• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Comment la conquête spatiale a changé notre vie

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 21 janvier 2014 à 06:00 - Mis à jour le 21 janvier 2014 à 15:47

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Dette publique : « Tout se met en place pour être progressivement étranglé », prévient Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode

  • 2

    SpaceX : comment la coqueluche des marchés a perdu 900 milliards de dollars de valorisation en moins d'un mois

  • 3

    À Saint-Nazaire, la montée en cadence met la logistique des Chantiers de l’Atlantique sous tension

  • 4

    États-Unis : la croissance américaine révisée en nette hausse, l'inflation au plus haut depuis trois ans

  • 5

    Boris Cyrulnik : « Jamais je n'aurais imaginé revivre ce cauchemar »

  • 6

    Canicule : le gouvernement va prolonger les soldes d'été

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
Aujourd'hui, une part croissante de l'activité humaine (Internet, communications, géolocalisation, météorologie) est issue de la conquête spatiale menée depuis les années 1960. L'innovation spatiale est un levier de développement très rentable qui irrigue toute l'économie. Mais la compétition, notamment dans les lanceurs avec l'arrivée de SpaceX pour concurrencer Arianespace, est féroce. Un défi pour l'Europe et la France qui disposent cependant d'atouts majeurs.

Incroyable... mais vrai. On ne le sait peut-être pas - ou plus - mais l'espace est massivement entré dans notre quotidien sans que l'on s'en rende réellement bien compte.

Sans satellite, « la planète entière s'arrête », assure même le président du Centre national d'études spatiales (CNES), Jean-Yves Le Gall. Et de donner un exemple anodin mais révélateur de l'ignorance de la présence de l'espace dans la vie de tous les jours.

« Il arrive de temps en temps qu'un taxi entre l'adresse où je dois me rendre et que cela ne marche pas, raconte-t-il. Je lui dis alors qu'il n'a plus la couverture d'un satellite GPS et le chauffeur ne me croit pas. Il ne pense pas un quart de seconde que son boîtier marche grâce à un signal satellite. »

Tout comme la plupart des hommes et des femmes quand ils allument leur télévision, surfent sur Internet ou encore se connectent à partir de leur téléphone...

Pas d'images de la coupe du monde de foot au Brésil... Impensable !

Depuis le premier satellite de communications intercontinental Telstar 1, lancé par AT&T en juillet 1962, les satellites sont peu à peu devenus un outil de plus en plus indispensable.

« Le satellite est la solution optimale pour permettre un accès universel aux images et aux données en couvrant les zones situées à l'écart des réseaux terrestres », rappelle l'opérateur européen Eutelsat.

Et le satellite est entré dans nos salons pour prendre de plus en plus ses aises. Ainsi, le nombre de foyers équipés de réception satellitaire devrait croître de 71 millions entre 2012 et 2017 dans le monde, faisant passer la pénétration du satellite comme moyen de réception de la télévision de 29% à 32% de la population mondiale, selon le cabinet britannique Screen Digest. En Europe, 200 millions de foyers reçoivent déjà leurs chaînes par satellite.

Dans le monde, le nombre de chaînes diffusées par satellite est passé de plus de 23.000 à près de 33.000 au cours des cinq dernières années, et devrait être de plus de 47.000 en 2022, selon le cabinet Euroconsult. Imaginez une seule seconde ce que provoquerait un écran noir lors de la finale de la Coupe du monde au Brésil, le 13 juillet prochain, aux alentours de 22h15...

20 euros de retombées pour un euro investi

Des gestes du quotidien qui ne sont souvent possibles que grâce aux satellites de télécoms, qui sillonnent en permanence l'espace. Et aux décisions prises par les pays, puis les responsables en charge de la politique spatiale, d'investir dans l'espace et donc l'innovation. La France investit en moyenne plus de 2 milliards d'euros par an dans l'espace.

Le budget du CNES sera en augmentation en 2014 pour atteindre 2,1 milliards d'euros - dont 150 à 200 millions d'euros par an consacrés à la R&T (recherche et technologie) -, le niveau le plus élevé depuis plus de dix ans. Il reste loin, très loin des budgets américains et chinois (respectivement 40 et 7 milliards de dollars en 2012), mais n'est pas ridicule par rapport au budget russe (3,8 milliards en 2012) et japonais (3,7 milliards).

Newsletter

Industrie et service

Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Illustration de la newsletter Industrie et service

Et l'Europe ?

En 2013, l'agence spatiale européenne (ESA) disposait d'un budget de 4,28 milliards d'euros, dont 3,1 milliards provenant des États membres.

Les investissements consacrés aux activités spatiales sont très faibles si on les ramène au nombre d'habitants : pour financer les programmes spatiaux, en moyenne, chaque citoyen d'un État membre de l'ESA verse au fisc environ le prix d'un ticket de cinéma, estime l'ESA. Aux États-Unis, les investissements consacrés aux activités spatiales civiles sont presque quatre fois plus élevés.

Au total, avec plus de 30 euros par an et par habitant, le budget, que la France consacre à l'espace civil, se classe au deuxième rang mondial après celui des États-Unis (46 euros), mais devant ceux de l'Allemagne (16 euros) et du Royaume-Uni (6 euros).

L'innovation spatiale comme levier de l'industrie

Un effort qui profite très largement à l'industrie française irriguée par environ 80% de ce budget, au bénéfice de l'emploi (16.000 en France) et de la compétitivité. Car avec 20 euros de retombées économiques pour 1 euro investi, selon des estimations du CNES, l'innovation spatiale représente bien un levier inédit pour l'industrie en général et, en particulier, pour tout un business qui se développe autour des services créés à partir du spatial. Et au-delà pour les politiques publiques.

D'ailleurs, si le gouvernement actuel s'y intéresse encore en dépit des contraintes budgétaires fortes qui pèsent sur la France, « c'est parce qu'il y a des enjeux majeurs en termes de R&D, de politiques européennes et enfin, de compétitivité pour toute notre industrie spatiale et bien au-delà.Car ce secteur industriel sait passer de l'invention de laboratoire à la réalisation industrielle. C'est exactement ce que je souhaite réaliser dans ma politique globale pour la recherche », avaitexpliqué en septembre à La Tribune la ministre en charge de l'espace, Geneviève Fioraso.

« Il y a des écosystèmes qui se créent un peu partout. »

Ce que confirme Jean-Yves Le Gall. Le centre du CNES de Toulouse, un grand centre de recherches spatiales, est ce qui se fait de mieux en Europe.

« Toulouse est probablement l'endroit où il sort le plus d'innovations en Europe et peut-être au monde dans le domaine des satellites », constate-t-il.

Ni le centre de Tsukuba de l'agence spatiale japonaise (Jaxa), ni les centres de la Nasa, qui fabrique de moins en moins de satellites, ne rivalisent avec Toulouse, estime-t-il.

Mais clairement, le spatial est un moteur pour l'industrie. Des études évaluent à 1.600 le nombre de technologies dérivées des programmes de la Nasa ayant fait l'objet de transferts à d'autres secteurs. C'est le cas des technologies optiques développées pour le célèbre télescope spatial Hubble qui profitent désormais à la chirurgie arthroscopique.

Ou encore, parmi les 120 technologies dérivées de la navette spatiale, un aérogel utilisé comme isolant pour les habitations et équipements industriels, ou bien un traitement des problèmes circulatoires.

La France à la pointe de l'innovation en météo

La météorologie en est aussi un exemple parfait. Les applications ont permis de développer toute une filière économique dans l'Hexagone, mais également dans le monde. Aux États-Unis, une étude estime que l'investissement public dans le domaine de la prévision et l'alerte météorologiques génère annuellement environ 31,5 milliards de dollars de retombées économiques pour un coût de production de l'information estimé à 5,1 milliards de dollars.

En France, on estime que 30% de l'économie est sensible à la météo. Cela tombe bien, la France est à la pointe de l'innovation dans une discipline devenue clé dans beaucoup de secteurs comme l'agriculture, le transport maritime, la pêche... Car la météo et la surveillance du climat sont aujourd'hui des enjeux mondiaux.

Dans ce cadre, le CNES et Eumetsat, l'agence européenne chargée de la maintenance et de l'exploitation des systèmes européens de satellites météorologiques, ont même révolutionné cette discipline avec le développement des instruments IASI (Interféromètre atmosphérique de sondage infrarouge) développés... sur le site du CNES de Toulouse et fabriqués par l'industriel Thales Alenia Space. Un équipement qui a permis de distancer dans ce domaine les Américains.


Image du satellite MTSAT02, le 19/01/2014 à 04h00 UTC : Une dépression tropicale assez creuse sur le nord-ouest de l'Australie, continue sa traversée vers l'ouest. / Météo France

Depuis son lancement en 2006, l'instrument a apporté une contribution importante à la prévision météorologique et à la connaissance de la composition de l'atmosphère. Il joue également un rôle croissant dans la surveillance du climat. L'utilisation des données IASI s'est considérablement développée, notamment en termes d'applications. Ainsi, leur utilisation dans le système de prévision numérique de Météo France contribue, par exemple, à améliorer la prévision des tempêtes, et donc à anticiper ces phénomènes à fort impact socio-économique.

« Nous avons aujourd'hui des prévisions à cinq jours qui sont devenues aussi bonnes que celles à trois jours. On est passé de 72 heures à 120 heures grâce à IASI », s'enthousiasme Jean-Yves Le Gall.

Fort des succès de IASI, le CNES a décidé de lancer au printemps une nouvelle génération de sondeurs atmosphériques (IASI NG), qui ont été confiés à Astrium (Groupe EADS). La très nette amélioration de la performance des sondeurs est due à l'utilisation du carbure de silicium, un matériau très performant développé avec Boostec, une PME basée dans les Hautes-Pyrénées près de Tarbes, et capable d'en fabriquer de grandes plaques.

Galileo, le système de géolocalisation européen

Galileo est la grande affaire de l'Europe. Celle-ci attend énormément de son sysème de navigation par satellite qui va concurrencer le GPS américain et le Glonass russe. Lancé à la fin des années 1990, ce système qui sera à terme beaucoup plus performant - plus précis - que le GPS, a fonctionné pour la première fois le 12 mars 2013 en envoyant un signal de positionnement avec une précision de 10 à 15 mètres grâce aux quatre premiers satellites déjà en orbite. Les retombées économiques attendues de la constellation de 30 satellites sont estimées par la Commission européenne à 80 milliards d'euros. Notamment dans le domaine de la navigation, localisation et synchronisation.

Cela va permettre à l'Europe, au-delà des enjeux évidents d'indépendance par rapport aux États-Unis, de répondre à des enjeux économiques et industriels. Elle se positionne non seulement dans le développement des technologies spatiales mais aussi sur les marchés des applications découlant de ces systèmes, par exemple dans le secteur de la téléphonie mobile.

Selon un rapport parlementaire, « elle doit permettre aux entreprises de créer de nouveaux standards et donc de devenir structurantes sur les marchés ».

Galileo devrait fournir à l'échelle mondiale cinq services distincts - service ouvert, service commercial, sauvegarde de la vie, service public réglementé, recherche et sauvetage -, tous basés sur des technologies spatiales de positionnement et de datation.

Pour compléter la phase de déploiement de Galileo et financer l'exploitation de l'ensemble du programme européen GNSS (Système global de navigation par satellite) sur la période 2014-2020, un budget total de 7 milliards d'euros est prévu. L'Europe a mis l'accent sur l'importance des développements d'applications civiles, notamment en vue de fournir un positionnement précis et garanti aux systèmes de navigation pour automobiles, téléphones portables et transports maritime, routier, ferroviaire et aérien...

Une compétition techno et économique féroce

À côté des grands programmes internationaux réalisés en partenariat (Station spatiale internationale, exploration spatiale, observatoire Alma...), les grands pays se livrent à une compétition féroce susceptible de pousser dans les cordes l'un ou l'autre des concurrents.

C'est à nouveau le cas dans le domaine des lanceurs entre les États-Unis - qui ont propulsé sur le marché commercial le Falcon 9 - et l'Europe, l'actuel leader mondial de la compétition depuis plus d'une décennie, avec Ariane 5. Un leadership remis en cause avec Falcon 9 par la société privée SpaceX, créée par le milliardaire Elon Musk, mais fortement soutenue par la Nasa.

« Falcon 9 pourrait bien ramener les États-Unis en tête de la course à l'espace, alors qu'ils partagent celle-ci avec la Russie et la Chine pour les lancements gouvernementaux et que l'Europe l'occupe pour les lancements commerciaux », explique dans Le Monde Jean-Yves Le Gall.


Décollage du lanceur Falcon 9 de la société SpaceX / DR

Prise de court, l'Europe prépare sa riposte avec Ariane 6

Ce nouveau lanceur va être développé avec des technologies éprouvées - tout comme Falcon 9 - et mis en service à l'horizon 2020.

«Ariane 6 sera le lanceur dont a exactement besoin le marché, explique le président du CNES à La Tribune. Certains nous rappellent que c'est un peu ce qui avait été fait pour les Ariane 1 à 4, alors qu'une démarche plus "technology driven" avait été retenue pour Ariane 5. »

Seule innovation mais de taille, la volonté de changer la gouvernance de ce type de programme.

C'est aussi le cas dans les satellites où les Américains ont pris un temps d'avance sur la propulsion tout électrique, une innovation à laquelle n'ont pas cru ni Astrium, ni Thales Alenia Space (TAS). Et Boeing a déjà bouleversé le marché. Il est suivi par Loral, l'autre constructeur américain. La France a réagi mais avec retard. Dès son arrivée à la tête du CNES, Jean-Yves le Gall a lancé l'opération « Ariane 6 des satellites ».

Le CNES a obtenu une enveloppe de 25 millions d'euros du Programme d'investissement d'avenir (PIA) pour aider Astrium, TAS et Snecma (groupe Safran) à développer une ligne de satellites à propulsion tout électrique. En outre, le CNES a également 25 millions d'euros pour adapter Ariane 5 aux satellites à propulsion électrique. Deux exemples qui montrent qu'à tout moment, faute d'innovation, l'Europe et la France peuvent sortir de la compétition.

_____

>>> FOCUS Ces produits innovants revus de l'espace !

LES PREMIERS ORDINATEURS MODERNES

L'ordinateur de vol des capsules Apollo (Apollo Guidance Computer, AGC, photo ci-dessous) est le premier ordinateur au monde à circuits intégrés (1966). Il a été conçu par la société MIT Instrumentation Laboratory. La société Sperry assurait sa fabrication tandis que la programmation était réalisée au MIT. Les ordinateurs d'Apollo 11 (1969) comportaient plus de 4000 circuits intégrés, élaborés par Fairchild Semiconductors. Une des conséquences du programme Apollo fut le développement exponentiel et la réduction des coûts des circuits intégrés.

La mémoire informatique fut, elle aussi, un sujet de recherche important, qui profita ensuite à toute l'industrie. Quand le premier ordinateur x86 est sorti, en 1981, il avait huit fois plus de mémoire que l'AGC.

« L'Apollo Guidance Computer, l'ordinateur de vol du module lunaire, exécutait les instructions à une vitesse de 40 kHz [soit 0,00004 GHz, ndlr], à peu près 100.000 fois moins vite qu'un ordinateur portable haut de gamme aujourd'hui », ont récemment expliqué deux directeurs de la recherche chez Google, Udi Manber et Peter Norvig.« Au sol, la Nasa avait accès aux ordinateurs les plus performants de l'époque, cinq unités centrales IBM 360/75. »Les deux ingénieurs constatent que « la puissance du temps de calcul nécessité par une recherche Google à l'heure actuelle correspond à celle nécessaire à l'ensemble du programme spatial Apollo, qui a duré onze ans et a lancé dix-sept missions ».

DE L'IMAGERIE MÉDICALE AUX PROTHÈSES

La médecine peut remercier la conquête de l'espace. Aujourd'hui, elle bénéficie de nombreux transferts technologiques venus de l'industrie spatiale. C'est le cas de l'imagerie médicale, devenue essentielle pour établir des diagnostics. L'imagerie spatiale a contribué à l'évolution des images médicales de type RMN (résonance magnétique nucléaire) et IRM (imagerie par résonance magnétique).

En clair, grâce aux technologies spatiales, la médecine peut mieux voir et plus tôt, pour mieux guérir. Par ailleurs, la pompe d'assistance ventriculaire utilisée dans les coeurs artificiels est dérivée des pompes à carburant de la navette spatiale américaine. Tout comme les pompes à insuline, dont le design provient du vaisseau spatial Viking et de son bras robotique mécanique lancé en 1975 à destination de Mars.

Les prothèses bénéficient également des matériaux conçus pour les fusées. Ainsi, l'athlète allemand Wojtek Czyz, qui concourait avec une prothèse de jambe améliorée par la technologie spatiale, a établi un record de saut en longueur aux Jeux paralympiques 2008 de Pékin en atteignant la distance étonnante de 6,50 m, soit 27 cm de plus que le précédent record. Les matériaux spatiaux présentent l'avantage d'être très résistants tout en étant plus légers que les produits conventionnels. En 2006, la société française AirInSpace, avec le soutien de l'Agence spatiale européenne (ESA), a réussi à adapter une technologie développée pour la protection des astronautes à une utilisation dans les centres de soins intensifs pour protéger les patients immunodéficients contre des germes pathogènes aériens.

LES VÊTEMENTS IGNIFUGÉS DES POMPIERS

Les textiles ignifugés utilisés pour les vêtements de protection, notamment ceux des pompiers, sont le résultat de recherches destinées à protéger les circuits électriques des fusées. Ils ont d'abord servi pour la conquête de l'espace, et plus précisément du programme Apollo.

Ce textile est intégré aux combinaisons des spationautes pour les protéger des rayons du Soleil. Pour la première sortie dans l'espace en 1965, l'astronaute Edward White inaugura la combinaison G4C de la société David Clark.

Elle pesait 15 kg et était constituée de sept couches de matière, offrant une protection renforcée et plus de mobilité. La couche pressurisée était enveloppée et retenue par un filet lui donnant plus de flexibilité. Les couches additionnelles étaient constituées de Mylar aluminisé qui offrait une meilleure protection thermique et contre les micrométéorites.

Un matériau résistant au feu appelé Nomex, utilisé aujourd'hui dans la fabrication des vêtements des pompiers, complétait l'équipement. L'astronaute était toutefois relié par un cordon ombilical à la cabine qui l'alimentait en oxygène et assurait le refroidissement de sa combinaison tout en servant de câble d'ancrage.

À lire également

  • « Sans satellites, la planète entière s'arrête ! » Jean-Yves Le Gall (CNES)
  • "Le secteur spatial est essentiel pour la compétitivité de notre industrie" (Geneviève Fioraso)
  • L'observatoire Alma au Chili, la nouvelle Mecque de l'astronomie mondiale
  • Espace : les sept orientations stratégiques de Jean-Yves Le Gall pour le CNES
  • Espace : le patron du CNES Jean-Yves Le Gall veut une Ariane 6 des satellites
  • SpaceX lance avec succès son deuxième satellite Thaicom
  • Quand l'américain SpaceX et son lanceur Falcon 9 sèment la zizanie en Europe
  • Espace : les vrais coûts d'un lancement par la fusée Falcon 9 de SpaceX
  • Espace : les 8 atouts d’Arianespace pour rivaliser avec SpaceX

Enfin, les astronautes de la célèbre mission Apollo 11, notamment Neil Armstrong, porteront en 1969 une combinaison spatiale A7L, endossée par tous ceux qui ont foulé le sol lunaire. Elle a été développée par la société ILC Dover.

_______

X

Michel Cabirol

Sur le même sujet

Le PDG Bernard Fontana admet cette réorientation doit permettre de dégager des ressources pour soutenir les investissements dans le parc nucléaire français.

EDF vend ses éoliennes et panneaux solaires américains pour se concentrer sur le nucléaire

EDF va céder sa filiale EDF Power Solutions, qui gère 5,6 GW d'actifs renouvelables aux États-Unis et au Canada, au fonds américain KKR. Cette vente s'inscrit dans la stratégie de recentrage sur le nucléaire du groupe, qui doit financer la construction de six nouveaux réacteurs EPR2.

Energie
Dans le cadre de cette procédure, Sanofi peut proposer des engagements pour répondre aux préoccupations de la Commission.

Sanofi dans le collimateur de l’UE pour soupçon d’entrave à la concurrence

La Commission européenne a ouvert une enquête formelle contre le géant pharmaceutique français, le soupçonnant d’une possible entrave à la concurrence sur le marché des vaccins antigrippaux. Sanofi se défend de toute pratique illégale.

Chimie & Pharmacie
Le réseau de chaleur de Dijon a connu une croissance rapide au cours des 12 dernières années, passant de 180 pour atteindre les 410 gigawattheures (MWth) délivrés, sur un parcours de 120 kilomètres. Ici La chaufferie biomasse des Péjoces située au sud...

Face à la canicule et à la transition énergétique, les territoires réclament des moyens

Réunis à Dijon pour les Assises européennes de la transition énergétique, élus, experts et entreprises ont dressé un constat : les solutions pour décarboner les territoires existent, mais leur déploiement se heurte notamment à l'équation budgétaire.

Premium
Energie et Industrie
C'est la première fois en France que deux opérateurs de gaz raccordent leurs réseaux dans la perspective de créer un circuit de distribution de gaz vert en boucle locale.

À Grenoble, le biogaz des campagnes alimente désormais la ville

C'est une première revendiquée dans le milieu du gaz vert : à compter de ce mois de juin, les réseaux de gaz de GRDF et de l'opérateur local GreenAlp seront raccordés par une nouvelle boucle locale. L'enjeu : verdir la consommation de gaz urbaine l'été, tout en s'appuyant sur une production locale de biogaz en circuit court.

Premium
Energie
Si Transition Pro a reçu près de 40 000 projets de reconversion entre 2020 et 2025, ces dossiers ne traduisaient pas, pour l'instant, des effets liés aux secteurs bousculés par l'IA.

Reconversion professionnelle : la demande grimpe, dans un contexte budgétaire contraint

Transitions Pro, le pilier du financement de la reconversion professionnelle - issu de la mutation du Fongecif -, tire un premier bilan positif des cinq années écoulées : depuis la pandémie de Covid-19, l'organisme aura reçu plus de 40 000 demandes de reconversion en Auvergne-Rhône-Alpes. Avec un modèle dont le financement reste cependant sur le fil.

Premium
Politique industrielle
Anne-Laure Thomas avec son fils atteint de ce syndrome.

Handicap : changer le regard par la musique

Avec Même Oxygène, l'association Autour des Williams donne la parole à de jeunes adultes porteurs du syndrome de Williams-Beuren. Un projet artistique qui sensibilise à cette maladie génétique rare et invite à changer de regard sur le handicap.

Chimie & Pharmacie
Le Slip Français compte investir dans son usine à Aubervilliers, à l'issue de son introduction en Bourse.

Égérie du made in France, Le Slip Français se lance en Bourse

Après avoir réussi son redressement financier et retrouvé enfin la rentabilité, Le Slip Français veut prendre une nouvelle dimension en lançant ce jeudi son introduction en Bourse, sur Euronext Growth Paris. La PME industrielle, spécialisée historiquement sur la production en France de sous-vêtements masculins, veut ainsi ouvrir son actionnariat à tous les Français et organiser la sortie de ses actionnaires historiques.

Premium
Politique industrielle
Ces derniers mois, les cours de l’électricité étaient nettement plus bas en France qu’ailleurs en Europe, en raison d’une production nucléaire abondante et d’une demande modérée. Pour combien de temps?

Risque d'approvisionnement : les entreprises doivent accélérer sur l'autoproduction d'électricité, alerte une étude

Les dirigeants d’entreprises doivent intégrer que l’ère de l’énergie « bon marché » se termine, pointe une étude du cabinet breton Kerlotec. En conséquence, les entreprises françaises doivent se préparer à adapter leur modèle.

Premium
Energie et Industrie