Armement : KNDS adapte sa production pour livrer plus de canons Caesar
Guillaume Fischer
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Devant le fleuron français de l’artillerie, le canon Caesar, François Bayrou a insisté sur le nouveau challenge pour l’industrie d’armement française : ajouter la quantité à la qualité et à l’innovation qui constituent son savoir-faire depuis 250 ans.
Le canonnier franco-allemand KNDS a multiplié par trois sa production depuis le début du conflit en Ukraine en 2022. En visite sur le site de Bourges (18) le 20 mars, François Bayrou a pu constater la montée en cadence du fabricant dont l’impact est significatif pour le territoire.
L'Europe, dont la France est l'un des piliers de la défense, compte bien prendre sa part à la résolution du conflit en Ukraine et montre ses muscles en se réarmant à marche forcée. La visite du Premier ministre François Bayrou, vendredi 20 mars, sur l'un des deux sites berruyers de KNDS France (ex-Nexter), fabricant du canon Caesar, visait avant tout à réaffirmer la détermination du gouvernement.
L'hôte de Matignon a pu constater concrètement la montée en cadence significative de l'usine de Bourges où les tubes de neuf mètres de long et d'un calibre de 155 mm sont produits. « Depuis 2023, le site a triplé sa production mensuelle, passant de deux pièces à six, voire huit si besoin, explique Stéphane Ferrandon, responsable industriel de l'usine. L'objectif est d'encore augmenter les cadences pour atteindre une douzaine de Caesar par mois ».
Six coups par minute
Le canon Caesar, dont 80 unités ont déjà été livrées à Kiev en 2023 et 2024, est particulièrement efficace sur le champ de bataille de l'est européen. D'une capacité de tir de six coups à la minute et d'une portée maximale de 42 kilomètres, il se recharge bien plus rapidement que ses principaux concurrents de 155 mm, l'obusier polonais AHS Krab et turc Zuzana.
Outre sa puissance et sa capacité de tir, l'agilité du Caesar constitue également un atout décisif en terme de vulnérabilité vis-à-vis des tirs de contre-batteries. Le canon est en effet monté sur un camion à six roues motrices, qui ne s'embourbe pas contrairement aux véhicules chenillés, et quitte très rapidement sa position. « De ce fait, le taux du Caesar détruits en Ukraine est de seulement 10%, a ainsi assuré Nicolas Chamussy, directeur général de KNDS France, à François Bayrou lors de la visite. Les pertes atteignent au contraire 30 à 35% en moyenne pour les autres modèles de canons équivalents ».
Pour KNDS France, la montée en puissance s'est également traduite par une hausse exponentielle de la production de poudre sur son site de la Chapelle-saint-Ursin situé dans l'agglomération de Bourges. Ainsi, la production d'obus, 100 000 unités en 2024, a triplé en trois ans. « Cette montée en cadence a également pour but de gagner en souveraineté sur ce plan, assure un porte-parole de KNDS France. La relance récente de la poudrerie Eurenco à Bergerac constitue la principale illustration de la volonté des pouvoirs publics de relocaliser cette filière en France ».
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