Espace : l'industrie spatiale française se place sur la bonne orbite en 2013

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Astrium Satellites, Thales Alenia Space (TAS) et Arianespace ont signé un contrat important pour la livraison clé en main d'un satellite multimissions à l'opérateur saoudien Arabsat après une année terne en termes de commandes. BADR-7 devrait être lancé en 2015. Ce contrat signé conjointement par Astrium et TAS illustre la volonté de rapprochement du PDG de la filiale de Thales d'étudier des coopérations plus étroites avec son rival.

L'année démarre fort pour l'industrie spatiale française. Après une année 2012 terne sur le plan des commandes sur le marche commercial pour les deux constructeurs de satellites, Thales Alenia Space (TAS) et Astrium (groupe EADS) ont signé ce samedi à Ryad avec l'opérateur saoudien Arabasat un contrat portant sur la livraison en orbite du satellite multi-missions BADR-7, qui fournira des services à large bande de télédiffusion et de télécommunications dans les régions Moyen-Orient et Afrique du Nord, en Afrique et en Asie centrale. Le consortium formé par Astrium et TAS a déjà commencé la fabrication de ce nouveau satellite.

Les deux partenaires sont "conjointement responsables de la fabrication du satellite et de sa livraison en orbite", a expliqué le communiqué commun des deux entreprises. Astrium, le chef de file du consortium industriel, fournira la plate-forme Eurostar E3000 et procédera à l'intégration du satellite. De son côté, Thales Alenia Space sera responsable de la conception et de la fabrication de la charge utile de communication. BADR-7 est le premier satellite de la sixième génération de satellites d'Arabsat. Il devrait être lancé en 2015 et est conçu pour une durée de vie minimale de 15 ans.

Vers une coopération accrue entre Thales et Astrium

"Cette commande constitue une nouvelle illustration du fait que les technologies de pointe développées et produites par l'industrie européenne sont reconnues dans le monde entier", a souligné le PDG d'Astrium, François Auque. BADR-7 repose sur la plate-forme Eurostar E3000 d'Astrium. Il pourra exploiter jusqu'à 24 répéteurs en bande Ku, ainsi que, en bande Ka, 24 faisceaux utilisateur et trois transpondeurs pour des services additionnels. Quatre antennes déployables et trois antennes fixes couvriront un vaste espace comprenant l'ensemble de la région Moyen-Orient et Afrique du nord, l'Afrique du Sud et du Nord-Ouest, ainsi que l'Asie centrale. De son côté, le PDG de TAS, Jean-Loïc Galle a estimé que "ce nouveau contrat démontre la confiance renouvelée par Arabsat au partenariat de longue date formé par le consortium européen, et à sa capacité à fournir des technologies de pointe". Les équipes de TAS vont mettre au service de ce nouveau satellite toute son expertise dans le domaine des charges utiles en bande Ka afin de permettre à Arabsat de développer de nouvelles missions.

Ce contrat illustre les propos de Jean-Loïc Galle, qui préconise une coopération accrue entre industriels européens, notamment entre TAS et Astrium ainsi que l'allemand OHB, pour mieux lutter contre la concurrence américaine et asiatique, chinoise surtout. "Il est urgent de trouver des moyens de coopérer entre nous pour mieux affronter les menaces" de la concurrence internationale, a estimé mardi le PDG de TAS lors d'un séminaire organisé par le bureau de consultants Euroconsult. Pour autant, TAS a affiché en 2012 une hausse de son chiffre d'affaires de 10 % sur un an (2,2 milliards d'euros). En France il existe des redondances entretenues par le Centre national d'études spatiales (CNES) et la direction générale de l'armement (GA), qui tiennent à conserver deux fournisseurs pour entretenir la concurrence. Des redondances notamment dans les satellites de télécoms et d'observation (militaire et civil) mais aussi dans le segment sol et les charges utiles. Selon Jean-Loïc Galle, "chacun doit se spécialiser sur certaines briques" ou travailler sur des briques communes, comme ils vont le faire sur la future plate-forme Neosat, capable de fabriquer des satellites de 3 à 6 tonnes et  dont le programme a été lancé en novembre par l'Agence spatiale européenne (ESA). Il compte en discuter avec le PDG d'Astrium Satellites, Eric Béranger. 

Arianespace signe le contrat de lancement

C'est Arianespace qui lancera le premier satellite de sixième génération d'Arabsat. "Nous sommes particulièrement fiers de servir à nouveau un client aussi prestigieux que l'opérateur Arabsat, avec qui nous entretenons des liens privilégiés depuis le lancement d'Arabsat-1A en 1985 et nous remercions Astrium et Thales Alenia Space pour leur confiance renouvelée dans le cadre de ce nouveau contrat clés en main", a expliqué le directeur général d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall.

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Commentaires
a écrit le 19/01/2013 à 23:50 :
Cmme tout cela me dépasse je dis un grand Bravo

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