Rémunérations : le PDG de France Télécom met les grands patrons sous pression

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La rémunération moyenne des patrons du CAC 40 était de 4,2 millions d'euros, en 2011, selon Proxinvest. Copyright Reuters
La rémunération moyenne des patrons du CAC 40 était de 4,2 millions d'euros, en 2011, selon Proxinvest. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Stéphane Richard, PDG de France Télécom-Orange, se dit prêt à baisser son salaire, afin que son groupe ne paie pas la taxe de 75% sur les rémunérations supérieures à 1 million d'euros. Un renoncement que les actionnaires d'autres sociétés cotées pourraient réclamer à leurs dirigeants, alors que s'amorce la saison des assemblées générales.

« Si la loi instaurant une taxe à 75% sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros est adoptée, je ferai passer ma rémunération sous la barre du million d'euros. Je ne voudrais pas que France Télécom soit obligé de payer cette taxe sur mon salaire. » Cet exemple d'abnégation - si l'on peut dire, car l'émolument en question demeurera confortable -, donné par Stéphane Richard, PDG de France Télécom-Orange, dans Le Figaro de mercredi, fera-t-il école parmi les autres grands patrons ? Rien n'est moins sûr. Ce qui est très possible, en revanche, c'est que, dans la cadre des assemblées générales annuelles qui se dérouleront au cours des prochaines semaines, les actionnaires des autres sociétés cotées en Bourse mettent la pression sur leurs dirigeants, afin qu'eux aussi ramènent leurs rémunérations sous le million d'euros ou en tout cas la réduisent. Et évitent ainsi une addition particulièrement salée à leur entreprise.

Un surcoût fiscal de 2,4 millions d'euros, en moyenne

Car la nouvelle mouture de la taxe à 75%, dévoilée par François Hollande lors de son intervention télévisée du 28 mars, représente un véritable coup de bambou pour les entreprises. Pour mémoire, ce sont ces dernières qui seront redevables, durant deux ans, de la taxe de 75% sur la fraction des rémunérations excédant 1 million d'euros, et non les bénéficiaires desdites rémunérations, comme le prévoyait la première mouture du projet de taxe, retoquée fin 2012 par le Conseil constitutionnel. Et c'est a priori en cumulant les prélèvements déjà existants sur les rémunérations - lesquels sont de 25% à ce niveau de salaire - et la nouvelle contribution - de 50%, donc - que l'on aboutira à la taxation de 75 %. Or la rémunération des patrons du CAC 40 tourne autour de 4,2 millions d'euros, en moyenne, selon les chiffres 2011 compilés par le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest. Ce qui correspond à un salaire net de l'ordre de 3,36 millions d'euros. Sur la base de ce salaire net, et sous réserve des modalités définitives du calcul de la taxe, les sociétés du CAC 40 devraient verser à l'Etat, au titre de la taxe à 75%, la somme de 1,2 million d'euros, en moyenne. Un montant que les actionnaires préféreraient sans nul doute voir allouée au financement d'investissements ou à la distribution de dividendes.

300 salariés concernés dans les sociétés cotées

La facture sera également particulièrement lourde pour les entreprises qui, contrairement à France Télécom-Orange, comptent plusieurs dirigeants rémunérés plus de 1 million d'euros par an. C'est le cas du numéro un mondial des cosmétiques L'Oréal et du groupe d'énergie GDF Suez, entre autres. Proxinvest estime à 100 le nombre de patrons de sociétés cotées dont la rémunération annuelle dépasse le million d'euros, mais ce chiffre grimpe à 300 en incluant les membres des comités exécutifs et les dirigeants de filiales qui touchent, eux aussi, plus de 1 million d'euros par an.

Laurence Parisot, la présidente sortante du Medef, avait ainsi qualifié la nouvelle taxe à 75% de « marqueur anti-entreprises », au lendemain de l'intervention du chef de l'Etat. Pour ce dernier, au-delà des 500 millions d'euros que la taxe à 75% rapportera à l'Etat, celle-ci a pour but d'inciter les entreprises à se montrer plus raisonnables sur le plan des rémunérations - souvent exorbitantes - de leurs dirigeants. Dans ce domaine au moins, la taxe à 75% fait se rejoindre l'intérêt de l'Etat et celui des actionnaires des sociétés cotées.
 

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Commentaires
a écrit le 11/04/2013 à 19:58 :
ah bon ? et X Niel qui est le patron millardaire de free, qui a fait sa fortune avec le minitel rose, qui dénigre les patrons du cac alors qu'il possède donc 60% des actions et a donc plus d'un millions de revenus de dividendes par moi,s qui a dit avoir investi aux iles caimans, il est impacté comment ? il a le fric il a tout compris !
a écrit le 11/04/2013 à 17:17 :
il ne faut pas taxer à tout va les salaires des patrons. Ils trouveront toujours une combine et au final le fisc français recevra moins. Il faut limiter l'écart de rémunération entre les dirigeants et les salariés et sans plafond pour le patron.
a écrit le 11/04/2013 à 13:20 :
Comme quoi, finalement, cet impôt de 75% n'est finalement pas si stupide! S'il peut permettre de faire revenir les rémunérations des dirigeants à des niveaux simplement cohérents, ce sera toujour ça de gagné. Et tenter de nous faire croire que les élites vont fuir à l'étranger, comme le fait Mme Parisot, que je n'apprécie plus du tout, c'est stupide. Seuls ceux dont la seule valeur est l'argent partiront... Mais comme de toute façon ce ne sont pas les meilleurs, cela permettra d'apporter du sang neuf à la tête des entreprises concernées...
Réponse de le 11/04/2013 à 14:04 :
vu sous cet angle, l'effet est positif, il n'empèche que c'est l'hémorragie des fortunes et de la matière grise, ils sont 400 000 français à londres, et les sortis d'écoles de bon niveau sont trés nombreux à partir d'un pays où il est sale de réussir, de gagner de l'argent, où la culture gauchisante est la haine des entreprises, des entrepreneurs, où ceux qui ont la garantie de l'emploi et de salaires plus élevés que dans le privé, n'ont même pas conscience que leur salaire provient de ceux qui créent la richesse (le privé) et qui travaillent trés dur, pas avec les 35h ...la culture anti croissance par essence, avec la fierté de l'assistanat (j'en entendu le "journaliste" Maris (celui qui prône encore plus de dette!) dire à c dans l'air qu'à revenu constant, il préférait être au chomage qu'au travail !!!!, peut on lui retirer sa carte de journaliste pour la remplacer par journaleux idéoloque ?)
a écrit le 11/04/2013 à 8:59 :
Parisot est obligée de surenchérir. Maintenant elle parle de "génies" qu'il faut absolument garder en France, pour qualifier les copains et les coquins du système étatico-oligarchique. Suis pas prêt d'adhérer au medef moi ...
a écrit le 10/04/2013 à 22:51 :
la taxe à 75% n'est qu'une augmentation de taxe pour 18 points de pourcentage, il y a déjà des grosses taxes sur les hauts salaires :
- taxes sur les (hauts) salaire : 45%
- taxe sarkozy : 4%
- CSG/CRDS : 8%
Alors parler d'un surcoût énorme de l'ordre de 50 points de pourcentage est un peu exagéré.
Un étudiant.
a écrit le 10/04/2013 à 21:41 :
en esperant que ces dirigeants ont une fiscalité consolidée au niveau mondial? en effet sinon il suffit qu'il se fasse payer par une autre entité à l'etranger ou la fiscalité est moins douleureuse et ou existe une convention fiscale qui fait que si le dirigeant a payé des impots localement, on ne peut lui en refaire payer en france. il me semble le PDG de renault a une rémunération chez nissan au japon bien plus consequente que chez renault en france,comment cela se passe t il dans ce cas? n'est ce pas un moyen de contourner la fiscalité?
a écrit le 10/04/2013 à 20:49 :
En êtes vous sur ? Si ce non impot est réinvesti dans l'entreprise, c'est economique favorable pour l'emploi, l'économie, etc. Si il est réinvesti dans les dividendes, ce sont les actionnaires qui paieront l'impot via les taxes et leurs impots sur le revenu....
a écrit le 10/04/2013 à 20:14 :
Cela signifie que l'état aura moins de rentrée fiscale.Non seulement zero euro provenant de la taxe à 75% et moins d'impot sur le revenu pour les contribuables concernés. L'impôt tue toujours l'impôt.
Réponse de le 10/04/2013 à 21:35 :
Exactement, l'impôt à ce stade est d'une rare débilité. Mais en l'occurrence il doit aussi s'agir de paraître un bon et gentil garçon pour que son mandat soit reconduit car FT n'est pas un 'grand groupe' anodin, l'Etat y a son mot à dire. Et Richard n'a pas été nommé par les guignols actuels mais ceux de la représentation précédente. Il est dommage que le l'article ressemble plus à un communiqué de presse qu'autre chose concernant ce point.
Réponse de le 11/04/2013 à 8:06 :
Ce qui est d'une rare débilité est la rémunération des PDG qui n'a aucun rapport avec la réalité de leur activité. Relisez Ford (Henry....qui n'était pas un apotre de la révolution...) sur le ratio salaire du PDG/ouvrier de base c'est instructif ;-)
Réponse de le 11/04/2013 à 11:04 :
Si cela contribue deja a faire baisser des salaires pour la plupart sans commune mesure avec les resultats ca sera ca de gagne.
Réponse de le 11/04/2013 à 11:54 :
Comme dit plus haut par 8889A :
"Si ce non impot est réinvesti dans l'entreprise, c'est economiquement favorable pour l'emploi, l'économie, etc. Si il est réinvesti dans les dividendes, ce sont les actionnaires qui paieront l'impot via les taxes et leurs impots sur le revenu...."
Et je n'ai qu'une chose à dire : il a raison !
Votre doctrine de bourgeois ultra libéraux me fait bien rire, tout pour moi, tout pour moi rien pour les autres qu'ils crèvent la gueule ouverte.

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