
C'est un nouveau coup de bélier politique pour la doyenne des cryptomonnaies. Après une première interdiction donnée aux banques chinoises de vendre à leurs clients tout service lié à ces actifs développés sur le système décentralisé de la blockchain, un deuxième coup de semonce a été lancé ce vendredi 21 mai. Et non des moindres. Cette fois-ci, Pékin envisage de réprimer les activités de production et de trading du bitcoin pour lutter contre les risques financiers, selon une déclaration vendredi du Comité de développement de la stabilité financière rapportée par l'agence Reuters.
Pour la deuxième économie mondiale, il est désormais nécessaire de « sévir sur les activités de minage et de trading du bitcoin et de prévenir le risque de transmission sur le champ social », ont écrit dans un communiqué le vice Premier ministre Liu He et le Conseil des affaires de l'Etat dans la soirée vendredi, heure chinoise, précise également la chaîne américaine CNBC. L'objectif affiché par Pékin est de réprimer les activités illégales sur le marché de valeurs mobilières et de maintenir la stabilité des marchés des actions, des obligations et des devises.
Suite à la première offensive de l'Etat cette semaine, celui que certains surnomme "l'or numérique", tant son système d'échange depuis 2009 est réputé inviolable, avait perdu 30% sur une journée. Il avait ensuite freiné sa chute (-8,5%) mercredi, pour se stabiliser autour des 39.587 dollars.
Mais vendredi, l'actif qui a dépassé le trillion de dollars de capitalisation a ainsi perdu plus de 11%, passant de 41.000 dollars l'unité aux alentours de 36.400 dollars vers 19 heures à Paris, selon les cours du site d'échanges de cyrptomonnaies Bitstamp.
Alors qu'il avait dépassé 60.000 dollars en mars, il avait atteint momentanément le pallier des 30.000 dollars mercredi. Aussi, ce durcissement de Pékin devrait accentuer la chute à la veille du week-end de Pentecôte.
La Chine, le pays du minage
Au-delà de l'impact sur le cours, cette restriction, voire interdiction, de l'activité de minage est un coup de frein d'un point de vue technique pour la cryptomonnaie qui a besoin de milliers d'ordinateurs en réseaux pour valider ses échanges de pair-à-pair. Aussi pour être produit, il requiert une importante quantité d'électricité, produite à bas coûts possibles. Des conditions avantageuses via l'énergie du charbon ou des énergies renouvelables que propose la Chine, avec, 65% des opérations de minage qui sont menées depuis l'Empire du Milieu, d'après une carte établie par l'Université de Cambridge.
Surtout, les "mineurs" sont rémunérés pour les calculs opérés par leurs ordinateurs chargés d'authentifier les échanges d'informations de la cryptomonnaie.
Le regain de régulation de la part des Etats sur cette monnaie cryptée, qui se veut hors de tout contrôle des autorités centrales, a également lieu aux Etats-Unis. Mercredi, le département du Trésor a annoncé vouloir reprendre la main sur les transferts d'argent - notamment pour lutter contre l'évasion fiscale - en contraignant les détenteurs de cryptomonnaies à déclarer tout transfert de plus de 10.000 dollars.
Du côté des acteurs privés, l'oracle et influenceur du bitcoin Elon Musk avait également fait un volte-face remarqué sur Twitter quelque jours avant ces annonces de la Chine au sujet du coût environnemental de la cryptomonnaie.
(Avec Reuters)
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