Le fondateur de Morning espère lever 15 millions d'euros en ICO pour sa néobanque Hush

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La néobanque Hush promet d'être plus qu'une banque et proposera notamment un portefeuille en crypto-monnaies comme le bitcoin.
La néobanque Hush promet d'être "plus qu'une banque" et proposera notamment un portefeuille en crypto-monnaies comme le bitcoin. (Crédits : Hush)
Eric Charpentier, qui avait quitté la direction de l’ex-Payname à sa reprise par la banque Edel du distributeur E. Leclerc, lance une nouvelle banque mobile à l'ambition européenne qu'il veut financer par une levées de fonds en monnaie virtuelle (Initial Coin Offering).

Revoilà Eric Charpentier. Le remuant fondateur de la startup toulousaine Payname, rebaptisée Morning, avait été débarqué en janvier dernier de sa société, après avoir bataillé avec son actionnaire la Maif, perdu puis retrouvé son agrément auprès du régulateur, l'ACPR-Banque de France, et cédé le contrôle à la Banque Edel, filiale du distributeur E. Leclerc. Celui qui promettait de « réveiller la banque » et se présente en « éleveur de néobanques » s'est remis depuis plusieurs mois sur un autre projet, baptisé Hush ("chut" en anglais), gardé confidentiel jusqu'à l'annonce ce lundi d'une levée de fonds en monnaie virtuelle (Initial Coin Offering ou ICO), un type de financement non réglementé en plein essor.

« Nous ciblons une opération entre 15 et 20 millions d'euros », nous confie-t-il.

Une somme à faire pâlir d'envie certaines startups qui peinent à séduire les fonds de capital-risque ou les grandes entreprises. Ces levées de fonds par émission de jetons échangeables en cryptomonnaies (telles que le bitcoin) pourraient faire l'objet d'un visa, selon un projet de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

 « La montée des usages des cybermonnaies et avec elle, celle des ICO (Initial Coin Offering), ouvre de nouvelles perspectives pour transformer la banque en s'appuyant sur la puissance collective des utilisateurs pour à la fois innover, mais aussi garantir une indépendance économique durable », fait valoir Eric Charpentier.

Hush Eric Charpentier néobanque Morning

[Eric Charpentier arborant le t-shirt de son nouveau projet Hush]

Lire aussi : La levée de fonds en monnaie virtuelle ou "ICO" arrive en France

Réinventer la banque mutualiste

Immatriculée au Luxembourg, où le régulateur est perçu comme accueillant avec les startups de la Fintech, sa société  Hush se présente comme « la néobanque européenne mobile » : elle espère décrocher un agrément d'établissement de paiement européen et a créé des versions en anglais, en allemand, en espagnol, en portugais et en polonais. Son projet est original : « réinventer la banque mutualiste à l'heure de l'expérience mobile », en lançant « la première offre bancaire régulée, mutualiste et tokenisée [sous forme de jetons, ndlr] pour des services simplifiés, conçue pour disposer et utiliser son argent en devises et/ou en cybermonnaies. »

« Notre ambition est de fédérer une communauté active avec un double objectif : offrir aux utilisateurs avertis des cybermonnaies un environnement stable et régulée pour développer des usages quotidiens de cybermonnaie/euro ; ouvrir de nouvelles perspectives aux utilisateurs non initiés sur les possibilités des cybermonnaies, tout en profitant d'un service bancaire mobile innovant en devise », explique Eric Charpentier.

D'où le slogan de Hush qui promet d'être « bien plus qu'une banque ». Elle proposera « évidemment un compte courant et une carte de paiement », qui sera haut de gamme et paramétrable, avec des assurances et garanties « contextualisées » (voyage par exemple) et d'autres services plus nouveaux comme « un portefeuille en cryptomonnaies (Bitcoin, Ether, Dash...) » et une « solution de change/conversion instantanée de ces cybermonnaies », une rubrique « compte projet pour financer et réaliser ses projets » (cadeau de groupe, vacances) en épargnant à son rythme, etc. L'offre sera « certes payante, mais au juste prix et surtout à coût maîtrisé ».

« En moyenne 200 euros par an, on sait que les banques historiques ne manquent pas de créativité pour inventer de nouveaux frais. On sait aussi, que la banque gratuite, ça n'a pas de sens. La plupart des opérations bancaires coûtent de l'argent, et puis surtout il faut entretenir et investir sur les systèmes informatiques, organiser la conformité des opérations vis à vis de la régulation ... », explique la néobanque à sa communauté de "Hushers".

La néobanque britannique Revolut a commencé à proposer cet été d'acheter et de vendre des bitcoins.

La prévente de l'Initial Coin Offering de Hush, pilotée par l'organisateur spécialisé Chaineum, qui s'était occupé de celle de DomRaider, démarrera le 11 décembre prochain jusqu'au 1er janvier. Les jetons émis donneront droit à une « voix participative dans le projet », pour proposer des fonctionnalités et voter sur les nouveautés, « une récompense mensuelle d'engagement », calculée sur leur niveau de participation, « une récompense sur les bénéfices nets », équivalente à 10% des profits nets après impôts, payable en jetons, au prorata.

Le projet est-il assez intrinsèquement lié à la technologie Blockchain (sous-jacente des monnaies virtuelles et explorée dans de nombreux domaines, de la finance à l'énergie) pour séduire la communauté de technophiles et investisseurs en crypto-monnaie ? Réponse dans quelques semaines.

Lire aussi : Banques contre Fintech : la guerre aura-t-elle lieu ?

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Commentaires
a écrit le 24/11/2017 à 16:58 :
Ce n'est pas borderline, c'est carrément illégal. Renseignez-vous avant de publier vos articles.
Le régulateur CSSF a publié une alerte sur cette entreprise:
http://www.cssf.lu/consommateur/avertissements/news-cat/90/
a écrit le 23/11/2017 à 11:16 :
Après avoir précédemment planté 3 sociétés, Mister Charpentier réussira t-il avec celle ci ?

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