Espace : le patron du CNES Jean-Yves Le Gall veut une Ariane 6 des satellites

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Le nouveau président du CNES, Jean-Yves Le Gall
Le nouveau président du CNES, Jean-Yves Le Gall
Dans une première interview accordée au magazine interne du CNES, CNESMag, le président du Centre national d'études spatiales, Jean-Yves Le Gall, qui a été nommé le 3 avril dernier en conseil des ministres, dévoile les grandes orientations de son action dans le cadre de son projet Ambition 2020. Deux priorités : mener à bien le développement d'Ariane 6 et relancer la filière satellite.

Le nouveau président du CNES, Jean-Yves Le Gall, est un homme carré, qui aime bien les objectifs clairs et bien définis. C'est bien pour cela qu'il a eu l'idée "de structurer" l'activité du Centre national d'études spatiales (CNES) des sept prochaines années "autour de ces deux points d'accroche : ambition et 2020". D'autant que le rendez-vous de 2020 "est le point de convergence des principaux programmes pour les sciences de l'univers, les satellites, les lanceurs, les applications...", explique-t-il dans le magazine CNESMag. D'où le projet Ambition 2020, qui va donc rythmer la vie du CNES lors sept prochaines années. En outre, ce projet est "compréhensible par nos amis anglophones", précise-t-il.

Impressionné par le projet d'Ariane 6 du CNES

Voilà pour le cadre mais quelles seront les priorités du CNES ? Pour Jean-Yves Le Gall, qui vient de passer douze ans environ à la tête d'Arianespace, la filière des lanceurs en fait bien sur partie. "Il y a eu un nouveau départ, puisque, à l'initiative de la France, l'Europe a décidé d'engager le développement d'Airnae 6, rappelle Jean-Ybes Le Gall. Et je dois dire que je suis particulièrement impressionné par le projet de la direction des lanceurs du CNES, qui est, à mon avis, le seul qui nous permettra d'être toujours numéro 1 mondial au cours de la prochaine décennie".

Sur le dossier Ariane 6, Jean-Yves Le Gall reste sur la ligne de la politique qui a été engagée par la France et l'Europe. « Pour lutter à armes égales avec ses rivaux, dont l'américain SpaceX, Ariane 6 doit avoir un coût de développement minimal, une durée de développement minimale et un coût d'exploitation minimal », avait-il précisé lors de son audition au Sénat fin mars avant d'être nommé président du CNES. Car Ariane 6 doit être compétitive face aux lanceurs des pays émergents où les salaires sont bas et des pays où l'accès à l'espace est subventionné. C'est dans ce cadre que le futur lanceur sera développé sur le principe du « cost driven », « ce qui nous permettra d'être en accord avec les enjeux du moment (contrainte budgétaire forte, ndlr) » tout en regardant ce que font les concurrents, notamment SpaceX, a-t-il souligné.

"Ariane 6 des satellites"

Pour Jean-Yves Le Gall, "il faut à présent faire la même chose (Ariane 6, ndlr) pour les satellites". Soit une "Ariane 6 des satellites". Pourquoi ? Le nouveau président du CNES est "frappé de constater que, alors que toutes les prévisions indiquaient que la concurrence viendrait des pays émergents, on se rend compte aujourd'hui qu'elle vient des Etats-Unis", qui a investi "massivement pour aider ses industriels à développer des plates-formes à propulsion électrique, qui sont en train de s'imposer sur le marché". Et de conclure sur ce sujet : "nous ne pouvons rester sans réagir". A suivre.

Enfin, Jean-Yves Le Gall ne souhaite pas laisser tomber les sciences de l'univers, qui ont fait les succès du CNES.  "Et si j'en juge par tous les projets qu'on m'a montré lors de ma première visite du Centre spatial de Toulouse, cela n'est pas près de s'arrêter. Nous avons devant nous des rendez-vous d'importance, que j'attends avec impatience, comme celui de la rencontre de la sonde Rosetta et son atterrisseur Philae avec le noyua de la comète Churyumov-Gerasimenko". 

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Commentaires
a écrit le 17/05/2013 à 11:05 :
C'est le meilleur président de l'aérospaciale de tous les temps... tout le monde le dit...
a écrit le 16/05/2013 à 23:21 :
Il faut tout le panel, une ariane 4-8t pour les lancements simple de satellite, la vega pour les 1-2t,, une ariane V ME pour les lancement lourd ou double. la on est pas mal, pour dessert, une ariane 5 MR, man rated en
tant qu'orbiter.
Réponse de le 19/05/2013 à 20:54 :
Vous allez faire comment pour les charges lourdes ?, prenons James Web, ATV, et d'autres ? les lancement double ? c'est la qu'on ramasse du pognon malgé le cout du lancement, vous voulez que l'europe reste à la traine de la chine,usa,russe/

tout compris, une vega c'est 65M$, une ariane V, c'est 200M$, en clair, même on fait une ariane 6 pour 130-140M$ (info nasa) pour concurrencer la falcon 9 de space x, le lancement double d'une ariane V sera toujours moins cher que deux ariane 6 pour 260M$, c'est pas une surprise, on aura besoin des deux, pas dur à comprendre.
a moins qu'ils fasse comme ariane V, une ariane 6 type 'GS' 4-8 puis une ariane 6 'ME >8t. c''est possible vu qu'il n'ont pas arrêter les spec.

on a besoin d'un lanceur, petit,moyen,lourd,super lourd pour tout couvrir, on atrop de lanceur heterogene
c'est pour que j'aime bien la gamme des lanceur russes angara qui couvre de 2t à 44t. Si ils y arrivent.

Réponse de le 19/05/2013 à 23:46 :
Vous ne m'avez pas compris. Moi, je plaide contre l'Ariane 6 dans sa definition actuelle et pour le maintien d'un lanceur lourd comme Ariane 5ME. Le problème est que le gouvernement et le CNES pronent l'abandon de l'Ariane 5ME au profit du lancement simple par Ariane 6. Mon argumentaire est qu'il n'y aura pas Ariane 6 ET Ariane 5ME en même temps. L'Europe va laisser tomber un des deux. Moi, je pense que continuer avec Ariane 5ME pour le lancement double et un remplacement de Soyouz sera la meilleur solution pour l'Europe. Je crains toutefois que les decideurs pense le contraire ...
a écrit le 16/05/2013 à 23:17 :
Vous ne croyez quand même pas que l'Europe va developer deux lanceurs qui se feront la concurence ...

Faut se renseigner avant de dire tant de bêtises ...
a écrit le 16/05/2013 à 20:39 :
Voilà, l'ambition spataile de l'Europe. On refait Ariane 4 prétendant qu'elle pourrait se passer des subvention pour concurrencer des lanceurs fortement subventionnés. Ce qui va conduire que l'Europe ne fera plus de lanceurs ou sera obligé de le subventionner quand même sans que ce lanceur peut porter une stratégie ambitieuse de development du spatial . Ce lanceur ne lancera pas des ATV et une Ariane 6 va conduire à rendre l'Europe incapable de lancer des missions scientifiques ou d'exploration d'une certaine ampleur. L'Europe doit se poser la question si nous voulons participer activement dans la conquête spatiale et ainsi mettre les moyens appropriés et si c'était en forme de subvention pour un lanceur lourde de taille Ariane 5 qui pourrait porter l'ambition spatiale de l'Europe à long terme ou de rester mediocre et regarder les autres de progresser. Sans construire des bateaux Christophe Colomb n'aurait jamais decouvert l'Amerique pour l'Europe. Grace aux bateaux anglais la langue de Shakespeare est la lingua franca aujourd'hui et la monde anglo-saxon dominent le monde et la culture même si cela deplaise.
Réponse de le 16/05/2013 à 22:25 :
Le nouveau lanceur lourd est Ariane 5 ME, faut se renseigner avant de dire tant de bêtises ...
Réponse de le 19/05/2013 à 23:08 :
Exact Ariane 6 va entrer en concurrence avec Falcon 9, et une ariane V ME entrera en concurrence avec la falcon 9 super lourde qui sera financé par l'armée américaine, pour ma vue personnelle, je vois bien les allemands reprendre Ariane V ME et les français s'occuper d'Ariane 6, vu les intérêts divergent entre Allemands et francais.
Mais chacun croit à son idée. L'avenir le dira. Les allemands veulent ariane V , les français veulent ariane 6, on aura les deux, sinon il y aura pas d'ariane 6 si les allemands se retirent.

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