Polymarket : le site de paris en ligne qui bouscule la présidentielle américaine

Donald Trump a 67% de chance de gagner la course à la Maison Blanche, contre 33,1% pour Kamala Harris, d'après les parieurs du site Polymarket.
Piroschka Van De Wouw

Donald Trump a 67% de chance de gagner la course à la Maison Blanche, contre 33,1% pour Kamala Harris, d'après les parieurs du site Polymarket.
Piroschka Van De Wouw
Qui remportera l'élection présidentielle américaine le 5 novembre ? Pour les parieurs du site Polymarket, Donald Trump a 67% de chances de l'emporter, contre 33,1% pour Kamala Harris. Sur cette plateforme de paris en ligne, les utilisateurs peuvent miser en cryptomonnaies sur presque n'importe quoi. De combien de points la Fed va augmenter les taux d'intérêt aux Etats-Unis ? Quand aura lieu la prochaine frappe iranienne sur Israël ? Les Etats-Unis vont-ils confirmer l'existence des extraterrestres en 2024 ?
Plus de 2,7 milliards de dollars au total ont ainsi été pariés sur la présidentielle américaine. À titre d'exemple, Kamala Harris avait 33% de chance de gagner au 30 octobre, son action coûtait alors 33 cents. Si elle gagne le 5 novembre, le parieur remporte 1 dollar. Le pari sera arrêté lorsque trois sources, en l'occurrence NBC, Fox News et AP News, auront publié le résultat du scrutin.
Des paris qui vont néanmoins à rebours des sondages américains, où les résultats sont très serrés. Sur le site américain FiveThirtyEight, Harris est en tête de la course avec 48,1% selon la moyenne des sondages nationaux, contre 46,7% pour Trump.
Cette semaine un trader français a même défié la chronique : il est soupçonné d'avoir parié 45 millions de dollars sur le candidat républicain, sous couvert de divers pseudonymes, selon les informations du New York Times. De quoi gonfler la cote du milliardaire américain, alors que de nombreux observateurs estiment que les sites de paris en ligne seraient d'ailleurs de meilleurs prévisionnistes que les sondages. La plateforme a néanmoins ouvert une enquête pour déterminer si le parieur français avait manipulé ou tenté de manipuler le marché.
Derrière ce site de paris en ligne, un jeune Américain de 26 ans, Shayne Coplan. Un New-Yorkais passionné par les cryptomonnaies depuis ses 14 ans. Les utilisateurs doivent d'ailleurs régler leur transaction en USDC, une cryptomonnaie stable rattachée au dollar.
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Lancée en 2020, la start-up a déjà reçu 74 millions de dollars d'investissements du cofondateur de la cryptomonnaie Ethereum, Vitalik Buterin, ou encore de la société Founders Fund du milliardaire Peter Thiel. Au total, le site a enregistré, au 1er octobre, un peu plus de 2 milliards de dollars en volume de transactions, d'après le site Dune. Une performance record alors qu'un mois plus tôt, ce chiffre atteignait environ 500 millions de dollars.
Or, un flou juridique demeure aux Etats-Unis quant aux paris électoraux. Une pratique à laquelle l'agence fédérale américaine de régulations des bourses de commerce, connue sous le sigle de CFTC, est farouchement opposée et qu'elle tente d'interdire.
Pour se prémunir, Polymarket empêche, dans les faits, aux Américains de parier sur le site. Mais les internautes détournent cette interdiction en se connectant à un réseau privé virtuel, et en effectuant des transactions anonymes via leurs cryptomonnaies.
D'autant que la plateforme est basée à l'étranger depuis 2022, après avoir reçu les foudres de ladite CFTC. Polymarket a été condamnée à une amende d'1,4 million de dollars pour ne pas s'être enregistrée comme une plateforme d'échanges de produits dérivés. Ici en l'occurrence des swaps.
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En revanche, la CFTC a encaissé une défaite tout début octobre. Un tribunal de Washington a, en effet, autorisé Kalshi, une autre start-up basée, elle, aux Etats-Unis, d'accepter les mises. Une bataille qu'elle menait depuis des années. De quoi ouvrir la porte à de nouvelles plateformes.