Discrète, mais dynamique, la start-up 3Deus Dynamics a rapidement fait son trou dans l'industrie aéronautique et de défense. Ses pièces en silicone augmenté vont effectuer leurs premières heures de vol dans les prochains jours.Seulement cinq petites années après sa création, des pièces issues de son atelier situé dans la banlieue lyonnaise vont voler sur un engin volant. « Nous allons livrer cette semaine les pièces qui seront en vol à la fin du mois de juin », se réjouit Julien Barthès, auprès de La Tribune. Néanmoins, le CEO de la start-up 3Deus Dynamics ne peut être plus précis dans ses propos car il s'agit d'un programme militaire.
Il n'est pas question d'acier, de titane ou d'aluminium, mais de pièces en silicone conçues en fabrication additive, autrement dit grâce à des imprimantes 3D. L'impression se faisant dans un bac de poudre réfractaire, afin de permettre au silicone de prendre la forme souhaitée sans être altérée par la gravité, ce mélange silicone-poudre confère à la production des caractéristiques techniques qui intéressent grandement l'industrie aéronautique et de défense.
« Pour cette raison, nous préférons parler de silicone augmenté ou bien de composite. Nos pièces peuvent conduire l'électricité, résister à des chaleurs supérieures à 1 000 degrés, garantir l'étanchéité ou être utilisées comme un blindage aux ondes électromagnétiques externes, sans dégrader la fréquence de l'équipement protégé », détaille l'entrepreneur qui dispose d'une usine de 2 000 mètres carrés à Rillieux-la-Pape (Rhône).
En plus de joints moteurs, ou de parois de blindage aux ondes électromagnétiques, la fabrication additive ouvre un large champ des possibles à 3Deus Dynamics dans l'industrie aéronautique et de défense, le silicone étant une matière souple et offrant des garanties techniques. La deeptech compte ainsi, par exemple, prospecter le marché des drones offensifs, qui ont le besoin de résister aux capacités de brouillage ennemies.