Last buy order... Pour les pays intéressés par l'A400M, il est de plus en urgent de passer des commandes ou bien Airbus fermera à Séville la chaine d'assemblage de l'avion de transport militaire européen, comme l'avait révélé La Tribune en décembre. « Compte tenu des incertitudes concernant le niveau des commandes d'avions, la société continue d'évaluer l'impact potentiel sur les activités de fabrication du programme », a confirmé jeudi Airbus lors de la présentation des résultats 2024. L'avionneur a dû se résoudre à prendre une nouvelle provision sur ce programme cauchemardesque pour Airbus sur le plan financier. En 2024, elle s'est élevée à 121 millions d'euros, dont 118 millions lors du dernier trimestre. L'A400M continue de peser négativement sur le flux de trésorerie disponible de l'avionneur.
« Nous avons encore 48 appareils en carnet de commandes (sur les 178 commandés, ndlr) avec l'attribution de créneaux de livraisons pour certains appareils. Cela nous donne trois ans de visibilité », a précisé le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury. Si en 2024, Airbus n'a livré que sept A400M (huit en 2023), dont le premier pour le Kazakhstan, le point d'équilibre de ce programme militaire, parmi les plus emblématiques en Europe, exige la fabrication de huit appareils par an. Très clairement, des risques pèsent sur le plan de production d'Airbus. Faute de nouvelles commandes, un arrêt de la chaine pourrait être programmé dès 2028.
Sur les 48 A400M restants à produire sur un plan contractuel, 25 (15 pour la France et 10 pour l'Espagne) sont en danger. Ces appareils pourraient être soit annulés, soit livrés au-delà de 2030. Ainsi, la loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit la mise en service d'au moins 35 A400M en 2030 dans l'armée de l'air et de l'espace (sur les 50 commandés par la France). L'Espagne, qui a pourtant obtenu la chaine d'assemblage de l'A400M, pourrait réduire sa commande initiale de 27 appareils, de 10 unités. Une belle façon de se tirer une balle dans le pied...