Outre-Atlantique, le lobbying crypto des plateformes s’intensifie pour décrocher l’accès à de nouveaux services financiers. Mais les banques traditionnelles affûtent aussi leurs armes. Donald Trump joue, lui, sa carte : asseoir la domination américaine et celle du roi dollar.La finance américaine poursuit sa mutation au pas de charge. Dopés par les prises de position hors norme de Donald Trump — au point de s'impliquer directement dans le secteur — les géants américains de l'industrie des crypto-actifs ne comptent pas laisser passer une conjoncture aussi favorable. Selon le Wall Street Journal, quatre plateformes, dont Coinbase (valorisée plus de 44 milliards de dollars en Bourse), envisagent de solliciter des licences ou des chartes bancaires permettant d'exercer au niveau fédéral ou d'un État.
Une demande à adresser à la SEC, dont l'issue semble désormais en bonne voie depuis que Donald Trump y a nommé le pro-crypto Paul Atkins à sa tête ou encore David Sachs à la Maison-Blanche. Pour les acteurs du secteur, l'objectif est de tirer parti du vent de dérégulation insufflé par Trump. Longtemps hostile aux cryptomonnaies, le républicain a opéré un virage en promettant d'ouvrir grand les portes de Wall Street à cette nouvelle finance — et de tourner la page de ce qu'il qualifie de scandale : l'« Operation Choke Point 2.0 ».
Parmi les autres prétendants aux licences se trouve, selon le WSJ, Circle, dont le stablecoin USDC ambitionne de concurrencer Visa et Mastercard dans les paiements transfrontaliers. L'entreprise, qui prépare son entrée en Bourse cette année, entend bien s'imposer comme un acteur central de la future finance. BitGo, société californienne spécialisée dans la conservation d'actifs numériques, vise, elle aussi, la cloche de Wall Street... et une licence. Enfin, Paxos, basée à New York, émetteur de stablecoins et déjà partenaire de Revolut et PayPal, avance ses pions sur le terrain bancaire, indique le quotidien économique.
A l'assaut du retail
Concrètement, ces acteurs, qui investissent déjà dans le lobbying pour peser à Washington, souhaitent élargir leur champ d'action. Leur objectif : proposer de nouveaux services financiers, à l'image des banques traditionnelles — octroi de crédits, acceptation de dépôts, comptes épargne rémunérés, ou encore gestion de comptes. « Cela permettrait à ces plateformes de se positionner comme des super-app financières, combinant trading, épargne, paiements et prêts. Cela renforce la rétention client, tout en élargissant la base de revenus au-delà des simples frais de trading, qui sont très cycliques », détaille Alexandre Stachtchenko, directeur stratégiechez Paymium.