Le groupe naval militaire DCNS scotché dans une zone de calme

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Le PDG du groupe DCNS Patrick Boissier Copyright Reuters
Le PDG du groupe DCNS Patrick Boissier Copyright Reuters (Crédits : DCNS)
Au premier semestre 2013, DCNS a vu chuter ses prises de commandes. Mais la possible signature avant la fin de l'année du contrat de rénovation des frégates saoudiennes Sawari 1 (LEX) devrait regonfler les voiles du groupe naval.

DCNS peut voir venir. Même si la situation actuelle n'est pas satisfaisante en termes de prises de commandes, elle est loin d'être inquiétante. Le groupe naval a engrangé des commandes représentant un montant total de 578 millions d'euros au premier semestre 2013 (contre 813 millions au premier semestre 2012). Le carnet de commandes de DCNS s'établit à 13,23 milliards d'euros à la fin du premier semestre 2013 (contre 14,2 milliards à la fin du premier semestre 2013). Il représente aujourd'hui "plus de quatre années d'activité", pércise le groupe dans un communiqué publié mardi.

Bref, il n'y a pas le feu au lac. D'autant que l'on reparle avec beaucoup d'insistance du contrat LEX (Life Extension Sawari 1) en Arabie saoudite pour la rénovation des frégates Sawari 1. Selon des sources concordantes, ce contrat d'un montant de 1 milliard d'euros environ pourrait être signé assez rapidement, en tout cas d'ici à la fin de l'année. Mais prudence car plusieurs fois attendu par Paris, il n'a jamais été concrétisé. Un tel contrat embellirait bien sûr le bilan commercial de 2013. Au-delà, DCNS, qui est engagé dans plusieurs campagnes importantes à l'export, devra patienter plutôt en 2014 pour signer ou pas de nouveaux contrats export.

>> Lire aussi: DCNS: pourquoi le contrat LEX sur la modernisation des frégates saoudiennes est bloqué

Chiffre d'affaires en hausse mais résultat opérationnel en baisse

Le chiffre d'affaires atteint 1,63 milliard d'euros (contre 1,4 milliard au premier semestre 2012). Cette croissance résulte de l'exécution de programmes industriels tant pour la France (frégates FREMM, sous-marins Barracuda et maintenance de la flotte de navires de premier rang de la Marine nationale) que pour l'international (notamment Brésil, Inde et Russie). Le PDG de DCNS, Patrick Boissier, cité dans le communiqué, s'est réjoui d'avoir "au cours du premier semestre 2013, de nouveau enregistré une croissance de notre chiffre d'affaires, ce qui confirme notre potentiel de développement.

Mais, a-t-il ahouté, "notre résultat opérationnel, impacté par certaines difficultés opérationnelles et par l'intensification de nos investissements en R&D, n'a pas connu la même croissance". Le résultat opérationnel courant avant amortissement des écarts d'évaluation s'élève à 95 millions d'euros (soit 5,8 % du chiffre d'affaires) au premier semestre 2013 contre 98 millions (soit 7 % du chiffre d'affaires) l'année passée.

Selon le communiqué de DCNS, le groupe connaît des difficultés opérationnelles sur certains projets industriels, principalement dans le nucléaire civil. Certains contrats signés auraient occasionné des pertes dans cette nouvelle activité pour le groupe (EPR de Flamanville, Chine). C'est le prix à payer de la courbe d'apprentissage, explique-t-on chez DCNS, qui va mettre des équipes dédiées à cette activité et ne plus faire jouer la polyvalence. Le groupe doit également adpater sa façon de travailler aux méthodes en cours dans le nucléaire civil.

Des effectifs en hausse

Enfin, DCNS accélère également ses investissements en Recherche et Développement (R&D) par rapport à ceux du premier semestre 2012 pour prendre une longueur d'avance technologique sur ses marchés. Pour autant, le groupe a réagi en engageant un plan d'actions "afin d'améliorer la situation en matière de rentabilité". Le groupe veut notamment réduire les frais fixes et les dépenses courantes, sans pour autant toucher aux effectifs. Fin juin 2013, ils s'établissaient à 13.511 équivalents temps plein (contre 12. 987 à la fin du premier semestre 2012).

>> Lire aussi: Défense: quel avenir pour DCNS?

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Commentaires
a écrit le 25/07/2013 à 13:52 :
De meme que c'est une énorme erreur d'avoir annulé le programme Ferroviaire de T.GV- L.G.V, et de modernisation de l'ensemble du réseau. Le pays, de très très loin, le plus gaspilleur d'Europe en dépenses publiques, pouvait réduire les gigantesques et irresponsables gaspillages connus de la Cour des Comptes et connus de tous, et faire de l'investissement : créateur de richesses : de surcroit comme en matière d'Equipement des Armées, Le Ferroviaire fait travailler l'Industrie Française.
a écrit le 25/07/2013 à 1:39 :
Il faut absolument un deuxième puis troisième groupe aéronaval (7 milliards d'euros chacun) construits par D.C.N.S et S.T.X, comprenant donc deux porte-avions à propulsion autonome (nucléaire) les menaces sont de plus en plus dispersées, La France est l'un des cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'O.N.U et la 2ème puissance maritime mondiale. La présence en mer de deux groupes aéronavals doit etre permanente. 1 seul Porte Avions c'est un demi Porte-Avions : maintenances et révisions. 1 Porte-Avions cà marche par deux. Le savoir faire industriel ne doit pas etre perdu, et cela correspond à des millions d'heures de travail Françaises non délocalisables. Le pays, de loin, le plus dépensier de toute l'Europe, de surcroit en mauvaises dépenses improductives, peut aisément trouver le financement pour de l'investissement : du vrai. Les U.S.A ne retirent que des avantages en terme de croissance, et de retombées civiles considérables, par la recherche et par la production d'équipement des armées.

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