Natixis met le digital et le paiement au cœur de son nouveau plan

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Les grands objectifs de Natixis pour les années 2018-2020 par métiers, la gestion d'actifs et de fortune, la banque de financement, l'assurance et les services financiers spécialisés : croissance du chiffre d'affaires, coefficient d'exploitation et rentabilité des capitaux propres.
Les grands objectifs de Natixis pour les années 2018-2020 par métiers, la gestion d'actifs et de fortune, la banque de financement, l'assurance et les services financiers spécialisés : croissance du chiffre d'affaires, coefficient d'exploitation et rentabilité des capitaux propres. (Crédits : Natixis)
La filiale de marchés et gestion d'actifs de BPCE veut devenir un "pure-player" du paiement en Europe et investir 450 millions dans les projets numériques. Dans son plan à trois ans, elle est prête à dépenser un milliard d'euros en acquisitions pour se renforcer dans la gestion d'actifs notamment. L'accueil a été mitigé en Bourse.

[Article publié à 13h45 et mis à jour à 18h45]

Huit jours avant sa maison-mère le groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne), Natixis a dévoilé son propre nouveau plan stratégique pour les années 2018 à 2020, présenté en détails à Londres ce lundi aux investisseurs. Baptisé "New Dimension : Deepen, Digitalize, Differenciate" (Nouvelle dimension : approfondir, numériser, différencier), ce plan suit la trajectoire engagée par les deux précédents axés sur la restructuration après la crise financière puis la transformation en se concentrant sur ses points forts.

La "banque internationale de financement, d'assurance, de gestion et de services financiers" de BPCE, qui génère 41% de son activité sur les marchés et un tiers dans la gestion d'actifs et de fortune, veut mettre l'accent sur le numérique et les acquisitions (jusqu'à un milliard d'euros sur trois ans) pour atteindre des revenus de 10 milliards d'euros en 2020, contre 8,7 milliards en 2016.

« Après le succès [du plan] "New Frontier", Natixis est aujourd'hui une entreprise solide, reconnue pour la qualité de ses expertises, et rentable. Elle figure, et j'en suis fier, parmi les banques les plus créatrices de valeur au monde [en termes de rendement pour l'actionnaire, dividende compris, ndlr].

Avec "New Dimension", nous allons ancrer cette réussite dans le temps, en approfondissant la transformation de notre business model, en investissant dans le digital, avec une forte volonté de nous différencier en accentuant les domaines d'expertise reconnus des équipes de Natixis », a déclaré Laurent Mignon, le directeur général, dans un communiqué.

Natixis répartition activité par métiers 2017

[Répartition estimée du produit net bancaire de Natixis en 2017 par métier: banque de financement et d'investissement (CIB), gestion d'actifs et de fortune (AWM), services financiers spécialisés (SFS), assurance. Crédits : Natixis]

Paiement instantané en avril 2018

La filiale cotée de BPCE « ne sera jamais une banque globale [mais] restera un acteur de niche agile », a expliqué Laurent Mignon dans un entretien aux Echos, en misant sur des métiers peu intensifs en capital et en réduisant la part des activités bancaires. Ainsi elle a l'ambition de devenir « un pure-player du paiement en Europe ». Elle a d'ailleurs recruté un spécialiste, Pierre-Antoine Vacheron, venu d'Ingenico, pour prendre la tête de ses activités de paiement à partir du 1er janvier prochain.

Le groupe bancaire mutualiste a réuni toutes ses activités de paiement chez Natixis qui compte « devenir complètement digital » en investissant 150 millions d'euros spécifiquement sur ce segment sur les 450 millions d'euros consacrés aux projets digitaux de tous les métiers. L'objectif est de multiplier par 1,5 ses revenus issus du paiement d'ici à 2020. Natixis a réalisé plusieurs acquisitions pour se renforcer dans l'e-commerce comme Payplug et Dalenys.

 « Nous serons parmi les premiers en France à proposer une solution de paiement instantané dès avril 2018 », a indiqué Laurent Mignon aux Echos.

| Lire aussi : Le paiement en temps réel arrive dans toute la zone euro dans quelques mois

Les autres métiers des services financiers spécialisés (affacturage, crédit-bail, crédit conso, épargne salariale, conservation de titres) devront aussi mettre le turbo dans le digital, avec une enveloppe de 100 millions d'euros, la robotisation de processus opérationnels, la mise en place de parcours client 100% numériques et d'un incubateur destiné à favoriser l'innovation.

Green et Blockchain

Dans son métier central de banque de financement, Natixis veut concentrer son activité sur des secteurs clés : l'énergie et les ressources naturelles, l'aéronautique, les infrastructures, l'immobilier et le tourisme. L'entreprise veut ainsi aussi doubler ses revenus tirés du « green business » (croissance verte) d'ici à 2020 et devenir un acteur de référence sur ce marché en forte croissance.

Natixis a aussi l'ambition de devenir le « leader mondial de la gestion active » (par opposition à la gestion passive suivant les indices) et atteindre 1.000 milliards d'euros d'encours sous gestion à fin 2020 contre 832 milliards actuellement, notamment en poursuivant ses acquisitions et en investissant dans les technologies de demain telles que la Blockchain (ou « chaînes de blocs », technologie de transmission et stockage d'informations sous-jacente du bitcoin) et les robots-conseillers.

Dans l'assurance aussi, Natixis va accélérer le passage au numérique de tous ses parcours clients : dans ce métier, la filiale de BPCE compte devenir « un assureur de premier plan en France » (assurance vie et classique), après avoir racheté les parts de la Macif et la Maif au capital de BPCE Assurances en septembre.

Les analystes et investisseurs semblent avoir trouvé ces objectifs trop attendus et le niveau de distribution de dividende annoncé, pourtant relevé d'au moins 50% des bénéfices à au moins 60%, peu inspirant. L'accueil a été plutôt frais en Bourse où l'action Natixis accusait une baisse de 2,2% ce lundi à la mi-journée, la quatrième plus forte de l'indice SBF120. Elle a clôturé en repli de 0,92%, après que le directeur a tenté de rassurer les investisseurs en affirmant que le dividende ne serait pas plafonné. Depuis janvier, Natixis affiche un gain de plus de 20% depuis janvier.

Natixis rendement comparé TSR

 [Rendement pour l'actionnaire sur la période 2012-2016. Crédits : Natixis]

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