Laurence Parisot fait la leçon au capital-investissement

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Si vous voulez être mieux compris du grand public, du monde politique et des entreprises, vous devez avoir des demandes de rendements raisonnables », a lancé Laurence Parisot aux fonds de capital-investissement, lors de la conférence annuelle de l'Afic, le 17 avril 2013. Copyright Reuters
"Si vous voulez être mieux compris du grand public, du monde politique et des entreprises, vous devez avoir des demandes de rendements raisonnables », a lancé Laurence Parisot aux fonds de capital-investissement, lors de la conférence annuelle de l'Afic, le 17 avril 2013. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Lors de la conférence annuelle de l'Afic (association française des investisseurs pour la croissance), ce mercredi, la présidente sortante du Medef a exhorté les fonds de capital-investissement à faire davantage de pédagogie sur leur métier, auprès des pouvoirs publics. Et, surtout, à se montrer « raisonnables » dans leurs exigences de rendement.

Les difficultés du capital-investissement français, dont les ressources financières s?étiolent, Laurence Parisot les entend. Mais cela n?a pas empêché la présidente sortante du Medef de mettre le private equity face à ses responsabilités, lors de la conférence annuelle de l?Afic (association française des investisseurs pour la croissance), qui se déroulait ce mercredi. Le capital-investissement veut convaincre les pouvoirs publics d?orienter davantage l?épargne financière des Français dans sa direction ? Eh bien, qu?il commence par mieux expliquer son métier, souvent assimilé à celui des « hedge funds » (fonds spéculatifs).
« Ces dernières années, les Français ont un peu mieux compris l?économie. Mais pas la finance. Votre modèle, encore peu connu, inquiète. Vous devez donc faire des efforts de pédagogie, à l?égard du grand public, du monde politique et des entreprises elles-mêmes », a lancé Laurence Parisot aux fonds de capital-investissement réunis au Palais Brongniart, l?ancien temple de la Bourse de Paris.

« Des financiers qui prennent la substance d?une entreprise »

De fait, il y a tout juste un an, François Hollande lui-même avait déclaré, lors d?une visite à l?usine de chariots-élévateurs Still-Saxby - propriété du fonds de private equity américain KKR - qu?il souhaitait remettre à plat la technique du LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement). Et ce, afin de la réserver exclusivement aux salariés et aux cadres d?une société, « et non à des financiers qui viennent prendre la substance d?une entreprise et la vendre après. » Certes, du chemin a été parcouru depuis. « Nous avons réussi à faire comprendre que notre métier ne consiste pas à dépecer des entreprises », estimait ainsi, le 10 avril dernier, Louis Godron, président de l?Afic, au vu des rapports Gallois, Berger-Lefebvre et Beylat-Tambourin, qui recommandent au gouvernement de mieux orienter l?épargne financière des ménages vers le capital-investissement.

Formuler des exigences de rendements raisonnables

« Vous avez fait des efforts de pédagogie, je le reconnais, mais il faut aller plus loin », insiste de son côté Laurence Parisot. Pour la future ex-patronne des patrons, les fonds de capital-investissement doivent notamment lever le pied sur les taux de rendement qu?ils exigent de leurs investissements dans les PME. « S?il vous plaît, soyez raisonnables. Si vous voulez être mieux compris, vous devez avoir des demandes de rendements jouables », a martelé Laurence Parisot. Il est vrai que le capital-investissement français est l?un des plus rentables d?Europe, en particulier sur le segment des LBO, qui affichait en France un TRI (taux de rendement interne) de 14,6%, fin 2011, contre une moyenne de 11,4% en Europe, selon l'Afic.

Des investissements en chute de près de 38%

Mais, si Laurence Parisot pousse le capital-investissement dans ses retranchements, c?est pour que ce dernier persuade le gouvernement de lui donner les moyens de continuer à financer l?économie française. « Nous avons drôlement besoin de vous », reconnaît la présidente du Medef. Bon an mal an, le private equity français comble en effet 7% des besoins en financement des PME, alors que la Bourse y répond à hauteur de 1% seulement. Or, leurs réserves se tarissant, les fonds de capital-investissement ont limité leurs apports aux entreprises à 6 milliards d?euros en 2012, soit une chute de près de 38%.

 

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Commentaires
a écrit le 18/04/2013 à 15:05 :
Bon 14,6% ok c'est pas mal mais si le banquier ne veut pas prendre le risque, qu'il reste avec ses prêts à l'immobilier. rapport 1/4
a écrit le 17/04/2013 à 19:54 :
Ma. Boîte à subi 2 LBO ... Nous sommes contrôle par un fond de pension américain ... Nous étions 4000 salariés aujourd hui 1700 ... Donc super productivité par salarié ... Une marge délirante .. Boîte profitable mais endettement tellement avec les LBO qu on sera peut être en faillite ou vendu en petit morceau . ... Les gagnants au final ne sont pas les salariés ou même la boite car sûrement vendu ... Mais les financiers qui ont vécus des dividendes versés avec les grandes marge de la boite ... Ils ont sucéla boite jusqu au bout...
a écrit le 17/04/2013 à 17:48 :
C'est le monde à l'envers. Je m'étais permis début 2010 devant un déjeuner réunissant des anciens d'une grande école de management à laquelle assistait le DG de l'AFIC (un ancien aussi) de critiquer sévèrement les fonds d'investissement, estimant qu'ils bénéficiant de fait lors des opérations de levier d'avantages fiscaux puisque les intérêts étaient déductibles, de plus le régime de l'intégration fiscale ou mère fille, me semblait extrêmement favorable aux financiers. Mais j'ai surtout critiquer les rendements, ahurissants, la faible valeur ajoutée, le pillage des savoirs, le massacrage à quelque exceptions près. J'ai critiqué l'absence de prise de risques, tous les fonds se précipitant sur les dossiers de belles boites ou de boites dotées d'actifs (y compris de simple molécule) ce qui faisait que les financiers prenaient moins de risque encore que les banques à l'époque de l'encadrement du crédit. En fait j'ai carrément affirmé que le capital investissement c'était le terrain ses sangsues et des rentiers, et qu'il était et c'est là où je m'éloigne des propos de Parisot, nous n'avons pas besoin du capital investissement ou si peu, nous avons besoin d'une fiscalité et de règles stables, et d'un bon niveau de protection contre les hyènes et les chacals venus d'Outre Manche ou d'Outre Atlantique ou d'ailleurs, nous n'avons besoin que de bonnes banques qui font correctement leur boulot,et qui doivent être au service des entreprises françaises, de l'invention française, du savoir faire français de l'emploi français ou services de leurs clients entrepreneurs, particuliers, profession libérales, plus orientés vers la production de richesses que le financement des rentiers de l'immobilier.
Réponse de le 17/04/2013 à 18:34 :
pas faux comme raisonnement, je me suis souvent fait le même..au sujet des LBO délirant...sauf que, en pratique , il ne représentent pas grand chose en vrai..les opérations à plus de 100 millions - les seules cibles"dépeçables "" se comptent sur les doigts d'une main chaque année. et le LBO ne représente que 30% de opérations de PE, et visent essentiellement des PME avec une vraie problématique de transmission. il y besoin de banquier qui prêtent avec des garanties raisonnables - car en pratique, sur de la pme ou de la création, même avec un fonds qui mets du "dur ", ça reste compliqué - et de fonds qui accompagnent en respectant les cycles des cibles concernée ...les "lbo de lbo " tout les 3 ans , c?est n?importe quoi ! Sinon, 14% de TRI -si c'est bien du TRI - ça n'est pas si exorbitant, dans l'absolu...et FH avait à l'époque bien mal choisit ça cible : still, c'est justement un "vrai " LBO "normal "
Réponse de le 17/04/2013 à 18:56 :
Le capital investissement est utile à la marge, les business angels, le capitalisme familial ou de proximité direct, le capital actionnarial salarié, les fonds d'investissements sous contrôle public ou semi public du type CDC ou OSEO, sont largement suffisants. C'est vrai que dans certains secteurs comme les boitechs les naotechs ou internet les fonds d'investissements à caractère hyper spéculatifs peuvent être utiles (et encore faudrait il le démontrer car certains fonds fonctionnent comme des mafias avec leurs rabatteurs, leurs infiltrateurs leurs lobbyistes leurs intermédiaires) car les positions sont à prendre au plan mondial rapidement comme peut l'être la bourse, à la condition que ces activités soient sous contrôle car d'expérience je constate que tout ce qui fonctionne sans contrôle fout le merdier le plus total...non pas pour les intérêts partisans mais pour la collectivité globale, pour l'efficience à moyen terme de l'ensemble des parties prenantes.

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