La Société Générale lestée par la réforme Trump et un redressement fiscal

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Outre les effets des baisses d'impôts de Trump, négatifs à court terme, la Soc Gen prend en compte la confirmation de l'amende d'un peu plus de 60 millions d'euros infligée par l'Autorité de la Concurrence dans l'affaire d'entente des banques au moment de la dématérialisation des chèques.
Outre les effets des baisses d'impôts de Trump, négatifs à court terme, la Soc Gen prend en compte la confirmation de l'amende d'un peu plus de 60 millions d'euros infligée par l'Autorité de la Concurrence dans l'affaire d'entente des banques au moment de la dématérialisation des chèques. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
La banque française passe une charge de 256 millions d'euros liée à la réforme fiscale de Trump et une autre de 200 millions suite à un contrôle fiscal en France et la confirmation d'une amende de l'Autorité de la concurrence sur la dématérialisation des chèques.

L'effet n'est certes pas aussi fort que chez Goldman Sachs, qui a annoncé que son bénéfice serait amputé de 5 milliards de dollars à cause de la réforme fiscale de Trump, mais tout de même : la Société générale indique ce jeudi soir qu'elle doit enregistrer une charge de 307 millions de dollars (environ 256 millions d'euros) au quatrième trimestre reflétant "l'impact comptable à court terme de ce changement de taux (d'imposition) ainsi que la valorisation des impôts différés actifs" aux États-Unis.

 "À compter de 2018, la réduction du taux d'impôt fédéral aura un impact favorable sur la profitabilité des opérations du groupe aux États-Unis", précise la Société Générale.

Contrôle fiscal et amende en France

La banque de La Défense doit aussi passer une autre charge de 200 millions d'euros pour des litiges en France, portant à 456 millions d'euros le total des charges fiscales exceptionnelles du quatrième trimestre. Un peu plus de la moitié de ces 200 millions concerne un redressement fiscal, la banque révélant "la réception d'une proposition de rectification à la suite d'un contrôle fiscal de l'administration française sur divers impôts d'exploitation."

Par ailleurs, la Soc Gén prend en compte l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 21 décembre qui a confirmé l'amende de l'Autorité de la Concurrence prononcée en 2010 pour entente dans l'affaire de la dématérialisation du traitement des chèques : plusieurs banques, le Crédit Agricole et sa filiale LCL, BNP Paribas, BPCE, le Crédit Mutuel et le CIC, HSBC, La Banque Postale, la Société Générale et sa filiale Crédit du Nord, avaient déposé un recours contre cette sanction (d'un total de 384,9 millions d'euros) du gendarme de la concurrence, qui leur reprochait d'avoir mis en place des commissions interbancaires non justifiées lors du passage à un système dématérialisé de compensation des chèques (appelé chèque Echange Images Chèques) entre 2002 et 2007.

Dans son avis, la cour d'appel a confirmé l'amende de 52,9 millions et 530.000 euros contre la Société Générale et de 6,9 millions contre le Crédit du Nord, ainsi que celle des autres banques (certaines ont été revues légèrement à la baisse).

La Société Générale laisse entendre qu'elle pourrait déposer un recours  contre ces deux décisions françaises. La banque dirigée par Frédéric Oudéa a multiplié les provisions pour litiges ces derniers trimestres, qu'il s'agisse de l'affaire de corruption en Libye ou du scandale des manipulations de taux Libor et Euribor (300 millions d'euros  au troisième trimestre).

Selon les experts du courtier Jefferies, "les litiges et le manque de création de valeurs pèsent sur le cours de Bourse", qui affiche une décote plus importante que la moyenne habituelle. Ils s'attendent à un règlement amiable des litiges en cours d'un montant inférieur à 2,2 milliards d'euros (le montant actuellement provisionné).

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Commentaires
a écrit le 12/01/2018 à 11:00 :
"La banque dirigée par Frédéric Oudéa a multiplié les provisions pour litiges ces derniers trimestres, qu'il s'agisse de l'affaire de corruption en Libye ou du scandale des manipulations de taux Libor et Euribor (300 millions d'euros au troisième trimestre)"

Une banque au dossier judiciaire chargé donc, espérons qu'on la fera payer au moins. Pas sûr quand on sait que le pdg de la société générale qui a ouvertement menti devant les sénateurs a fini récompensé d'une place de haut fonctionnaire à Berçy.

Au secours.
a écrit le 12/01/2018 à 7:34 :
Je sais pourquoi tous les mois je règle des frais bancaires.....pour au final des activites qui ne me concernent en rien mais qui me coûtent...la pietaille, les pieds plats...ont toujours réglé la note 😁
a écrit le 12/01/2018 à 5:29 :
Ce qui est lassant avec la SG, c’est qu'il y a à peu près chaque trimestre un exceptionnel négatif. Jusqu’à quand aura t on enfin purgé ces problèmes, qui minent la confiance des actionnaires et des salariés qui doivent avoir l’impression de travailler pour compenser les erreurs des précédents dirigeants.

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