Les Bourses européennes scrutent nerveusement l'inflation américaine

Maxime Heuze

L'indice européen Euro Stoxx 600 délaissait 0,24%, quand le CAC 40 lâchait 0,40%, vers 11h30 ce jeudi.
Benoit Tessier

Maxime Heuze

L'indice européen Euro Stoxx 600 délaissait 0,24%, quand le CAC 40 lâchait 0,40%, vers 11h30 ce jeudi.
Benoit Tessier
[Article publié le jeudi 10 octobre 2024 à 12h25 et mis à jour à 16h31] Les investisseurs sont tendus ce jeudi. Alors que les indices européens ont ouvert en ordre dispersé, ils se sont tous finalement orientés à la baisse. À 15h40 (heure de Paris), Paris perdait 0,42%, Londres 0,14% et Francfort 0,35%
Si le contexte est plutôt morose sur le Vieux continent, avec une Allemagne qui table désormais sur un recul du Produit intérieur brut (PIB) de 0,2% cette année, contre une hausse de 0,3% auparavant, et un gouvernement français qui va présenter un budget 2025 sous le signe des économies, c'est en réalité l'actualité américaine qui inquiète les Bourses européennes.
En effet, l'inflation a continué à ralentir en septembre aux Etats-Unis, mais un peu moins qu'espéré, revenant à 2,4% sur un an contre 2,5% en août, pourtant son plus bas niveau depuis plus de trois ans, selon l'indice CPI publié par le département du Commerce. Dans le détail, sur un mois, les prix ont augmenté de 0,2%, restant sur le même rythme que les deux mois précédents, un peu au-dessus des attentes là encore. Sur un an, les analystes tablaient sur une hausse de 2,3% des prix à la consommation, selon le consensus publié par MarketWatch.
Dans ce contexte, la Bourse de New York a ouvert en baisse jeudi, digérant cette inflation américaine ressortie au-dessus de ce qui était attendu. À Wall Street, le Dow Jones perdait 0,25%, le Nasdaq 0,44 et le S&P 500 0,35% vers 15H40 (heure de Paris).
La Fed s'est montrée optimiste ces derniers mois, en baissant notamment ses taux de 50 points de base en septembre, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 4,75% et 5%, après les avoir maintenus pendant plus d'un an entre 5,25 et 5,50%. Les partisans d'une baisse des taux d'un demi-point de pourcentage en septembre ont « observé qu'un tel recalibrage de la politique monétaire permettrait de l'aligner davantage sur les récents indicateurs concernant l'inflation et le marché du travail », a écrit l'institution, dans son rapport sur sa réunion de septembre, paru ce jeudi.
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Un optimisme qui a donné le sourire aux investisseurs ces derniers mois. Et pour cause, les banques calant en partie les taux d'intérêts des crédits sur les taux directeurs des banques centrales, « le coût de financement des ménages et des entreprises devrait baisser », expliquait à La Tribune en septembre Alain Bokobza, responsable de la stratégie d'allocation d'actifs mondiale de Société Générale CIB. Une situation qui devrait stimuler les investissements et la consommation... et donc les ventes et les profits de beaucoup d'entreprises, dont celles cotées en Bourse.
Ce scénario de baisse progressive des taux, sans récession, est d'ailleurs déjà intégré aux cours des actions américaines - mais aussi européennes exposé à l'économie nord-américaine - selon plusieurs observateurs.
Mais avec un chiffre de l'inflation plus haut qu'attendu, le scénario d'une baisse rapide pourrait être remis en cause... ce qui pourrait fortement décevoir les investisseurs.
« Un tel scénario devrait remettre en doute l'idée d'une économie "Boucles d'or" et inquiéter les marchés boursiers », estime de son côté, Tony Sycamore, analyste chez le courtier IG.
Le contre-coup des Bourses en cas de moins bon atterrissage de l'économie devrait cependant davantage se faire sentir Outre-Atlantique que sur le Vieux Continent, au vu de la performance fulgurante des actions américaines qui les rendent désormais historiquement chères.
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« Le S&P 500 a une valorisation moyenne équivalente à 21 fois ses bénéfices contre une valorisation de 18 fois ces dernières années donc nous pourrions nous attendre à une baisse logique des cours », explique Alexandre Baradez, analyste chez IG France. Et d'ajouter, optimiste sur l'Europe : « En revanche, les Bourses françaises, anglaises et allemandes ont des multiples de valorisation bas, alors même que la zone euro pourrait voir sa croissance repartir dans le futur. »
Maxime Heuze