ces financeme,nts est également transferée vers les USA et demain l'Asie. Magique! Mais le bon peuple est content les banques sont punies...
a écrit le 09/04/2013 à 19:15 :
Si c'était le qatar, on verrait les fn crier au scandale...

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