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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Arianespace s'est propulsé sur une orbite très, très haute en 2015

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 06 janvier 2016 à 10:31 - Mis à jour le 17 juillet 2016 à 20:38

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Après une année 2015 exceptionnelle sur le plan opérationnel et commercial, Arianespace souhaite en 2016 faire voler Ariane 5 huit fois et commercialiser Ariane 6 et Vega C.

L'an dernier, Arianespace a écrasé la concurrence."2015 est l'année de tous les records", s'est d'ailleurs réjoui le PDG d'Arianespace Stéphane Israël. Et c'est vrai que tout va pour le mieux pour la société européenne de lancement de satellites, qui a établi en 2015 une série de records en tout genre : 12 lancements réussis depuis le Centre Spatial Guyanais, 53 tonnes mises en orbite géostationnaire, un chiffre d'affaires supérieur à 1,4 milliard d'euros, des prises de commandes à hauteur de 2,5 milliards d'euros...

Bref, Stéphane Israël peut être un PDG heureux. D'autant plus qu'Arianespace va enfin entrer dans la galaxie d'Airbus Safran Launchers (ASL) en 2016, une fois le dossier traité par les autorités européenne de la concurrence. La filiale commune des groupes Airbus Group et Safran dans les lanceurs, va payer tout de suite "moins de 100 millions d'euros" comme prix plancher pour acquérir la participation que le CNES détient dans Arianespace (34,68 %). Au total, ASL pourrait débourser à terme jusqu'à "130 millions d'euros environ maximum" selon la clause d'earn-out négociée entre l'Etat et ASL.

Très bonne performance opérationnelle...

Sur le marché commercial, Arianespace, qui avait été contraint de partager en 2014 avec son meilleur ennemi SpaceX sa place de leader, a largement dominé la concurrence en 2015, reléguant la société californienne loin derrière. Ainsi la société européenne a lancé  53% des satellites commerciaux mis sur orbite en 2015 (10 sur un total de 19 satellites, dont un échec pour Proton).

La société a en outre mis sur orbite 11 satellites institutionnels  pour les besoins européens. Avec 6 Ariane 5, 3 Soyuz et 3 Vega, Arianespace "a tenu les engagements pris" début 2015 de lancer douze fois grâce à un système de lancement "mature", a souligné le PDG d'Arianespace. Dix des douze tirs de 2015 ont été réalisés le jour fixé. "On peut espérer un jour battre ce record de lancement", a estimé Stéphane Israël.

... et commerciale

Sur le plan commercial, Arianespace a fait également un carton. Stéphane Israël revendique une part de marché de 56%, les équipes commerciales d'Arianespace ayant remporté 14 contrats de lancement sur les 25 accessibles l'année dernière. SpaceX en a gagné neuf tandis que International Launch Services (ILS) avec Proton et United Launch Alliance (Boeing et Lockheed Martin), un chacun.

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Au total, Arianespace a capturé 33 nouveaux lancements en 2015 : 8 avec Ariane 5 pour 14 satellites géostationnaires, 21 avec Soyuz et, enfin, trois avec Vega. Ces nouveaux contrats portent la valeur du carnet de commandes à un niveau supérieur à 5,3 milliards d'euros et représentant 58 lancements pour 39 clients fin 2015 : 24 lancements Ariane 5, 25 lancements Soyuz et 9 lancements Vega. Arianespace est la seule société de lancements au monde portée autant par les commandes commerciale, a rappelé Stéphane Israël.

Deux nouveaux contrats en 2016

Le carnet de commande d'Arianespace s'est enrichi de deux nouveaux contrats gagnés début 2016. C'est déjà ça de pris alors que SpaceX revient très fort après son accident en juin 2015 et que ILS se montre extrêmement agressif sur les prix avec Proton. La société européenne lancera en 2020 avec Vega sur une orbite basse les satellites espions CERES (Capacité de Renseignement d'origine Electromagnétique Spatiale) pour le compte du CNES et de la direction générale de l'armement (DGA). A ce jour, seuls les États-Unis, la Russie et la Chine disposeraient de tels équipements ultra-perfectionnés qui vont permettre à la France de maîtriser les systèmes de télécoms et de radars ennemis.

Puis, Arianespace mettra sur orbite entre 2020 et 2022 les deux satellites de télécoms militaires français COMSAT NG (COMmunications par SATellites Nouvelle Génération). Les lancements seront effectués à bord de deux lanceurs Ariane 5. Ils remplaceront les satellites Syracuse 3A et Syracuse 3B actuellement en orbite et lancés respectivement en 2005 et 2006. Selon nos informations, le montant du programme s'élève à 3,8 milliards d'euros environ sur une période de 17 ans, dont 1 milliard d'euros pour la première tranche portant sur la construction des deux premiers satellites.

8 Ariane 5 en 2016

Cette année, Ariane 5 réalisera jusqu'à 8 lancements, dont deux lancements simples à prix réduit, l'un dès le 27 janvier pour l'opérateur Intelsat et l'autre dans les premiers jours de mars pour Eutelsat. Pourquoi des lancements simples avec Ariane 5? Parce que les deux opérateurs voulaient éviter tout retard et ne pouvaient donc pas attendre les deux petits satellites, qui n'étaient pas prêts.

En outre, et pour la première fois, une Ariane 5 ES placera en orbite 4 satellites Galileo, le programme de navigation de la Commission Européenne, dont les précédents satellites ont été lancés par Soyuz. Le déploiement de la constellation Galileo se poursuivra en 2017 et 2018 avec deux vols d'Ariane 5 (quatre satellites à chaque fois), et un vol Soyuz (deux).

Commercialisation d'Ariane 6 et Vega C dès 2016

Le lanceur russe accomplira une mission pour l'ESA et la Commission européenne, à travers le lancement du satellite Sentinel 1-B du programme Copernicus. Cette mission emportera également la charge utile Microscope pour le compte du CNES, ainsi que deux microsatellites pour l'ESA et pour la Norvège. Enfin, Vega emportera les satellites Skysat de Skybox imaging à l'été 2016 son premier vol avec des charges utiles entièrement commerciales. A la fin de l'année, une deuxième mission Vega sera consacrée au satellite turc d'observation de la terre Göktürk-1A. Au total, le chiffre d'affaires 2016 pourrait être supérieur à celui de 2015.

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Enfin, Arianespace compte commercialiser dès 2016 les futurs lanceurs Ariane 6, qui sera opérationnel en principe à partir de 2020, et Vega C en 2018 après une revue de ces programmes prévue à l'automne. Face à l'exploit technique de SpaceX, qui a ramené le premier étage de son lanceur Falcon 9 en décembre, Stéphane Israël a défendu mordicus le futur lanceur modulaire de l'Europe Ariane 6 censé être deux fois moins cher par rapport à Ariane 5. Il a d'ores et déjà créé un club des utilisateurs pour les futurs clients d'Ariane 6 et Vega C.

Michel Cabirol

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