Trading à haute fréquence : première sanction de la SEC

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Selon la SEC, il s'agit de la première affaire relative à la manipulation des prix par du courtage à haute fréquence.
Selon la SEC, il s'agit de la première affaire relative à la manipulation des prix par du courtage à haute fréquence. (Crédits : reuters.com)
Pour la première fois, la SEC, le gendarme boursier américain, a sanctionné une société pratiquant le courtage à haute fréquence pour avoir manipulé les cours de plusieurs actions sur le Nasdaq.

C'est une première. Le gendarme boursier américain, la SEC, a sanctionné jeudi 16 octobre le courtier à haute fréquence Athena Capital Research, pour avoir manipulé les cours de plusieurs actions à Wall Street. Sans reconnaître ni nier ces accusations, celle-ci a accepté de payer une amende de 1 million de dollars pour solder les poursuites.

    Lire aussi : quand le FBI met son nez dans le trading à haute fréquence

70% du volume de courtage sur le Nasdaq

Dans le détail, selon un communiqué de la SEC, l'entreprise basée à New York:

"a placé de nombreux ordres de façon agressive et très rapide dans les deux dernières secondes précédant la clôture de la Bourse presque tous les jours pendant six mois (en 2009) pour manipuler les cours de clôture de milliers de titres cotés sur le Nasdaq"

Les volumes massifs générés par ces ordres effectués au dernier moment grâce à un algorithme appelé Gravy (sauce) lui permettaient "de submerger les liquidités disponibles sur le marché et de pousser artificiellement les prix du marché -et en conséquence ceux de clôture- en sa faveur". Des échanges qui correspondaient "jusqu'à 70% du volume de courtage sur le Nasdaq des actions concernées dans les secondes précédant les clôture", souligne la SEC.

La ligne rouge a été franchie

"Athena était parfaitement conscient de l'impact sur les prix de son courtage par algorithme, appelant cela 'dominer le jeu' dans des courriels internes", souligne le SEC.

Aussi sa présidente, Mary Jo White, citée dans le communiqué, précise-t-elle:

"Quand des courtiers à haute fréquence franchissent la ligne rouge et s'engagent dans la fraude, nous les poursuivrons comme nous poursuivons toute personne manipulant les marchés."

Depuis le krach éclair de Wall Street en mai 2010, pour lequel il avait été mis en cause, le courtage de haute fréquence, qui permet à des robots d'échanger des actions instantanément, est sous haute surveillance des autorités - bien que cette pratique ne soit pas illégale.

Pour aller plus loin: des robots-traders ont-ils réagi aux annonces de la Fed... plus vite que la lumière ?

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Commentaires
a écrit le 18/10/2014 à 16:56 :
Dommage que l'article ne nous éclaire absolument pas sur la faute commise. Qu'est ce qui est illégal en l'occurrence ? La synchronisation massive d'ordres similaires émanant des algorithmes d'une même entreprise ?
Réponse de le 19/10/2014 à 15:55 :
D'après ce que j'en ai compris ce serait le placement massif d'ordres type "iceberg" (fractionnement du capital en petits lots identiques dissimulant le total) à quelques secondes de la clôture faisant grimper rapidement le cours, néanmoins la stratégie opposée pourrait annihiler tout effort de manipulation de cours d'autant plus dans le cas de placements automatisés. Pourquoi ne pas plutôt limiter le nombre d'unités de fractionnement de ces ordres réservés aux fonds d'investissement? Le petit porteur y verrait plus clair sur le positionnement de ces requins de la finance.
a écrit le 18/10/2014 à 12:07 :
Le trading HF doit être interdit purement et simplement.
Réponse de le 19/10/2014 à 15:37 :
Et comment définissez vous l'expression "haute fréquence"? La fréquence est un faux problème car en finance c'est la masse monétaire qui est capable d'influencer le cours d'une valeur et non la fréquence des achats/ventes. De plus, l'essentiel de la masse monétaire est échangée sur le Forex et non en bourse, ce qui a pour effet d'alimenter les bulles obligataires (emprunts d'états) plus dangereuses que les bulles sur les actifs (valeur des entreprises) au regard de ce que font les politiques.
a écrit le 17/10/2014 à 23:35 :
La sec prend les gens pour des idiots .. Le trading HF représente plus de la moitié des échanges sur le nasdaq , ils ne vont pas tuer la poule aux oeufs d'or , et ce sont les très gros comme GS et JP Morgan qui en profitent le plus .
a écrit le 17/10/2014 à 19:21 :
On s'attaque toujours aux entreprises à travers les actions en bourse plutôt que les banques et leur trafic de devises sur le Forex... quel courage!
a écrit le 17/10/2014 à 17:02 :
1 million de dollars ? Pour avoir fraudé sur le Nasdaq pendant des années ?
C'est une victoire ça ?
et pourquoi pas une petite tape sur le dos de la main ?
a écrit le 17/10/2014 à 16:21 :
1 million d' usd pour manipulaton de cours avéré, prouvé ceci sur des milliers de titre pouvant porter sur 70 % du marché... pourquoi s' emmerder à être honnête ?
a écrit le 17/10/2014 à 15:30 :
Le CAC, par exemple subit le même genre de manipulation. Il suffit d'observer comment le cour de clôture varie, fortement, à la hausse ou à la baisse au moment de la fermeture du marché, dans les quelques secondes qui précèdent. Mais en France, l'organisme de surveillance ne s'intéresse pas et/ou n'a pas les moyens d'enregistre et d'analyser ces manipulations. Une mande raisonnable ne se situerait pas autours d'un million d'euros, mais beaucoup plus, si on regarde les volumes échangés à ce moment là
a écrit le 17/10/2014 à 13:42 :
pas trop tot... cela dit l'amende est ridicule

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