Nouveau patron (bientôt), nouveau cap et nouvelle vie pour Kinéis, qui se sépare de son PDG, Alexandre Tisserant, qui a porté à bout de bras ces six dernières années avec ses équipes de développeurs le projet d'une constellation française dédiée à l'IoT (internet des objets). « Rien n'a été facile pour Alexandre Tisserant chez Kineis », souffle-t-on à La Tribune. Le désormais ex-PDG de Kinéis peut toutefois partir l'esprit tranquille, fort du succès technique du déploiement en cours jusqu'ici réussi de la constellation en dépit de quelques difficultés logiques pour un tel projet. Si les cinq premiers ont connu quelques incidents mineurs, les 15 satellites en orbite aujourd'hui fonctionnent bien.
Seul bémol, Alexandre Tisserant, qui part avant le déploiement complet de la constellation éponyme et, donc, avant les deux derniers lancements (10 satellites sur les 25 que comptera Kinéis), aurait mérité de voir la fin du déploiement de Kinéis, un projet atypique à la française qu'il a mené à bien en dépit de l'arrivée des mégaconstellations comme Starlink, OneWeb et, bientôt, Kuiper. Comme les frères Galic chez Unseenlabs, Alexandre Tisserant restera à jamais un pionnier qui a su faire décoller et mettre en place le projet d'une constellation, qui peut vivre sur un marché de niche à côté des mégaconstellations. Il a également su lever 100 millions d'euros en 2020. Personne ne pourra lui enlever cette réussite...
Pourquoi ce départ maintenant ? Il semble que les actionnaires (32% CLS, 28% CNES, 4% Ifremer, 4% Thales...) et Alexandre Tisserant, essoré, semble-t-il, par les huit années de mises sous tensions inhérentes à ce type de projet (deux ans chez CLS à préparer le projet et six ans à la tête de Kinéis), ont convenu d'un commun accord d'une séparation à l'amiable en vue de lancer une nouvelle étape pour la constellation Kinéis. C'est dans ce cadre que les actionnaires ont jugé qu'il était préférable de changer de capitaine pour mettre à la barre un PDG ayant des compétences plus commerciales afin de vendre des services satellitaires. Cruel mais classique dans ce type de startup, qui doit prendre son envol commercial. Car Kinéis est arrivé à la fin d'un cycle, celui de la construction de son infrastructure de connectivité, notamment spatiale.