Gary Gensler, le gendarme de la Bourse américaine, devient le cauchemar des cryptos
Guillaume Renouard
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« C'est un secteur qui se montre particulièrement réticent à se conformer à la loi. Il y a pourtant des régulations en place, qui sont souvent très claires », a récemment lâché non sans agacement Gary Gensler à propos des cryptomonnaies, lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision américaine CNBC peu après la spectaculaire faillite de la plateforme d'échange FTX.
Le président de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, apparaît aujourd'hui comme l'un des régulateurs les plus redoutés outre-Atlantique par l'industrie des cryptomonnaies. Et si certains s'efforcent de lui faire porter le chapeau pour le fiasco FTX, affirmant qu'il aurait échangé pendant des mois avec son patron, Sam Bankman-Fried, sans rien voir venir, sa position a toutes les chances d'en sortir renforcée.
Car Gary Gensler a plutôt fait preuve de discernement dans l'affaire FTX, et à l'heure où les dysfonctionnements du marché apparaissent au grand jour, ses appels au respect des règles en vigueur par l'industrie ont toutes les chances de trouver une oreille favorable. Dans un discours prononcé à l'Université de Pennsylvanie en avril dernier, le patron de la SEC a par exemple tiré la sonnette d'alarme quant au pouvoir détenu par les plateformes d'échange de cryptomonnaies, qui tendent également à investir pour leur propre compte, et peuvent ainsi avoir des intérêts opposés à ceux de leurs clients.
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Or, c'est précisément la façon dont Alameda, teneur de marché crypto également fondé par Sam Bankman-Fried, aurait investi les fonds déposés par les clients de FTX sur sa plateforme pour spéculer qui aurait amené la chute de l'empire de « SBF ». De quoi faire de Gary Gensler une figure prophétique pour les cryptosceptiques, mais aussi ceux qui croient au potentiel de la technologie et veulent simplement limiter les abus grâce à la loi.
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Guillaume Renouard