Tarifs bancaires : stabilité en 2019, de grands écarts dans les frais d'incidents

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Evolution des principaux tarifs bancaires entre décembre 2009 et janvier 2019.
Evolution des principaux tarifs bancaires entre décembre 2009 et janvier 2019. (Crédits : OTB CCSF)
L'Observatoire des tarifs bancaires a constaté que les banques avaient tenu leur engagement de gel des tarifs, pris à l'Elysée en pleine crise des "Gilets jaunes". Cependant, les banques se calent sur les plafonds des tarifs réglementés. Certaines pourraient les relever dès l'an prochain.

Les tarifs bancaires sont bien restés stables en 2019, conformément à l'engagement pris par les banques en fin d'année 2018, mais de grands écarts apparaissent sur certains frais d'incidents bancaires d'un établissement à l'autre, selon le rapport annuel de l'Observatoire des tarifs bancaires (OTB), publié ce jeudi 3 octobre. Cette instance paritaire, composée de représentants des banques et des associations de consommateurs, a décortiqué, avec l'aide du cabinet Sémaphore Conseil, les brochures tarifaires de 101 banques à réseau et 8 banques en ligne, représentant au total 98% des parts de marchés de comptes courants de particuliers à fin 2018.

"[L'observatoire] a constaté qu'il n'y avait eu effectivement aucune hausse de tarifs en 2019 et que cinq tarifs étaient même en baisse - les abonnements permettant de gérer les comptes internet, les produits offrant des alertes sur compte par SMS, les cartes de paiement à débit différé ou à autorisation systématique et les frais de mise en place des prélèvements", indique-t-il dans un communiqué.

En pleine crise des "Gilets jaunes", en décembre 2018, les banques s'étaient engagées, à la demande du président de la République, à un gel des tarifs pour tous et à un plafonnement des frais d'incidents bancaires (découvert, rejet de chèque ou prélèvement) à 25 euros par mois pour l'ensemble des clients fragiles, même ceux ne détenant pas l'"offre spécifique" (services bancaires de base à 3 euros par mois maximum, sans autorisation de découvert). Elles s'étaient déjà engagées, sur une base volontaire, en septembre 2018, à la demande du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, à plafonner les frais d'incidents à 20 euros par mois et 200 euros par an pour les clients fragiles détenteurs de l'"offre spécifique" uniquement.

Le gel des tarifs avait été estimé à « 500 à 600 millions de pouvoir d'achat redistribués aux Français » selon l'Elysée.

 "Peu d'évolutions tarifaires à la baisse"

L'observatoire a constaté que les frais d'incidents bancaires dont le montant est encadré "étaient assez homogènes d'un établissement à l'autre et quasiment toujours au montant du plafond". Les frais de commissions d'intervention (ou de "forçage"), plafonnés à 8 euros par opération, ont très peu évolué, baissant dans près d'un tiers des établissements bancaires pour la clientèle jeune spécifiquement.

S'agissant des autres frais, non encadrés, l'observatoire "relève de larges dispersions tarifaires", sur les lettres d'information préalable par exemple, qui peuvent être gratuites chez certains établissements mais être facturées 20 euros ailleurs ou encore les lettres sur compte débiteur (de 0 à 24,40 euros). Par ailleurs, il y a "peu d'évolutions tarifaires à la baisse" et de "faibles évolutions sur les frais de rejet de prélèvement avec la mise en place de plafonds mensuels", pouvant aller de 100 à 600 euros !

La Fédération bancaire française (FBF) s'est félicité des engagements tenus par le secteur, faisant valoir dans un communiqué que les frais bancaires pèsent cette année "0,4 % du budget des ménages selon l'Insee, un poids stable, voire en baisse ces dernières années."

L'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir a critiqué auprès de l'AFP "l'inflation globale de chacune des typologies de tarifs depuis 2009", avec un "panier moyen de la consommation en progression de 13,5% entre 2009 et 2018".

Les tarifs pourraient en outre repartir à la hausse dès l'année prochaine, dans un contexte de taux bas qui pèse sur les marges. Ainsi la Société Générale a clairement ouvert la porte à une telle remontée.

"On les a gelés à la demande de l'Etat, dans le contexte des « gilets jaunes ». Il ne serait pas illogique qu'on les relève désormais" a déclaré lundi aux Echos Marie-Christine Ducholet, la directrice de la banque de détail de Société Générale en France.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 04/10/2019 à 10:11 :
En europe pour l'emprunteur au long court, 15, voire vingt annees le taux varie entre 0,60 et 1.25%. Bref de cacahuettes.
En Asie les banques pretent avec desormais bcp plus de retenue qu'il y a dix ans.
Les taux sont variables, souvent adosses a une autre monnaie histoire de garantir de la plus-value au preteur, la banque......
Deux facon de voir l'eco, mais l'europe court au suicide assurement.

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