Airbus reste optimiste - le contraire aurait été surprenant - sur la vigueur du marché aéronautique mondial pour les vingt prochaines années, et continue de parier sur l'intérêt des compagnies aériennes pour son très gros porteur A380, qui peinait récemment à enregistrer de nouvelles commandes. L'avionneur table sur un marché total de plus de 29.220 appareils de transport de passagers et de fret à livrer entre 2013 et 2032, représentant une valeur de près de 4.400 milliards de dollars, selon un document présenté mardi à Londres.
C'est plus de 1.000 appareils supplémentaires par rapport à sa précédente prévision pour la période 2012/2031. Ces chiffres portent sur l'ensemble du marché aéronautique, qu'Airbus devrait donc se partager avec son concurrent américain Boeing. Mais aussi peut-être avec de nouveaux venus, comme le canadien Bombardier dont le CS100, un appareil de plus de 100 places, vient de réaliser son premier vol. Selon l'avionneur toulousain, le trafic aérien augmentera au rythme annuel de 4,7 % au cours des 20 prochaines années
L'Association internationale des transporteurs aériens (IATA) vient de réviser à la baisse ses prévisions de bénéfices pour les compagnies aériennes cette année affectés par les cours du pétrole, la crise syrienne et la croissance décevante sur plusieurs marchés émergents. Pour autant, l'augmentation du transport de passagers par rapport à l'an dernier devrait être de 5 % avec un total de 3,12 milliards de passagers. Selon l'IATA, le taux d'occupation des sièges atteindra un niveau record à 80,2 % en moyenne dans les avions dans le monde. Le chiffre d'affaires pour les passagers pourrait atteindre 565 milliards de dollars (+ 13,7 %).
Pourtant selon les analyses d'Airbus, à moyen terme, le trafic aérien et la demande de nouveaux avions devrait être tirés par les pays émergents, en particulier l'Asie, où les villes et les classes moyennes se développent. Le patron des ventes d'Airbus, John Leahy, cité dans le communiqué de l'avionneur, constate :
Face à la hausse des prix du pétrole, les compagnies devraient se doter d'avions moins gourmands en carburant comme le nouveau A320neo, équipé de nouveaux moteurs plus efficaces.
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Dans ce contexte, quelque 28.350 de ces appareils seront des avions passagers, d'une valeur de 4.100 milliards de dollars. Sur ce total, 10.400 environ viendront remplacer les avions existants par des appareils plus efficients. D'ici à 2032, la flotte mondiale doublera, passant de 17.740 appareils aujourd'hui à près de 36.560 appareils. Son concurrent Boeing se montre tout aussi optimiste pour le marché international, estimant que la flotte d'avions dans le monde doublera en vingt ans. Il a en revanche revu à la baisse en juin ses prévisions pour la demande de très gros porteurs comme l'A380 ou son propre 747-8 Intercontinental, avec une demande estimée limitée à 760 appareils au total.
En dépit du scepticisme de Boeing, Airbus continue de penser que les compagnies s'intéresseront aux très gros porteurs, un marché dominé par son A380, des appareils qui devraient représenter 1.334 unités, soit une valeur de 519 milliards de dollars sur vingt ans. Sur ce total, 47 % seront destinés à la région Asie-Pacifique, suivie par le Moyen-Orient (26 %), puis l'Europe (16 %).
A ce jour, Airbus compte seulement 262 commandes fermes au total pour l'A380, et peinait ces derniers temps à remplir le carnet de commandes de son emblématique avion géant. La société Doric, spécialiste du financement d'achats d'avions pour le compte des compagnies aériennes, a signé un protocole d'accord pour 20 A380 au dernier salon aéronautique du Bourget mais le contrat reste encore à finaliser.
Sur le marché des bicouloirs, notamment l'A350 et l'A330, la demande est estimée à 6.779 appareils, d'une valeur de 1.820 milliards de dollars. Sur ce total, 48 % des livraisons seront destinées à la région Asie-Pacifique, suivie de l'Europe (15 %) et du Moyen-Orient (13 %).
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Enfin, le marché des monocouloirs représente 71 % des livraisons en nombre d'appareils, soit une demande estimée à 20.242 appareils, d'une valeur de 1.800 milliards de dollars. La région Asie-Pacifique représente 34 % de ces livraisons, suivie de l'Amérique du Nord et de l'Europe, qui représentent 23 % chacune.
D'ici à 2032, la part de marché de ces compagnies low-cost sera passée des 17 % actuels à 21 %.
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