Atos : ambition à la baisse de l'Etat avec la seule nationalisation des supercalculateurs
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Stephane Mahe
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Nouveau rebondissement dans le dossier Atos. L'État est entré en négociations exclusives avec le groupe numérique pour l'acquisition potentielle de l'intégralité des activités Advanced computing, qui a réalisé un chiffre de 570 millions d'euros environ et emploie 2.500 personnes majoritairement en France. Il a déposé dimanche une offre d'une valeur d'entreprise de 500 millions d'euros qui pourrait s'élever jusqu'à 625 millions d'euros en incluant des compléments de prix. L'exclusivité de l'État, qui devra verser un paiement initial de 150 millions d'euros à Atos à la signature du la cession (Share Purchase Agreement), est accordée jusqu'au 31 mai prochain. C'est un changement de stratégie majeur de l'État, qui avait souhaité acquérir en avril dernier toutes les activités de Big Data & Cybersécurité (BDS) pour un montant de 700 millions d'euros.
Cette ambition de nationaliser BDS avait même été confirmée par l'État en juin. A ce titre, il avait déposé une offre non-engageante en vue de nationaliser cette activité qu'il jugeait souveraine. Et puis rien jusqu'au 7 octobre, date à laquelle Atos a annoncé l'expiration de l'offre non-engageante sur BDS du gouvernement français reçue le 14 juin dernier, et révisée le 30 septembre. A la suite de ce communiqué, Atos indiquait que les discussions portant sur l'acquisition potentielle par l'État français des activités de BDS (Advanced Computing, Mission-Critical Systems et Cybersecurity Products) se sont poursuivis jusqu'à ce nouveau coup de théâtre, qui marque clairement une nette baisse des ambitions de l'État.
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Pourtant, Atos reste toujours vendeur des activités Mission-Critical Systems et Cybersecurity Products. Le groupe a précisé qu'il « s'engagerait à lancer un processus de cession organisée pour ses activités Cybersecurity Products et Mission Critical Systems, lesquelles ont généré un chiffre d'affaires d'environ 340 millions d'euros en 2023 ». Thales et Airbus devraient logiquement se montrer très intéressés par ces deux activités de BDS, vendu finalement à la découpe. Cette filiale d'Atos a réalisé 1,42 milliard d'euros de chiffre d'affaires révisé en 2023. Le groupe parie sur croissance continue du chiffre d'affaires de BDS dans les années à venir, il devrait s'élever à hauteur de 1,53 milliard en 2024, puis 1,74 milliard en 2025, 1,94 milliard en 2026, et, enfin, 2,17 milliards en 2027.