Crise des hypermarchés : qui sera encore là demain ?
Patrick Cappelli
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Consommation, supermarché, Casino
Reuters
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Consommation, supermarché, Casino
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«Parmi les six acteurs de la grande distribution qui pèsent chacun entre 10 et 20 % de
parts de marché, qui sera encore là demain ? », s'interrogeait le 12 février dernier Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, lors du EY Day au ministère des Finances. Question pertinente, à l'heure où les groupes centralisés (Carrefour, Auchan, Casino) multiplient les annonces de fermeture ou de vente de magasins. Carrefour vient de se délester d'environ 3.000 salariés et Auchan a mis en vente 21 sites (dont un hypermarché, une douzaine de supermarchés, quatre Chronodrive), soit 723 emplois concernés. Une première pour le groupe familial qui compte 637 magasins et 73.800 collaborateurs en France, et qui a la réputation d'offrir les meilleures conditions de travail du secteur. Le groupe Casino (Géant, Monoprix, Franprix, Naturalia) est, lui, lourdement endetté, son cours de Bourse est chahuté et il multiplie les cessions d'actifs : 34 magasins déficitaires cédés à Leclerc et Lidl.
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Une stratégie qui ne convainc pas les observateurs, comme l'agence Moody's, qui vient de dégrader sa note. Sous pression, son actionnaire majoritaire, Jean-Charles Naouri, vient de placer, en procédure de sauvegarde la maison mère, Rallye, afin de protéger le groupe étranglé par les dettes de la spéculation. Il a désormais six mois pour négocier sous la protection du tribunal de commerce avec ses créanciers, notamment ses banquiers. Cette initiative était devenue indispensable pour calmer les attaques spéculatives dont le groupe fait l'objet depuis un an, mais elle ne permet que de gagner du temps. Bref, le « food », le secteur de la distribution alimentaire, souffre en France. Les racines du mal sont connues : des marges trop faibles (autour de 3 % de marge nette en moyenne) qui obligent les enseignes à écouler de gros volumes ; des hypermarchés en perte de vitesse (- 2,4 % en chiffre d'affaires pour les hypers de plus de 7.500 mètres carrés en 2018 selon IRi, - 3,3 % entre 2010 et 2018 selon Nielsen) ; une guerre des prix sans fin et une baisse d'attractivité du modèle du « tout sous le même toit » qui a fait le succès de l'hyper durant les Trente Glorieuses.
Patrick Cappelli