ATR lorgnait depuis longtemps le marché japonais, qui ne s'ouvrait pas vraiment au constructeur franco-italien de turbopropulseurs. Pourtant les appareils de l'avionneur basé à Toulouse semblent bien adaptés à ce marché spécifique, notamment pour relier les différents archipels. ATR a fait une entrée timide sur le marché japonais il y a six ans. Aujourd'hui, seulement 15 ATR sont exploités par trois compagnies (Amakusa Airline, Japan Air Commuter et HAC). Mais il semblerait qu'ATR ait enfin complètement forcé le verrou japonais. Après avoir séduit en 2021 à nouveau Japan Air Commuter (1 ATR 42-600) puis Toki Air, qui a signé une intention de commande pour opérer l'ATR 42-600S (décollage et atterrissage courts), ATR est passé au salon aéronautique de Farnborough à la vitesse supérieure en signant des intentions de commandes et des commandes avec deux nouvelles compagnies japonaises.
Le marché japonais "nous offre l'opportunité de vendre des ATR 42-600, en particulier des ATR 42-600 STOL, en vue de renouveler les flottes de SAAB 340 et Dash 8 de Bombardier. L'hypothèse d'un marché d'une centaine d'avions est confirmée sur un horizon plus lointain que prévu initialement (2025 initialement, ndlr)" avait expliqué le PDG d'ATR, Stefano Bortoli, dansune interview accordée à La Tribune le 8 février dernier.
Ainsi, le constructeur numéro un mondial d'avions régionaux a signé une lettre d'intention avec Feel Air Holdings, portant sur une commande pouvant aller jusqu'à 36 appareils. Nouvelle compagnie aérienne régionale japonaise créée dans le but de redynamiser les régions du Japon, Feel Air Holdings s'appuiera sur un modèle unique de franchise pour bâtir progressivement une famille de compagnies aériennes régionales qui couvriront différentes régions du pays. En outre, la compagnie aérieenne régionale japonaise ORC (Oriental Air Bridge), a commandé un ATR 42-600 afin de fournir une connectivité dans les régions de Nagasaki et Fukuoka dans le sud du Japon.