Armement : la Serbie se rapproche fortement de la Russie

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Le système antiaérien de courte portée russe, le Pantsir-S1, sera livré à la Serbie début 2020
Le système antiaérien de courte portée russe, le Pantsir-S1, sera livré à la Serbie début 2020 (Crédits : Rosoboronexport)
Bombardée par l'OTAN en 1999, la Serbie confie sa défense aérienne à la Russie. Belgrade a acheté le système antiaérien de courte portée Pantsir-S1 et veut s'offrir le redoutable S-400.

Vingt-ans après les bombardements de l'OTAN contre Belgrade en mars 1999, l'exercice bouclier slave (Славянский щит) entre la Serbie et la Russie ainsi que l'acquisition du système sol-air de courte portée Pantsir-S1 (portée de 20 km) montrent un très net rapprochement entre les deux pays. Ces deux nouveaux événements "sonnent comme une revanche de la Serbie - et dans une certaine mesure de la Russie - sur l'OTAN", analyse un expert. Le président serbe Aleksandar Vucic a d'ailleurs proposé de baptiser ces appareils du nom de pilotes yougoslaves tués dans les combats contre l'OTAN en 1999. La Serbie avait également acheté cet été des systèmes de défense anti-aérienne à courte portée français Mistral 3 (MBDA). Après la Turquie, la Russie entend, quant à elle, consolider son emprise dans les Balkans.

Le Pantsir-S1 sera livré début 2020 mais d'ores et déjà le personnel serbe a été formé et a donc pu participer aux manœuvres bilatérales (23-20 octobre) pour parfaire leur formation. La première étape a eu lieu en septembre au Centre de formation et d'application au combat des forces aérospatiales russes de la région d'Astrakhan. Une formation en deux temps qui s'est bien passée puisque les Serbes ont abattu deux cibles le 25 octobre. C'est le premier déploiement à l'étranger du Pantsir-S1 par Moscou. La Serbie, qui veut également s'offrir le système anti-aérien russe S-400, est actuellement en train de moderniser un lot de MiG-29 (entre 6 et 10) cédés pour certains par la Biélorussie. Lors des bombardements de l'OTAN, un F-117 "furtif" avait été abattu par la défense sol-air, mais celle-ci n'avait pu empêcher les raids aériens sur ses troupes et sur Belgrade.

Renforcement de l'alliance serbo-russe

A l'évidence, Belgrade renforce son alliance avec Moscou en mettant l'accent sur la défense sol-air, une des capacités d'excellence de l'industrie d'armement russe, et clairement vue en Serbie comme une capacité de déni d'accès de son espace aérien. C'est d'ailleurs pour cela que les Serbes souhaitent acquérir une voire deux batteries de S-400, dont un système complet a été déployé sur la base aérienne serbe Batajnica dans le cadre des manœuvres serbo-russes. Leur acquisition est un principe décidé mais le budget fait défaut. "Cette position ne surprend pas puisque la Serbie avait déjà manifesté son intérêt pour le S-350 en 2013", rappelle cet expert.

Par ailleurs, la Russie négocie la vente à la Turquie de nouveaux systèmes S-400, dont un premier lot a été acheté par Ankara malgré les protestations de Washington, selon les déclarations à l'agence Interfax du chef de la société publique russe chargée des exportations d'armements, Rosoboronexport, Alexandre Mikheïev. Cette annonce est intervenue alors que la Russie et la Turquie affichent un rapprochement spectaculaire, dont le dernier exemple en date est l'accord conclu par les présidents Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, sur un retrait des forces kurdes du nord-est de la Syrie et le contrôle en commun d'une large partie de la frontière turco-syrienne.

La Turquie a commencé en juillet à recevoir des systèmes S-400 dans le cadre d'un contrat estimé à 2,5 milliards de dollars. "Ce contrat a été rempli avant les délais impartis", s'est félicité Alexandre Mikheïev, en marge du premier forum "Russie-Afrique" organisé à Sotchi (sud). Il a précisé que ces livraisons avaient nécessité l'envoi de 72 cargaisons par transport aérien. Ankara a acheté des S-400 russes malgré les protestations de Washington, qui estime notamment que ces armes ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l'OTAN, dont la Turquie est membre. En réaction, les Etats-Unis ont écarté la Turquie du programme de développement de l'avion de combat furtif américain F-35, en dépit des investissements importants d'Ankara dans ce projet. Les autorités turques et russes espèrent que les premiers S-400 turcs seront déployés au printemps 2020, une fois les militaires turcs formés à leur utilisation.

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Commentaires
a écrit le 06/11/2019 à 12:58 :
Poutine a un pied en Europe avec la Serbie Poutine le dictateur tranquille l Europe ré viens à la dictature très graves là pays avec les nasillons en 1940 Turquie iran tchèque finlandais Japon Italie regarde sur la carte en 2019 ?
a écrit le 05/11/2019 à 16:39 :
La France vas vendre des frégates lance missiles à la Grèce plus des avions F 35 furtif américain des sous-marins à la Grèce dont la Turquie elle est coincée avec les. S 400 une batterie des patriotes le F 35 peut porter une bombes 💣 atomiques Israël a la bombe atomique pro américaine ala guerre comme ala guerre erdogan vas la fermez
a écrit le 05/11/2019 à 14:41 :
>la Russie entend, quant à elle, consolider son emprise dans les Balkans

Il n'y a pas d'emprise de la Russie dans les Balkans. Au contraire, de moins en moins de politiciens la considèrent sérieusement y compris dans les pays traditionnellement favorables à la Russie. Ces dernières années il y a eu quelques "accidents diplomatiques", les vrais pro-russes s'y sont retrouvés dans... disons, dans des situations délicates. Je me permets de ne pas citer tous ces cas.
En plus, la "redoutabilité" de S-400 est exagérée.
Réponse de le 06/11/2019 à 9:30 :
"la redoutabilité de S-400 est exagérée"... la portée des nervis à la soldes du plus grand état terroriste du monde, les usa, aussi. Vos propos sans fondement n'ont aucune base, ni aucune valeur. Juste un propagandisme primaire à la solde des vrais ennemis de la civilisation, de la démocratie et de la liberté : les usa et leurs pitoyables nervis
a écrit le 05/11/2019 à 9:53 :
Il ont raison les serbes, avoir confiance à l'occident c'est comme avoir confiance au MAMBA noir, tu ne sais jamais quand il a t'attaquer.
a écrit le 05/11/2019 à 9:21 :
Il est normal que les Serbes se tournent intelligemment vers la Russie. Elle représente l'avenir et donc l'espoir. Les Serbes, qui ont bonne mémoire, se souviennent des exactions provoquées par les occidentaux qui n'en sont plus à un acte terroriste près. Et, avec raison, ils n'ont aucune envie d'acheter du matériel à la plus grande nation terroriste du monde qui a élevé le terrorisme au rang d'activité d'état (les usa), ni à ses pitoyables nervis serviles (dont la france). Intelligents, les Serbes. Eux au moins...
a écrit le 05/11/2019 à 1:20 :
Amen
a écrit le 04/11/2019 à 15:37 :
On lit souvent dans la presse plus ou moins spécialisée que le S400 est redoutable, incroyable, le meilleur du mieux... Mais sur quoi sont basés ces qualificatifs ? Qui a testé et validé les performances du S400 à part son concepteur et vendeur ?
Réponse de le 04/11/2019 à 23:29 :
Les USA refusent de fournir le F35 à la Turquie car elle va se procurer des S400, l'Arabie Saoudite a menacé le Qatar d'une action militaire si il achetait des S400 . Il y a certainement pas mal de propagande autour du matériel militaire russe mais ce qui est sûr c'est que concernant le S400, il n'y a pas que du bluff.
Réponse de le 05/11/2019 à 6:06 :
Patbdx, souvenez-vous que en 1960 un U2 américain avait été abatu par un missile sovietique SA2. Pendant la guerre israélo-arabe de 1973 le quart de l'aviation de l'état hebreux avait décimé en une semaine par les SAM6. Le S400, lointain descendant des systèmes précités est à coup sûr très efficace comparé au patriot americain dont les médiocres capacités ont été démontrées récemment lors de l'attaque d'aramco par les drones et missiles yéménites.
Réponse de le 05/11/2019 à 17:34 :
Vu comment les chancelleries occidentales hurlent au meurtre à chaque fois que la Russie livre des S-300 aux gens qui sont sur la liste des pays à bombarder (Iran, Syrie, Venezuela) et maintenant des S-400 (Turquie, Serbie, Arabie Saoudite), c'est qu'au minimum y a pas que les Russes qui croient que ça marche bien.

Vous noterez aussi l'hypocrisie qu'il y a à se plaindre de livraisons de systèmes qui ne sont pour la peine que défensifs par nature... C'est bien que quelque part les gens qui se plaignent considéraient l'option militaire contre ces pays dans un coin de leur tête.

On a entendu personne se plaindre des livraisons de S-400 à l'Algérie ou à la Chine, qui pourtant ne sont pas des pays plus soucieux des droits de leur populations ou moins menaçant pour leurs voisins, ni pour les S-300 Grecs/Chypriotes ou Slovènes (pays de l'OTAN et l'EU).

Le problème n'est pas que les russes vendent des armes à des pays de "notre bloc", ni même à des pays "dangereux"... le problème c'est bien qu'ils vendent des défenses anti-aérienne de bonne qualité à des gens contre lesquels nos dirigeants aime avoir une option bombardement dans un futur proche.
a écrit le 04/11/2019 à 13:09 :
Vous faites une erreur dans votre titre,la Serbie est et a été toujours proche de la Russie.De plus un état indépendant peut choisir les armes de défense lui convenant en efficacité et prix.Pourquoi acheter Américains? Si pas efficace.
Réponse de le 05/11/2019 à 1:31 :
C'est vrai elle a toujours eu un attrait pour le grand frère slave orthodoxe,, comme elle a eu pour modèle la France. Moins depuis les bombardements de 99.. Maintenant la Russie de Poutine représente l'espoir.
Les serbes n'oublient pas l'agresion de 99, les morts, les propagandes toujours activent en Occident, ni ce qui s'est passé sur leur terre sacrée du Kosovo et Metohie...
a écrit le 04/11/2019 à 13:02 :
Pendant ce temps la en Europe on discute......
a écrit le 04/11/2019 à 12:40 :
il y a de serieuses limitations a ces systemes, l'envoi de leurres (drones) peut facilement leur faire cracher leur venin (tres couteux et en faible quantité) à peu de frais.
Réponse de le 04/11/2019 à 13:28 :
Tous les systèmes ont leurs limites et leurs faiblesses. Et quand on voit la camelote hors de prix américaine ou européenne (et surtout française) on ne peut qu'approuver la juste, sensée et légitime décision de la Serbie. En regrattant qu'il n'y ait pas plus de pays européens qui aient le même bon sens. Acheter us ou européen juste pour payer une lamentable camelote au prix fort, avec des passations de marchés pour les moins douteuses et de la corruption généralisée, ce n'est pas franchement de la bonne gouvernance.

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