Avec les renouvellements de gouvernement à répétition, le groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) n'a pas manqué d'occasion pour passer ses messages. Mais, après avoir été relativement peu écouté par les précédents exécutifs, Guillaume Faury a décidé de pousser le curseur et de lancer un cri d'alerte : « Ne reproduisons pas pour notre filière ce qui s'est passé pour d'autres, en particulier pour la filière automobile. » Le président exécutif d'Airbus et du Gifas s'est ainsi montré particulièrement inquiet quant à l'avenir de la filière si elle n'était plus soutenue par l'Etat et le risque de perte de compétitivité de la France et de l'Europe face aux Etats-Unis et à terme la Chine.
Pour illustrer ce risque, l'ancien de PSA Peugeot-Citroën (désormais Stellantis) a multiplié les références au déclassement actuel du secteur automobile français. Il en veut pour preuve « la chute de majuscule de l'automobile dans la part du PIB en France ». Il pointe ainsi la contribution du secteur à la balance commerciale du pays, passé d'un apport de 10 milliards d'euros en 2000 à un déficit de 15 à 20 milliards d'euros en 2023. Il s'appuie sur les conclusions de La Plateforme automobile (PFA, équivalent du Gifas) qui estiment que cette déchéance tient notamment au manque de compétitivité due à « des impôts de production très élevés, coût de main d'œuvre et contrainte réglementaire, en particulier européenne ».