... DS, et Eric Trappier, président du GIFAS et PDG de Dassault Aviation.
C'est une étape décisive qui vient d'être franchie pour le système de combat aérien du futur (SCAF), un système de plateformes en réseau qui devrait voir le jour à l'horizon 2040 et dont la pièce maîtresse sera un nouvel avion de combat. Le 23 juin, ce programme stratégique européen majeur, lancé en 2017 par la France et l'Allemagne, rejointes par l'Espagne, a obtenu l'aval du Bundestag pour le financement de la phase de définition d'un démonstrateur, dite « 1B », qui porte sur la recherche et le développement technologique - sans toutefois que la commission des finances du Parlement allemand approuve la phase 2, celle de la conception d'un démonstrateur.
Un feu vert qui intervient dans un climat de négociations difficiles, sur fond d'intérêts divergents, en cette année électorale outre-Rhin, pour ce qui est de l'avancée de plusieurs programmes d'armement multilatéraux. Si le SCAF vient de sortir de l'impasse, en revanche, l'hélicoptère Tigre Mark 3 et le char du futur restent, pour l'heure, en suspens. Et la question des conditions nécessaires pour assurer une coopération multilatérale réussie en matière d'armement se pose plus que jamais...
Le PDG d'Airbus Helicopters Bruno Even le martèle : la clé du succès, c'est la volonté, tant opérationnelle que politique. « La coopération européenne crée des champions », rappelle le dirigeant du constructeur franco-allemand, dont l'enjeu du moment est la modernisation du Tigre au standard Mark 3, pour prolonger la vie de cet hélicoptère d'attaque à l'horizon 2050, avec des capacités additionnelles. « Il est essentiel que dès le départ, l'ensemble des utilisateurs soient alignés, sinon, cela crée diversité des configurations et complexité, avec des difficultés techniques et des coûts associés », pointe le dirigeant du constructeur né de la coopération européenne, il y a trente ans. « On parle de programmes de longue durée, que ce soit en développement, en production ou en support. Pour s'assurer qu'ils soient soutenus, y compris au point de vue budgétaire, il faut un alignement politique fort de l'ensemble des pays », affirme-t-il.
« Nous avons besoin d'un engagement réel des deux gouvernements », déclare pour sa part Frank Haun, directeur général du franco-allemand KNDS, maison mère de Nexter et de Krauss-Maffei Wegmann (KMW), qui planche sur le Main Ground Combat System (MGCS) - le char européen du futur. Un programme majeur de défense terrestre qui reste en attente de développement. Concrètement, « il faut un accord sur l'échange de technologies, les droits de propriété intellectuelle et, enfin, une discussion sur l'export d'armements. Ceci est à faire avant même le démarrage », poursuit le patron du groupe franco-allemand pour qui la coopération européenne en matière d'armement terrestre est un must : il faut des équipements similaires et communs pour plus d'efficacité sur les théâtres d'opérations. Et de réclamer « une impulsion gouvernementale plus forte ».