Armes : que veut faire l'Arabie Saoudite pour le Liban ?

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L'armée libanaise est une armée à reconstruire sur le plan des équipements militaires
L'armée libanaise est une armée à reconstruire sur le plan des équipements militaires (Crédits : reuters.com)
La visite du prince Salmane à Paris pourrait être l'occasion d'éclaircissements sur le rééquipement de l'armée libanaise par la France grâce à un don de 3 milliards de dollars de l'Arabie Saoudite. 31 contrats attendent d'être mis en vigueur.

La visite du prince héritier saoudien Salmane ben Abdel Aziz, qui sera à Paris du 1er au 3 septembre, pourrait apporter des éclaircissements sur le dossier du don de 3 milliards de dollars de l'Arabie Saoudite au Liban pour acheter des armes françaises. Sur les 3 milliards de dollars promis par Ryad, 2,1 milliards doivent être consacrés à l'achat d'armements et 900 millions à l'entretien de ces matériels. Selon nos informations, ODAS, qui intervient essentiellement en Arabie saoudite dans le cadre de contrats d'État à État ou de contrats commerciaux pour le compte d'une dizaine de grands groupes français, a signé 31 contrats avec les entreprises françaises. Ils attendent d'être mis en vigueur.

Le prince Salmane, qui est également ministre de la défense, pourrait, selon certaines sources, annoncer la signature de ces contrats entre l'Arabie Saoudite et la France, via ODAS. Des processus officiels qui devraient fortement limiter la demande de commissions fantasques par des agents ou intermédiaires des groupes français dans la région comme l'écrit "Paris Match" (500 millions de dollars). D'autant que selon un proche de ce dossier, les flux financiers pour ces contrats ne passent pas par le Liban mais uniquement entre la France et l'Arabie Saoudite. Enfin, le premier quotidien francophone au Liban "L'Orient du jour", révèle que "ODAS aurait requis des honoraires de 150 millions de dollars pour veiller à la bonne exécution de l'accord franco-saoudien. Ce que la partie saoudienne considère comme pouvant faire partie de ce qui sera payé aux intermédiaires". Une somme déjà très conséquente.

En revanche, d'autres sources contactées par La Tribune assurent que les Saoudiens ne sont pas très enthousiastes par cette opération. Pourquoi ? Mystère... C'est pour cela que la venue du prince héritier Salmane pourrait être riche d'enseignements sur ce dossier, qui à l'origine doit équiper les forces libanaises pour faire face à la menace islamiste. En décembre 2013, lors de la visite de François Hollande, Ryad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises.

Quelle shopping list ?

A qui profite cette manne ? Notamment à Thales, qui pourrait, selon nos informations profiter de près du tiers de la somme de 2,1 milliards de dollars d'achats d'équipements neufs (radars, optronique, systèmes de communications...). Renault Trucks Défense (RTD) est également bien servi par la vente de VAB (Véhicule de l'avant blindé) équipés d'une tourelle de Nexter et de VBL (Véhicule blindé léger). En revanche, pas de VBCI (Véhicule blindé de combat d'infanterie) de Nexter jugés trop gros par le Liban. Dans le domaine de l'aéroterrestre, la France a inclus dans la liste des hélicoptères Gazelle ainsi que des hélicoptères de transport. Enfin, MBDA devrait vendre son missile surface-air Mistral, qui équiperont des petits véhicules blindés.

Dans le domaine naval, c'est le chantier de Cherbourg CMN, propriété du Libanais Iskandar Safa, qui a remporté la mise face à DCNS, qui proposait des Gowind de la classe Adroit, et Raidco. Le chantier naval des Constructions Mécaniques de Normandie fournira à la marine libanaise trois petits patrouilleurs, vraisemblablement équipés du système Simbad-RC de MBDA.

1 milliard de dollars d'aides d'urgence

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri qui est revenu début août pour la première fois au Liban après un exil de plus de trois ans, a obtenu de l'Arabie saoudite un nouveau don d'un milliard de dollars à l'armée libanaise pour l'aider à lutter contre les Djihadistes. "Mon retour intervient après le don saoudien qui nécessite de voir comment il peut être mis en oeuvre et traduit en soutien à l'armée", avait-il déclaré sur son compte Twitter. Un don saoudien qui n'est pas lié au premier et surtout est ouvert à toutes les sociétés étrangères. Aux Libanais de gérer en direct cette nouvelle aide saoudienne.

Les Libanais ont notamment un besoin urgent de munitions à la suite de violents combats meurtriers qui ont eu lieu dans la région d'Aarsal, frontalière de la Syrie. L'Armée libanaise a lutté pour contrer une offensive de l'Etat Islamique et de Jabhat al-Nusra. Le retour au Liban de Saad Hariri, considéré comme la figure politique la plus influente du sunnisme au Liban, intervenait à la suite de la déclaration du chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwahji, qui demandait à la France de livrer au plus vite les armes dont l'armée a besoin car la situation est devenue dangereuse. "Nous avons besoin, dans la bataille actuelle, d'équipements, de matériel et de technologie dont nous ne disposons pas", avait-il alors expliqué à l'AFP.

La France prête à répondre rapidement au besoin du Liban

A la suite de l'appel du général Kahwahji, la France avait déclaré dans la foulée être prête à "répondre rapidement aux besoin du Liban", selon le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Vincent Floreani. "La France est pleinement engagée dans l'appui à l'armée libanaise, pilier de la stabilité et de l'unité du Liban", avait-il précisé lors d'un point de presse électronique. "Elle a été à l'initiative du Groupe international de soutien au Liban, dont l'un des trois volets porte sur le renforcement des capacités militaires du Liban".

Le chef de l'armée libanaise demandait précisément qu'il était "nécessaire d'accélérer la fourniture d'aides militaires à travers la finalisation des listes des armes demandées à la France dans le cadre de l'accord de financement saoudien et de la conférence de Rome pour le soutien à l'armée".

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Commentaires
a écrit le 28/08/2014 à 17:43 :
Ridicule et en tout cas la France fera son affaire.
Par rapport à la question faut il armer l'armer, il me semble bête de se poser ce genre de question car il est normal. Vu la petitesse de ce pays et la politique internationale sionisque qui s'y exercice depuis longtemps il ne peut pas s'autofinancer et de toute manière les armes figurant sur la liste dans ces contrats sont des jeux d'enfants et non pas une réponse sérieuse face au niveaux et types d'armes entre les mains des djihadistes. Une autre fois bon marché pour la France et gaspillage d'argent et perte du temps pour l'Arabie Saoudite et le pauvre Liban
a écrit le 27/08/2014 à 17:45 :
Qui fait quoi dans cette affaire? L'Arabie Saoudite achète des armes pour l'armée libanaise (enfin, les Sunites (et les Chrétiens?), car les chiites libanais sont en grande partie au Hezbolla). Ces armes doivent servir à combattre des Islamistes qui sont armés et financés par les monarchies du Golf et donc au moins partiellement par l'Arabie Saoudite elle même. Pendant le même temps, l'Arabie Saoudite est engagée dans une lutte sans merci contre l'Iran sur le terrain Syrien et le terrain Irakien.

Le plus probable, vu les intérêts de la France et de l'Arabie Saoudite au Liban est que ces armes soient destinées à contrer l'influence du Hezbolla. En terme de combattant aguéri, le Hezbolla a l'avantage sur l'armée régulière. Il ne s'en sert pas car tout le monde à intérêt au calme pour le moment.
a écrit le 27/08/2014 à 11:03 :
C'est cela oui armons armons.Le monde court à sa perte.
a écrit le 27/08/2014 à 0:58 :
150 millions? Bon, je suis d'accord pour monter une équipe pour 100 M!
Attend réponse.
Réponse de le 28/08/2014 à 17:44 :
je suis partant 50M ce n'est pas mal aussi
a écrit le 26/08/2014 à 21:22 :
c'est le moment de faire une supère proposition , 2 mistrals neufs !
Réponse de le 27/08/2014 à 0:55 :
Marrant, mais non.
a écrit le 26/08/2014 à 18:17 :
On comprend par rapport à l'ISI mais quid par rapport aux Hezbs ?
Cela promet encore des rapports compliqués

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