Arianespace : l'Etat signe la vente de ses parts à Airbus et Safran

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Airbus et Safran pourraient débourser à terme jusqu'à 135 millions d'euros selon la clause d'earn-out négociée entre l'Etat et Airbus Safran Launchers pour la vente des 34 % d'Arianespace détenus par le CNES. Une opération décidée par François Hollande en juillet 2014
Airbus et Safran pourraient débourser à terme jusqu'à 135 millions d'euros selon la clause d'earn-out négociée entre l'Etat et Airbus Safran Launchers pour la vente des 34 % d'Arianespace détenus par le CNES. Une opération décidée par François Hollande en juillet 2014 (Crédits : © Zohra Bensemra / Reuters)
L'Etat et Airbus Safran Launchers (ASL) ont signé lundi l'accord portant sur la vente de la participation du CNES dans Arianespace.

L'Etat et Airbus Safran Launchers (ASL) ont signé lundi au salon aéronautique du Bourget l'accord sur la vente de la participation du CNES dans Arianespace. Soit un peu moins d'un an après la décision de François Hollande de confier le futur lanceur européen Ariane 6 - et Arianespace - aux industriels. Selon nos informations, ASL, la filiale commune des groupes Airbus Group et Safran dans les lanceurs, va payer tout de suite 90 millions d'euros comme prix plancher pour acquérir la participation que le CNES détient dans Arianespace (34,68 %). Au total, ASL pourrait débourser à terme jusqu'à 135 millions d'euros selon la clause d'earn-out négociée entre l'Etat et ASL. Cette clause permet d'indexer une partie du prix de la transaction sur les résultats futurs d'Arianespace.

L'Etat semble très confiant pour récupérer l'ensemble de cette somme ou presque même si Arianespace n'a jamais gagné beaucoup d'argent. En 2014, la société présidée par Stéphane Israël a renoué avec les bénéfices, avec un résultat net de 3 millions d'euros pour un chiffre d'affaires record de 1,4 milliard d'euros, en hausse de 41 % par rapport à 2013 (989 millions d'euros). La société de services de lancement va être certainement lourdement restructurée par ASL.

Manuel Valls confie les clés d'Arianespace à ASL

Entre un partenariat public-privé, qui avait fait ses preuves, et confier Arianespace au secteur privé, Manuel Valls a choisi la seconde solution. Le Premier ministre, qui a confié les clés d'Arianespace à ASL, a confirmé mercredi dernier "qu'Arianespace avait vocation à être contrôlée par la coentreprise Airbus Safran Launchers, via la cession des titres Arianespace détenus actuellement par le CNES", selon un communiqué de Matignon à l'issue d'une réunion avec les ministres en charge de la Recherche, de l'Industrie et de la Défense.

Les négociations devront associer "étroitement nos partenaires européens et les autres acteurs industriels de l'industrie spatiale française et européenne, avec l'objectif commun d'écrire une nouvelle page de l'histoire spatiale européenne". Puisse-t-elle être aussi glorieuse que les 40 dernières années... alors que le lanceur Ariane 6 traverse déjà une période de turbulences.

Une centaine de millions pour acheter Arianespace

Taux de change aidant, les industriels ont fait un effort financier pour mettre la main sur Arianespace. Alors qu'initialement ils considéraient que la société européenne de service de lancement valait zéro euro, ils sont prêts à mettre sur la table jusqu'à 135 millions d'euros maximum, selon une source proche du dossier. C'est le prix "politique" pour racheter la participation du CNES. Ils sont également prêts à payer une partie du coût des installations du Centre spatial guyanais (un peu plus de 25 millions d'euros par) alors qu'ils demandaient pourtant sa gratuité il y a peu de temps encore. Pour l'Etat, cette exigence devait être valorisée sur une très longue période. Ce qui aurait augmenté d'autant le prix d'Arianespace. Les industriels ont toutefois souhaité avoir des garanties sur une stabilité de cette contribution.

En revanche, les industriels ne voulaient pas payer la totalité des 800 millions d'euros qu'il manque pour le développement d'Ariane 6. Une somme que le PDG d'ASL Alain Charmeau avait réclamé fin janvier à l'Agence spatiale européenne (ESA) en demandant une hausse de la participation des Etats. Mais l'ESA avait confirmé aux Etats membres que le coût de développement du futur lanceur européen s'élevait à 3,215 milliards d'euros, et non à 4 milliards comme le souhaitaient les industriels dans son courrier adressé au directeur général de l'ESA, Jean-Jacques Dordain. Pour autant, ils sont prêts à prendre à leur charge la moitié des 800 millions qui pourraient être compensés par des économies. Mais pas question de payer la totalité. La signature définitive du contrat de développement d'Ariane 6 sera effective fin 2016 lors de la prochaine ministérielle.

Actionnariat salarié?

Dans le cadre de la poursuite des négociations engagées par l'Etat en vue de la cession des actions Arianespace détenues par le CNES, les salariés ont demandé que soit étudiée la possibilité d'une ouverture de l'actionnariat à leur intention, selon nos informations. Ils demanderaient 10% du capital d'Arianespace. Ce que refuseraient les industriels.

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Commentaires
a écrit le 16/06/2015 à 23:01 :
Le résultat du QE et ce n'est pas fini, on va finir avec les Grecs.
a écrit le 16/06/2015 à 16:23 :
Les différents gouvernements vendent l'argenterie de la maison faute de réformes ... EDF, les autoroutes, maintenant Airbus ... etc .... attendons les chambres d’hôtes à l’Élisée !
a écrit le 16/06/2015 à 14:03 :
C'est une erreur selon moi, Arianeespace devait garder son autonomie.
a écrit le 16/06/2015 à 12:58 :
quelque argent pour donner une sucette à notre fonction publique que le monde entier ne nous envie pas !

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