35 milliards d'euros : cette somme suffirait au capital-investissement pour redémarrer

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L'Afic, le lobby du private equity en France, plaide régulièrement pour une meilleure orientation de l'épargne financière des Français vers le capital-investissement. Copyright Reuters
L'Afic, le lobby du private equity en France, plaide régulièrement pour une meilleure orientation de l'épargne financière des Français vers le capital-investissement. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Leurs ressources financières se raréfiant, les sociétés françaises de private equity ont investi 6 milliards d'euros seulement dans des PME en 2012, un montant en chute de 38%. L'Afic, le lobby du capital-investissement, estime qu'un apport de 35 milliards d'euros par les investisseurs institutionnels français suffirait à redynamiser le secteur.

L'épargne financière des Français, qui se monte à 3.600 milliards d'euros, suscite bien des convoitises. Notamment celle du capital-investissement. Et pour cause ! En 2012, les sociétés françaises de private equity - qui placent dans des entreprises non cotées l'argent confié par des investisseurs - ont levé 5 milliards d'euros seulement. Un montant qui représente une chute de 22% par rapport à 2011, selon l'Afic (association nationale des investisseurs pour la croissance). Et presque ridicule colmparé aux 12,7 milliards d'euros levés en 2008, avant le déclenchement de la crise financière.

Un plongeon de 75% à 79% des fonds levés auprès des banques et des assureurs

A l'origine de cet assèchement des ressources du capital-investissement : les futures réglementations dites de Bâle III et de Solvabilité II, qui, afin d'éviter une répétition de la crise financière de 2008, exigeront respectivement des banques et des assureurs de détenir davantage de fonds propres en face d'engagements jugés particulièrement risqués, comme le capital-investissement. Conséquence, les banques et les sociétés d'assurance, qui étaient jusqu'alors les principaux pourvoyeurs de fonds du private equity français, ont réduit leurs allocations à cette classe d'actifs : de 2008 à 2012, les fonds levés par le capital-investissement auprès des banques ont plongé de 79%, et les capitaux récoltés auprès des assureurs ont dégringolé de 75%.

« Notre métier ne consiste pas à dépecer des entreprises »

Ses réserves fondant à vue d'?il, les investissements du private equity français suivent le même chemin. L'an dernier, ils ont chuté de 38%, à 6 milliards d'euros. Une mauvaise nouvelle pour les PME françaises, qui recueillent, bon an mal an, plus de 80% des investissements du private equity. Afin de remédier à cette situation, l'Afic plaide régulièrement pour une meilleure orientation de l'épargne financière des Français, gérée par les banques, les assureurs et autres investisseurs institutionnels français, vers le capital-investissement.

Aujourd'hui, l'association a enfin le sentiment d'être entendue. Ou presque. « Les rapports Gallois (sur la compétitivité), Berger-Lefebvre (sur l'épargne) et Beylat-Tambourin (sur l'innovation), commandés par le gouvernement, reconnaissent l'utilité du capital-investissement. Nous avons réussi à faire comprendre que notre métier ne consistait pas à dépecer des entreprises », se réjouit Louis Godron, président de l'Afic.

De fait, le rapport Gallois, qui estime que le manque de compétitivité des entreprises françaises provient en partie de l'insuffisance de leurs fonds propres, recommande de drainer une partie de l'épargne financière des Français vers le capital-investissement. Une conclusion qui figure également parmi les 44 propositions remises le 9 avril à Fleur Pellerin, la ministre déléguée aux PME, dans le cadre des Assises de l'entrepreneuriat.

35 milliards d'euros, une « bagatelle » face aux actifs des institutionnels français

Pour Louis Godron, une meilleure orientation de l'épargne financière des ménages vers le capital-investissement semble d'autant moins problématique que ce dernier, tout bien pesé, n'a pas besoin de grand-chose. « Si les investisseurs institutionnels français nous apportaient 35 milliards d'euros, cela suffirait à faire redémarrer le capital-investissement », affirme le patron de l'Afic. Cette somme correspond, dans les grandes lignes, à l'investissement annuel moyen du private equity dans l'économie française - soit 11 milliards d'euros -, défalqué des ressources que les investisseurs étrangers, les particuliers, les industriels et le secteur public apportent chaque année au capital-investissement (6 milliards, au total). Au résultat de cette soustraction, soit 5 milliards d'euros, l'Afic applique ensuite un ratio de conversion de 7, afin d'évaluer le stock de capital correspondant. Lequel ressort ainsi à 35 milliards d'euros.

Et il est vrai que 35 milliards d'euros représentent peu de chose face aux 1.881 milliards d'euros d'actifs des assureurs français, et aux 6.120 milliards d'euros d'actifs des banques françaises. « « Ce n'est pas parce que les institutionnels français mettront 2% à 3% de leurs actifs dans le capital-investissement que cela déstabilisera leurs bilans, c'est de la blague, personne ne peut y croire ! », s'emporte Louis Godron. Qui attend désormais, au-delà des recommandations des différents rapports, « des mesures décisives, concrètes et rapides. »


 

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a écrit le 15/04/2013 à 12:08 :
La réallocation d'une partie de l'épargne financière française vers le capital des PME est une solution responsable et engageante pour tous les épargnants. Financer l'économie réelle, bien que risquée la démarche est nécessaire car les PME françaises sont les actrices de la croissance de demain, elles innovent et créent des emplois. Elles méritent donc l'attention des épargnants français. Le lancement d'un PEA-PME est actuellement envisagé, cela devrait démocratiser et faciliter l'investissement en capital par des investisseurs privés. Le crowdfunding permet également aux investisseurs particuliers de s'intéresser au développement des PME innovantes et de croissance, notamment sur http://www.anaxago.com.
a écrit le 14/04/2013 à 22:50 :
2000 milliards de dette après 30 ans de budget en déficit, donc la dépense publique est profondément inefficace, trés mal ciblée et gérée puiqu'on arrive aussi à un déficit du commerce extérieur record, 3 millions de chomeurs, on n'arrive tout juste à rembourser ls intérets et une simple augmentation des taux nous mettrait en faillite, et au lieu de baisser la dépense publique inefficace, au moins 30 à 40% de réduction possible tout en apportant plus de services, donc moins d'impôts et de charges, certains préconisent de s'endetter encore plus !!!! il est où leur business plan qui montre un renversement de tendance et un ROI positif????? il faut aréter de donner la parole à de telles désinformations et propos totalement débiles sur le plan de la gestion. Il ne faut pas prendre exemple sur les cancres comme la gréce pour ne rien faire mais prendre exemple sur les bons élèves comme la suéde, réussite assurée..
a écrit le 11/04/2013 à 22:13 :
Encore un article de lobbying.
a écrit le 11/04/2013 à 19:37 :
le francais ne veut pas acheter du total ou du lvmh, alors c'est certainement pas pour perdre 100% sur la future eti tartempion du coin de la rue ( meme s'il ne perd que 3%, avec une oat a 1.7% ca ft deux ans de rendement - frais de gestions compris)
Réponse de le 12/04/2013 à 7:56 :
T'as raison, continue d'acheter des OAT qui seront bientôt haircutée de 10% avant que t'aies le temps de lever le petit doigt.

Pauvre France, on n'est pas sorti de l'auberge avec des mentalités pareilles....
a écrit le 11/04/2013 à 19:16 :
Laissez nous positionner nos économies où nous le souhaitons.

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