Séquence dense dans la coopération opérationnelle et capacitaire entre la France et l'Allemagne. La ministre des Armées Florence Parly et la ministre de la défense allemande Annegret Kramp-Karrenbauer évoqueront jeudi le futur avion et char de combat ainsi que le drone MALE européen.Tic-tac, tic-tac, tic-tac... Alors que des échéances électorales majeures approchent aussi bien en Allemagne (Bundestag en septembre 2021) qu'en France (présidentielle en avril 2022) avec son lot d'incertitudes, la ministre des Armées Florence Parly et la ministre de la défense allemande Annegret Kramp-Karrenbauer, qui sont aujourd'hui sur la base aérienne 105 d'Evreux en Normandie, puis à Manching, en Bavière, sur le site d'Airbus Defense and Space, tentent de verrouiller au maximum certains des projets cruciaux que Paris et Berlin ont lancé ces dernières années dans le domaine de l'armement. C'est le cas de trois grands programmes européens : le Système de combat aérien du futur (SCAF), le char du futur ou Main Ground Combat System (MGCS) et, enfin, le drone MALE appelé Eurodrone.
Un escadron franco-allemand de transport tactique
Avant d'évoquer ces programmes d'armement en Allemagne, Florence Parly et Annegret Kramp-Karrenbauer sont jeudi matin sur la base aérienne 105 d'Evreux, à l'occasion de la pose de la première pierre de l'escadron franco-allemand de transport tactique C-130J, intégrant pilotes, mécaniciens et appareils français et allemands. Soit un investissement de 110 millions d'euros par pays (infrastructures terminées fin 2021 et centre de formation livré en 2023)."Cette nouvelle unité complètera les capacités de transport aérien offertes par l'A400M dans la réalisation de l'ensemble du champ des missions opérationnelles de transport tactiques de chacune des deux armées de l'air", explique le ministère des Armées.
La France a déjà reçu ses 4 C130J. L'Allemagne recevra six appareils entre 2021 et 2024. Une fois atteinte sa pleine capacité, en 2024, cette "première unité opérationnelle mixte franco-allemande" disposera de 10 appareils et 260 personnes, explique-t-on au ministère français des Armées, qui revendique "un degré d'intégration inédit au niveau européen". Le pilote pourra être français sur un avion allemand ou inversement. Le commandant de l'escadron sera français, secondé par un Allemand. L'unité pourra être appelée à participer à des opérations extérieures, avec des règles d'engagement différentes pour chaque pays. "On peut imaginer que l'Allemagne autorise le déploiement de mécaniciens au Sahel mais qu'une intervention particulièrement dangereuse soit réalisée seulement par des pilotes français", explique-t-on.