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Boeing 787 : le discours pessimiste de certains experts

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Publié le 06 février 2013 à 23:04

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Selon les enquêteurs, il faudra encore des semaines avant de comprendre ce qu'il s'est passé sur deux appareils ayant rencontré des problèmes sur des batteries. Certains analystes tablent sur 6 à 9 mois d'immobilisation. D'autres estiment que les déboires du B787 vont profiter à Airbus.

Les propos de a présidente de l'agence américaine de sécurité aérienne (NTSB), Deborah Hersman, sont loin de rassurer les experts de la communauté aéronautique. "Il va falloir probablement encore des semaines avant d'être en mesure de dire aux gens ce qui s'est passé et ce qui doit être changé" sur le 787, a-t-elle déclaré ce mercredi. Trois semaines après l'interdiction de vols B787, l'enquête se focalise sur des courts-circuits, une envolée de température, et sur une réaction chimique incontrôlée qui auraient entraîné les surchauffes des batteries lithium-ion des deux appareils ayant rencontré un problème sur leurs batteries, l'un au Japon le 16 janvier, l'autre à Boston le 7 janvier. Pas grand chose de nouveau depuis la dernière communication de Deborah Hersman, même si la NTSB a indiqué en début de semaine que l'enquête progressait.

Re-certifier
Plusieurs experts interrogés par l'AFP sont assez inquiets. Très réputé, Richard Aboulafia, analyste aéronautique chez le cabinet Teal Group, s'attend à ce que cette enquête qui se prolonge entraîne le besoin de "re-certifier" l'avion. Cela devrait selon lui se traduire par "un maintien au sol des 787 pendant 6 à 9 mois". Un scénario catastrophe qui pourrait coûter une fortune à Boeing. Paradoxalement, remarque Loren Thompson, analyste du cabinet spécialisé Lexington Institute, "s'il y avait un problème majeur sur la batterie, on l'aurait résolu rapidement". Il souligne que les clients de Boeing n'annulent pour l'instant quasiment pas de commandes car "il ne semble pas qu'il y ait un défaut majeur dans l'avion et le 787 est très économe en carburant. Les clients annuleront s'il apparaît que le problème ne peut être résolu". Ce que confirme à La Tribune un industriel français. « Au regard du carnet de commandes très important du B787, Boeing trouvera la solution quel que soit le prix ».

Le coût devrait être "assez important"
Même Boeing ne prévoit pas d'"impact financier significatif" du maintien au sol des 787, Loren Thompson reconnaît que le problème devient de plus en plus pesant. "Ils ne peuvent livrer les 787 et donc ne peuvent pas être payés", explique-t-il, même s'il note que le 787 "devait générer moins de 10% des ventes du groupe" cette année. L'optimisme de Boeing semble trompeur. Pour Richard Tortoriello, analyste de Standard and Poor's, le coût des problèmes du Dreamliner devrait être "assez important" pour Boeing, qui va sans doute être amené à payer de lourdes indemnités à ses clients pour ne pas être en mesure de leur fournir les avions commandés en temps voulu, sans parler de l'indemnisation des compagnies qui ne peuvent utiliser leur flotte de 787. La compagnie japonaise All Nippon Airways (ANA), qui détient le plus de Dreamliners (17), vient ainsi d'annoncer mardi l'annulation de 368 vols supplémentaires d'ici la fin février, soit plus de 1200 annulations depuis le 16 janvier.

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Fenêtre de tir pour Airbus
Comme le remarque l'agence de notation Moody's dans une note mercredi, les déboires du 787, plus encore qu'une pénalisation financière immédiate, offrent au grand rival de Boeing, Airbus, une "fenêtre d'opportunité" inattendue pour gagner en parts de marché. Notamment pour l'A330. Pour Richard Aboulafia, le problème de Boeing, c'est qu'il a négligé ses ingénieurs et donné tout le pouvoir de décision à ses financiers. Or "les financiers doivent repenser la manière dont ils gèrent l'entreprise", ajoute-t-il. "D'ici là, les investisseurs risquent de continuer à porter leur attention sur Airbus".

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