Paiement : Natixis prêt à s'offrir Ingenico pour plus de 4 milliards d'euros

Ingenico et worldline face au big bang du secteur des paiements
PHILIPPE WOJAZER

Ingenico et worldline face au big bang du secteur des paiements
PHILIPPE WOJAZER
[Article mis à jour à 18h40 avec les cours de clôture et l'intérêt d'Edenred]
Nouvelles grandes manœuvres dans les paiements. Natixis, la filiale du groupe mutualiste BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne) indique ce jeudi 11 octobre qu'elle étudie bien un rachat du français Ingenico, spécialiste des terminaux de paiement qui se partage le marché mondial avec l'américain Verizon. Mercredi soir, Bloomberg avait révélé que Natixis avait approché Ingénico.
L'action Ingenico s'envolait de plus de 14% ce jeudi en matinée à la Bourse de Paris, ramenant sa hausse à 7,85% à la clôture, soit la plus forte hausse du SBF 120, dans un marché baissier. Elle affiche un recul de 222 depuis janvier, sa capitalisation boursière du groupe dépassant les 4,2 milliards d'euros.
Le titre Natixis a de son côté chuté de 4,65%, réduisant sa valeur boursière à 16,9 milliards d'euros. Le marché s'inquiète que le groupe se retrouve à surpayer un actif dans un secteur en pleine concentration. Au printemps, Atos (Worldline) lui a soufflé le suisse Six Payment, pour 2,3 milliards d'euros. Cet été, PayPal a croqué le suédois iZettle, qui ne génère pas de profit, pour 2,2 milliard de dollars.
Le Pdg d'Ingenico, Philippe Lazare, avait d'ailleurs parlé de "bulle" au sujet de la valorisation de certains concurrents, à l'image du néerlandais Adyen dont le cours a plus que doublé depuis son entrée en Bourse en juin dernier - à plus de 17 milliards d'euros, estimant que son groupe était sous-valorisé, le marché peinant à prendre en compte sa transformation numérique. Il avait démenti dans nos colonnes avoir été approché par des fonds d'investissement.
La filiale cotée de BPCE a racheté un petit spécialiste du paiement en ligne, la Fintech Dalenys, et a désigné le paiement comme l'un des piliers de son plan stratégique.
En septembre dernier, le groupe a annoncé une opération de transfert d'actifs vers sa maison-mère BPCE pour 2,7 milliards d'euros qui va lui permettre de récupérer des marges de manœuvre, « une capacité de croissance externe portée à 2,5 milliards d'euros sur 2018-2020 » (dont 400 millions ont déjà été consommés) avait indiqué le groupe le mois dernier. Un rachat d'Ingenico pourrait donc nécessiter une augmentation de capital.
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Le second défi est le retour sur investissement, au regard des bénéfices générés par Ingenico. Cependant, les experts de Jefferies indiquent que Natixis envisage plusieurs options pour financer une grosse acquisition, par exemple la mise en Bourse de ses activités de paiement, ou la création d'une co-entreprise.
Selon l'agence Reuters, Edenred, le spécialiste des services prépayés (Ticket restaurant, Kadéos, etc), serait également sur les rangs.
L'ex-Accor Services, qui vaut quelque 7,3 milliards d'euros en Bourse, préparerait une offre ferme. L'action Edenred a chuté de 3,13% ce jeudi.