214 milliards d'euros en 2024 : le fonds souverain norvégien bat un nouveau record
latribune.fr
Recueillant les revenus pétroliers de l'État norvégien, le fonds est censé faire fructifier la richesse nationale en vue de financer les dépenses du généreux Etat-providence.
Alex Smith - Reuters
Le plus gros fonds au monde, a gagné 2.511 milliards de couronnes (214 milliards d'euros) l'an dernier, grâce notamment aux valeurs de la tech. Soit le plus gros rendement de son histoire, en données brutes.
Nouveau record pour le fonds souverain de la Norvège, le plus gros au monde. Il a gagné 2.511 milliards de couronnes (214 milliards d'euros) l'an dernier. C'est le plus gros rendement de son histoire en données brutes, tiré en grande partie par les valeurs tech, a-t-il annoncé ce mercredi. En pourcentage, son rendement s'est ainsi élevé à 13 %, contribuant à porter sa valeur à 19.742 milliards de couronnes (1.678 milliards d'euros) à la fin de l'année.
La hausse est principalement due aux placements en actions, qui représentaient 71,4 % de son portefeuille et qui ont rapporté 18 % sur l'année. « Le fonds a réalisé de très bons rendements en 2024, grâce à un marché boursier très dynamique », a commenté son chef, Nicolai Tangen, dans un communiqué. « Les actions des entreprises technologiques américaines, en particulier, ont enregistré d'excellentes performances », a-t-il ajouté.
Si le fonds est présent au capital de quelque 9.000 entreprises à travers le monde, ses parts dans les « Sept Magnifiques » représentent à elles seules 17 % de ses placements boursiers. Ces sept géants technologiques - Apple, Amazon, Alphabet (maison mère de Google), Meta (Facebook, Instagram), Microsoft, Nvidia et Tesla - ont l'an dernier suivi une trajectoire mirobolante en Bourse. Elles ont cependant connu lundi un gros passage à vide avec l'émergence de la start-up chinoise d'intelligence artificielle DeepSeek, présentée comme au moins aussi performante mais à moindres coûts, mais se sont reprises mardi.
Les placements obligataires du fonds (26,6 %% de son portefeuille) ont quant à eux affiché un modeste rendement de 1% en 2024, tandis que les investissements immobiliers (1,8 % des actifs) sont tombés dans le rouge (-1 %). Encore marginaux, les placements dans les projets d'énergies renouvelables non cotés ont également perdu 10 %.
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Déjà début décembre, le fonds avait franchi un cap symbolique quand sa valeur a dépassé pour la première fois les 20.000 milliards de couronnes (1.700 milliards d'euros). Recueillant les revenus pétroliers de l'État norvégien, le fonds est censé faire fructifier la richesse nationale en vue de financer les dépenses du généreux État-providence quand les gisements d'hydrocarbures du pays seront taris. Formellement créé en 1990, il avait été abondé pour la première fois en 1996 avec un modeste chèque de 1,981 milliard de couronnes.
Sa valeur avait dépassé les 10.000 milliards de couronnes en 2019 et elle a donc doublé en cinq ans. Aujourd'hui, elle équivaut à une somme de 3,6 millions de couronnes pour chacune des 5,6 millions de personnes, enfants inclus, qui vivent en Norvège.
Le fonds est essentiellement investi en actions, celles-ci représentant un peu plus de 70 % de ses actifs. Avec des parts dans près de 8.800 entreprises à travers le monde, c'est le plus gros investisseur individuel de la planète, contrôlant à lui seul 1,5 % de chaque entreprise cotée.
Passe d'armes entre Elon Musk et le chef du puissant fonds souverain norvégien
Les parts dans les entreprises permettent également au fonds de s'opposer à certaines décisions. Le multi-entrepreneur Elon Musk, s'en est d'ailleurs pris au Norvégien Nicolai Tangen, le chef du fonds souverain, pour s'être opposé à sa rémunération, selon un échange de SMS rendu public mardi. Les relations entre les deux hommes se sont tendues depuis que le fonds, en tant qu'actionnaire de Tesla, a voté en juin dernier contre l'énorme « paquet salarial » - environ 50 milliards de dollars - d'Elon Musk, finalement adopté. Le fonds possédait fin juin une part de 0,95 % dans Tesla.
Le multimilliardaire a décliné en octobre une invitation de Nicolai Tangen à venir à Oslo pour participer à une conférence d'investisseurs et à un dîner privé chez lui, invoquant le coût d'un tel déplacement. Il avait pourtant suggéré dans un premier temps qu'il accepterait la proposition du Norvégien. « Lorsque je te demande un service, ce qui est très rare, et que tu refuses, alors tu ne devrais pas m'en demander un à ton tour tant que tu n'as rien fait pour te racheter », a répondu Elon Musk. « Les amis se jugent à leurs actions », a-t-il dit dans un SMS daté du 14 octobre, dont le fonds norvégien a publié une copie mardi.
Ce à quoi Nicolai Tangen a répondu le lendemain: « Bien noté, je comprends parfaitement. En tant que grand actionnaire, on est derrière toi. Bonne chance pour tout ». Sollicité par le site e24.no qui a révélé l'affaire, le fonds norvégien a expliqué s'être résolu à rendre public cet échange de SMS par souci de transparence.