ATR a vécu comme la plupart des autres avionneurs deux années difficiles en 2020 et 2021. Le constructeur d'avions régionaux turbopropulseurs franco-italien a perdu pour la deuxième année consécutive de l'argent. Après avoir logiquement plongé en 2020 (- 138 millions d'euros), année de l'irruption brutale de la Covid-19, ATR a de nouveau perdu de l'argent l'année dernière (48 millions d'euros). Le constructeur a réduit ses pertes grâce à la remontée de son chiffre d'affaires passant de 398 millions d'euros en 2020 à 707 millions en 2021. Un chiffre d'affaires boosté par l'augmentation des livraisons (de 10 livraisons en 2020 à 31 en 2021).
Pour autant, le constructeur a dans son ADN les bases de son rebond en ayant déjà des appareils économes en termes de consommation et en préparant l'avenir avec de nouveaux produits plus efficients. L'ATR 42-600 STOL (sur des pistes courtes) sera opérationnel en 2024. Un marché estimé à 150 à 200 appareils. Pourquoi le rebond commercial et économique d'ATR pourrait être pérenne.
"Nous avons constaté une nette tendance à la hausse en 2021, avec des signes positifs d'un marché en reprise", a estimé début février le directeur général Stefano Bortoli lors d'une conférence de presse sur les résultats commerciaux de 2021. Si la reprise est progressive, elle permet de "regarder l'avenir avec optimisme", a-t-il précisé. Il a rappelé que 85% des liaisons effectuées par des ATR-42 et ATR-72 sont des liaisons intérieures, les moins affectées par les restrictions sanitaires, et répondent à des services essentiels, desservant des aéroports qui ne peuvent l'être par des avions de ligne. La moitié des livraisons a été réalisée sur le seul quatrième trimestre. Mais "le chemin reste long pour revenir au niveau de 2019" quand l'avionneur avait livré 68 appareils. Au total, ATR vise "plus de 50 livraisons en 2024", avait expliqué Stefano Bortoli.