Atos : Philippe Salle deviendra PDG en 2025
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Le groupe français aux 90.000 employés dans le monde, ex-fleuron de la tech, est endetté à hauteur de près de 5 milliards d'euros.
Stephane Mahe
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Le groupe français aux 90.000 employés dans le monde, ex-fleuron de la tech, est endetté à hauteur de près de 5 milliards d'euros.
Stephane Mahe
[Article publié le mardi 15 octobre 2024 à 08h31 et mis à jour à 16h18] Atos a choisi son nouveau président-directeur général. C'est Philippe Salle, jusqu'ici président du groupe spécialisé dans l'immobilier Emeria (anciennement Foncia), qui va désormais prendre les commandes de l'ancien fleuron français de la tech. Il a ainsi pris les rênes du Conseil d'administration depuis ce lundi et deviendra PDG dès le 1er février 2025, précise le communiqué de l'entreprise.
Cette « cooptation » sera néanmoins « soumise au vote des actionnaires lors de la prochaine Assemblée Générale annuelle », précise le groupe.
Du côté des élus syndicaux, la nouvelle a été diversement accueillie. « On espère avoir enfin quelqu'un qui trace une route industrielle, pas seulement une vision financière », a réagi Jérôme Loriot, secrétaire du Comité social et économique centrale d'Atos France. Pour sa part, Fabrice Lorioux, délégué syndical Unsa, « attend de voir » le projet que présentera le nouveau dirigeant, dont l'arrivée pourrait « rassurer les clients et les créanciers ».
Passé par de grandes entreprises (Total, McKinsey, Altran, Elior...), le nouveau dirigeant vient remplacer Jean-Pierre Mustier, qui a d'ailleurs promis une « transition harmonieuse ». Ce dernier continuera à exercer ses fonctions de directeur général jusqu'au 31 janvier « tout en conservant son mandat d'administrateur ». « Il assurera notamment le suivi et la bonne exécution du plan de sauvage accélérée indispensable au sauvetage du Groupe », est-il par ailleurs précisé.
En effet, Jean-Pierre Mustier avait pris les rênes d'Atos en juillet 2024 pour mener à bien le plan de restructuration négocié avec les créanciers. Le groupe français aux 90.000 employés dans le monde, ex-fleuron de la tech, est endetté à hauteur de près de 5 milliards d'euros et connaît depuis plusieurs années une période de déconfiture financière doublée d'une crise de gouvernance. Il a entamé en début d'année une période de restructuration sous l'égide de la spécialiste du sauvetage d'entreprises Hélène Bourbouloux.
Début septembre, ses créanciers, rejoints par les actionnaires, ont voté en faveur du plan de restructuration élaboré après l'abandon du rachat par l'actionnaire principal Onepoint et son dirigeant David Layani. Ce plan, qui est soumis ce mardi au tribunal de commerce de Nanterre, devrait aboutir à un allègement de la dette de 3 milliards d'euros. Il prévoit également une augmentation de capital et une dilution « massive » de la valeur des actions. Pour rappel, le cours de Bourse de l'entreprise, sortie du CAC 40 en septembre 2021, a chuté de 90% depuis le début de l'année et vaut désormais moins d'un euro. Mardi, le cours de Bourse prenait 3,06% à 0,69 euro vers 11h00, dans un marché en repli de 0,80%.
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Le nouveau PDG, Philippe Salle, va également participer à la restructuration du groupe, en investissant pas moins de 9 millions d'euros. « Cet investissement prendrait la forme d'une souscription à l'augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription, décidée dans le contexte du plan de sauvegarde accélérée, si les conditions de réalisation le permettent ; ou ensuite directement sur le marché », précise le communiqué.
Début octobre, le groupe a aussi annoncé une prolongation des négociations entamées avec l'Etat français sur le rachat de ses activités stratégiques, incluant notamment des supercalculateurs utilisés dans la dissuasion nucléaire. L'entreprise, qui a précisé avoir fait une nouvelle proposition à l'Etat, s'est empressée d'indiquer que cela n'aurait « aucun impact (...) sur le processus de restructuration financière en cours ».
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Atos a par ailleurs revu à la baisse ses objectifs pour la période 2024-2027, après les résultats catastrophiques du premier semestre. Il s'attend désormais à un chiffre d'affaires de 9,7 milliards d'euros en 2024, soit une baisse de 4% par rapport à 2023. La publication de ses résultats du 3e trimestre est prévue le 24 octobre.
(Avec agences)
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