Paiement : Natixis prêt à s'offrir Ingenico pour plus de 4 milliards d'euros

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Natixis confirme son intérêt à explorer la logique d'un rapprochement industriel de ses activités de paiement avec celles du groupe Ingenico et avoir des discussions préliminaires en cours sur ce sujet a indiqué le groupe ce jeudi matin. Edenred (Ticket restaurant, Kadéos, etc) serait aussi sur les rangs.
"Natixis confirme son intérêt à explorer la logique d'un rapprochement industriel de ses activités de paiement avec celles du groupe Ingenico et avoir des discussions préliminaires en cours sur ce sujet" a indiqué le groupe ce jeudi matin. Edenred (Ticket restaurant, Kadéos, etc) serait aussi sur les rangs. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
La filiale de BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne) a confirmé étudier un rapprochement avec le fabricant de terminaux de paiement français. Rare cible indépendante dans un secteur en pleine concentration, Ingenico a bondi de 7% ce jeudi et pèse 4,2 milliards d'euros en Bourse. Une grosse opération pour Natixis qui inquiète les marchés. Edenred serait aussi sur les rangs

[Article mis à jour à 18h40 avec les cours de clôture et l'intérêt d'Edenred]

Nouvelles grandes manœuvres dans les paiements. Natixis, la filiale du groupe mutualiste BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne) indique ce jeudi 11 octobre qu'elle étudie bien un rachat du français Ingenico, spécialiste des terminaux de paiement qui se partage le marché mondial avec l'américain Verizon. Mercredi soir, Bloomberg avait révélé que Natixis avait approché Ingénico.

"Natixis confirme son intérêt à explorer la logique d'un rapprochement industriel de ses activités de paiement avec celles du groupe Ingenico et avoir des discussions préliminaires en cours sur ce sujet. Natixis tiendra le marché informé en tant que de besoin" indique le groupe dans un communiqué.

L'action Ingenico s'envolait de plus de 14% ce jeudi en matinée à la Bourse de Paris, ramenant sa hausse à 7,85% à la clôture, soit la plus forte hausse du SBF 120, dans un marché baissier. Elle affiche un recul de 222 depuis janvier, sa capitalisation boursière du groupe dépassant les 4,2 milliards d'euros.

Flambée spéculative dans le secteur

Le titre Natixis a de son côté chuté de 4,65%, réduisant sa valeur boursière à 16,9 milliards d'euros. Le marché s'inquiète que le groupe se retrouve à surpayer un actif dans un secteur en pleine concentration. Au printemps, Atos (Worldline) lui a soufflé le suisse Six Payment, pour 2,3 milliards d'euros. Cet été, PayPal a croqué le suédois iZettle, qui ne génère pas de profit, pour 2,2 milliard de dollars.

Lire aussi : PayPal s'offre le suédois iZettle pour 2,2 milliards de dollars et devenir omnicanal

Le Pdg d'Ingenico, Philippe Lazare, avait d'ailleurs parlé de "bulle" au sujet de la valorisation de certains concurrents, à l'image du néerlandais Adyen dont le cours a plus que doublé depuis son entrée en Bourse en juin dernier - à plus de 17 milliards d'euros, estimant que son groupe était sous-valorisé, le marché peinant à prendre en compte sa transformation numérique. Il avait démenti dans nos colonnes avoir été approché par des fonds d'investissement.

Lire aussi : Adyen, retour sur la folle entrée en Bourse d'une licorne du paiement

Dimension stratégique

La filiale cotée de BPCE a racheté un petit spécialiste du paiement en ligne, la Fintech Dalenys, et a désigné le paiement comme l'un des piliers de son plan stratégique.

"Natixis a indiqué de manière claire que le développement de son activité paiement et les investissements dans cette activité font partie de sa stratégie, y compris en participant à la consolidation du marché, et continue d'examiner diverses options à cet effet. Natixis reste engagée à respecter une discipline financière stricte dans la limite rappelée le 12 septembre 2018 pour les investissements" insiste le groupe pour rassurer les marchés.

En septembre dernier, le groupe a annoncé une opération de transfert d'actifs vers sa maison-mère BPCE pour 2,7 milliards d'euros qui va lui permettre de récupérer des marges de manœuvre, « une capacité de croissance externe portée à 2,5 milliards d'euros sur 2018-2020 » (dont 400 millions ont déjà été consommés) avait indiqué le groupe le mois dernier. Un rachat d'Ingenico pourrait donc nécessiter une augmentation de capital.

"Il y a deux principaux challenges. D'abord la taille d'Ingenico, avec une capitalisation boursière de plus de 4 milliards d'euros, cela représente 23% de celle de Natixis" relèvent les analystes de Jefferies dans une note à leurs clients publiée ce matin.

Le second défi est le retour sur investissement, au regard des bénéfices générés par Ingenico. Cependant, les experts de Jefferies indiquent que Natixis envisage plusieurs options pour financer une grosse acquisition, par exemple la mise en Bourse de ses activités de paiement, ou la création d'une co-entreprise.

Edenred aussi intéressé ?

Selon l'agence Reuters, Edenred, le spécialiste des services prépayés (Ticket restaurant, Kadéos, etc), serait également sur les rangs.

"Natixis et Edenred ont chacun envoyé des lettres exprimant une marque d'intérêt pour Ingenico au début de l'été", a déclaré une source proche du dossier à Reuters. "Ingenico a des échanges avec Natixis mais n'a pas démarré de discussion avec Edenred."

L'ex-Accor Services, qui vaut quelque 7,3 milliards d'euros en Bourse, préparerait une offre ferme. L'action Edenred a chuté de 3,13% ce jeudi.

"Ingenico indique avoir fait l'objet d'approches préliminaires en vue d'une opération stratégique" a réagi le groupe dans un court communiqué. "Ingenico Group a initié une revue de ses options stratégiques et de leurs mérites respectifs. Dans ce cadre, Ingenico Group se refusera à tout commentaire additionnel."

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Commentaires
a écrit le 12/10/2018 à 11:27 :
L'AMF devrait se saisir de ce genre de déclaration qui repose sur presque rien et dont la conséquence est de faire croître la cotation d'un titre très déprécié depuis des mois.
a écrit le 11/10/2018 à 13:46 :
Le concurrent d'Ingenico est Verifone et non Verizon (voir paragraphe 1). Les deux sont des sociétés américaines mais Verizon est une entreprise de telecom et Verifone est un autre fabriquant de terminaux de paiements.

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