Fusions et acquisitions : les "pure players" prennent leur revanche

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Le rachat d'International Power par GDF Suez, sur lequel Ondra Partners a planché, vaut à la jeune banque d'intégrer le top 10 du marché français du conseil en fusions et acquisitions. Copyright Reuters
Le rachat d'International Power par GDF Suez, sur lequel Ondra Partners a planché, vaut à la jeune banque d'intégrer le "top 10" du marché français du conseil en fusions et acquisitions. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Lazard s'octroie la première place sur le marché français du conseil en fusions et acquisitions, au premier semestre, selon le classement élaboré par Thomson Reuters.

Lazard fait son come-back. Au premier semestre, la banque franco-américaine a détrôné BNP Paribas, sur le marché français du conseil en fusions et acquisitions, selon le classement publié ce vendredi matin par Thomson Reuters. Un marché toujours déprimé, en chute de 64% au premier semestre, à 39 milliards de dollars, crise de la dette et stagnation de l'économie obligent. Ce qui n'a pas empêché Lazard de conseiller des transactions d'une valeur totale de 18 milliards de dollars, si bien que la banque dirigée à Paris par Bruno Roger et Matthieu Pigasse s'adjuge la position de numéro un, soit un bond de dix places par rapport aux six premiers mois de 2011. BNP Paribas, du coup, rétrograde de la première à la deuxième place, avec 17 milliards de dollars de "deals" conseillés, juste devant Rothschild, qui demeure troisième (16,5 milliards de dollars).

Lazard présent sur 4 des 10 principales opérations

Il faut dire que Lazard, forte des recrutements effectués en 2011, avait décrété que 2012 serait une année de gains de parts de marché en France. De fait, la banque a ?uvré sur près de la moitié des dix principales opérations de ce semestre. A l'achat, la banque a conseillé GDF Suez pour le rachat total du Britannique International Power (IP), une opération de 12 milliards de dollars. La banque était également au côté de l'Américain Simon Property, dans le cadre de l'acquisition de 28,7% de la foncière Klépierre auprès de BNP Paribas, pour deux milliards de dollars. Lazard a par ailleurs assisté MT Telecom, filiale de France Télécom-Orange, lors de sa reprise de l'Egyptien ECMS, pour 1,9 milliard de dollars. Enfin, à la vente, la banque a conseillé le groupe minier Eramet, dont Areva a vendu 25,68% du capital au FSI (Fonds stratégique d'investissement), pour un milliard de dollars.

Ondra Partners s'invite dans le « top dix »

Autre progression spectaculaire : celle d'Ondra Partners, qui ne figurait même pas dans la "league table" de Thomson Reuters en 2011, mais qui s'invite dans le "top dix" ce semestre, en septième place, avec 12,9 milliards de dollars de transactions conseillées. La toute jeune boutique, créée en octobre 2008 à Londres par des anciens de Lehman Brothers, dont le Français Benoît d'Angelin, s'offre ainsi le luxe de devancer la Société Générale, huitième avec près de 6 milliards de dollars d'opérations. Reste qu'Ondra n'a travaillé que sur un seul "deal", certes colossal, à savoir le rachat d'IP par GDF Suez, alors que la Société Générale a été conseil sur pas moins de 17 opérations.

Pas de risque de conflit d'intérêt

En tout cas, les crises financières semblent propices à la (re)découverte des vertus des "boutiques. " Celles-ci sont spécialisées dans le conseil en fusions et acquisitions, contrairement à Morgan Stanley et autre JP Morgan ou BNP Paribas, qui font tout à la fois du conseil en fusions et acquisitions, de l'analyse financière, du financement d'entreprises, du courtage, etc. Conséquence, les boutiques, elles, ne présentent pas de risque de conflits d'intérêts. Une particularité très appréciée depuis que le rôle et l'éthique de très grandes banques - comme Goldman Sachs - dans la crise financière de 2008 ont été pointés du doigt par les autorités de marché.
Autre avantage des banques d'affaires indépendantes : leur taille. Lazard compte quelque 2.332 collaborateurs, soit cent fois moins que JP Morgan. Un atout non négligeable dans un métier où le souci de confidentialité des clients peut friser la paranoïa. Cette plus petite taille permet également aux boutiques d'être plus réactives.

 

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Commentaires
a écrit le 22/06/2012 à 14:40 :
Un bon moyen pour vendre Lazard : montrer qu'elle est performante dans des deals à prime bradées.
a écrit le 22/06/2012 à 13:15 :
Est-ce que vous pourriez mettre le classement en ligne?

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Romain

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