La Tchéquie, premier pays d'Europe à vouloir investir dans les bitcoins

Maxime Heuze

La CNB pourrait alors allouer jusqu'à 5 % de ses 140 milliards d'euros de réserves à des bitcoins, soit 7 milliards d'euros.
DADO RUVIC

Maxime Heuze

La CNB pourrait alors allouer jusqu'à 5 % de ses 140 milliards d'euros de réserves à des bitcoins, soit 7 milliards d'euros.
DADO RUVIC
Bientôt une réserve stratégique de bitcoins en Europe? C'est ce que souhaite mettre en place le gouverneur de la Banque nationale Tchèque (CNB). Aleš Michl a déclaré ce mercredi au Financial Times qu'il présenterait jeudi à son conseil d'administration un plan visant à investir dans le bitcoin afin de diversifier les réserves de la banque nationale.
Si le conseil d'administration approuve cette proposition, la CNB pourrait allouer jusqu'à 5 % de ses 140 milliards d'euros de réserves à des bitcoins, soit 7 milliards d'euros. Il s'agirait alors du premier pays européen à inclure du bitcoin dans les actifs de sa banque nationale.
Pourquoi la République tchèque s'intéresse tant aux crypto-actifs? Il ne s'agit pas de la première sortie du gouverneur : il avait déjà affirmé, début janvier, qu'il n'était « pas contre » l'idée de faire acheter des bitcoins à sa banque centrale. « Pour diversifier nos actifs, le bitcoin semble être une bonne option », a-t-il justifié ce mercredi au journal financier. Pour l'heure, le plan de diversification des actifs de réserve de la CNB inclut des achats d'or avec pour objectif que l'or représente 5 % de la totalité de sa réserve d'actifs d'ici 2028. Alex Michl a souligné l'intérêt plus large des investisseurs pour le bitcoin depuis que BlackRock et d'autres entreprises ont lancé l'année dernière des fonds négociés en bourse en bitcoin.
Si la République tchèque souhaite faire un pas vers les actifs numériques, c'est aussi pour imiter les États-Unis. « Ils risquent de créer une sorte de bulle pour le bitcoin, mais je pense que la tendance serait à la hausse sans eux aussi, car c'est un [investissement] alternatif pour plus de gens », a confié Alex Michl.
Pour rappel, Donald Trump souhaite que les États-Unis achètent 200.000 bitcoins par an - l'équivalent de 20 milliards d'euros au cours actuel - pendant 5 ans. Il a d'ailleurs ordonné cette semaine la création d'un groupe de travail sur les actifs numériques chargé, entre autres, de réfléchir à la création d'une réserve stratégique de bitcoin.
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La République tchèque fait office d'ovni dans le paysage européen. Le gouverneur tchèque reconnaît qu'il a « une philosophie totalement différente » de ses homologues. «Bien sûr, si vous comparez ma position à celle d'autres banquiers, je suis celui qui entre dans la jungle, ou le pionnier », a-t-il encore déclaré au Financial Times. « J'ai dirigé un fonds d'investissement, donc je suis un banquier d'investissement typique, j'aime la rentabilité », conclut-il.
Quelques autres voix s'élèvent ailleurs en Europe. À un mois des élections législatives le parti libéral allemand (FDP) a ainsi proposé que la Banque centrale européenne (BCE) et la Bundesbank puissent inclure le bitcoin dans leurs monnaies de réserve. Quant à l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le parti d'extrême droite a annoncé dans son programme que, en tant que « monnaie libre de contrainte étatique, le bitcoin est un candidat bienvenu dans la compétition des devises ».
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À l'opposé, le gouverneur de la Bundesbank, Joachim Nagel, a comparé en janvier le bitcoin à des « tulipes numériques », une référence à une bulle spéculative du XVIIe siècle puis à l'effondrement du prix des bulbes. Les responsables de la Banque centrale européenne ont écrit l'année dernière que « la juste valeur du bitcoin est toujours nulle », ajoutant que « le bitcoin n'est pas adapté comme moyen de paiement ou comme investissement ». L'ancien responsable de la BCE Benoît Cœuré a déjà qualifié le bitcoin de « rejeton maléfique de la crise financière ».
Maxime Heuze