Kinéis, ce nouvel acteur du New Space français, qui monte, qui monte...

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Kinéis propose une connectivité universelle, y compris dans des zones très isolées
Kinéis propose une connectivité universelle, y compris dans des zones très isolées (Crédits : CLS)
Même pas un an d'existence et Kinéis, start-up spécialisée dans l'IoT spatial, cartonne sur le plan commercial. Il est vrai qu'elle est soutenue par des parrains solides, le CNES et CLS.

Le nouvel acteur français du New Space Kinéis semble être né sous une bonne étoile. Créé seulement en juillet dernier par la PME toulousaine CLS (Collecte Localisation Satellites) et le CNES et spécialisé dans l'internet des objet (IoT) spatial, il a déjà su séduire de très gros clients. Le directeur général de Kinéis Alexandre Tisserand a annoncé ce lundi la signature de deux grands partenariats stratégiques. L'un avec Objenious by Bouygues Telecom, opérateur terrestre IoT membre fondateur de la Lora Alliance®, Styckr concepteur de systèmes embarqués IoT ainsi que Wisebatt, plateforme unique de prototypage pour l'IoT. L'autre avec la Wize Alliance, qui rassemble des opérateurs publics ou privés, des fabricants d'objets connectés et de composants électroniques, des intégrateurs, des start-ups ou encore des universitaires. Suez, GRDF et Sagemcom ou encore Accenture en font partie.

"Grâce au partenariat signé avec Kinéis, Objenious by Bouygues Telecom se positionne comme opérateur IoT global. Les synergies entre les réseaux satellitaires et terrestres nous permettront de proposer une offre de couverture mondiale à tous nos partenaires et clients pour leurs objets connectés joignables partout, à tout moment et au meilleur coût", a expliqué Philippe Cola, architecte IoT chez Bouygues Telecom, cité dans le communiqué.

Un enjeu commerciale de taille

En attendant la constellation de 25 nanosatellites baptisée elle aussi Kinéis, qui multipliera par 100 la capacité de cette start-up, elle opère déjà le système Argos grâce à des charges utiles à bord de sept satellites opérationnels, et d'un autre supplémentaire à venir cette année. Le service est donc disponible. C'est d'ailleurs ce qui a séduit Suez, qui a besoin d'une connectivité spatiale pour exploiter 10% de ses compteurs d'eau non couverts par les réseaux terrestres. "Notre service est rentable", précise Alexandre Tisserand.

Kinéis propose une connectivité universelle, y compris dans des zones très isolées. Ainsi, tous les objets mobiles à l'échelle mondiale traversant des zones actuellement démunies de couverture par des infrastructures terrestres pourront être connectés grâce à une connectivité hybride entre réseau satellite et réseau-terrestre. L'enjeu commercial est de taille. Car à l'horizon 2030, le nombre d'objets connectés dans le monde dépassera les 30 milliards. Et Kinéis veut sa part du gâteau. Enfin, les services de Kinéis intéressent fortement l'armée française pour ses capacités AIS (système automatique d'identification).

Une constellation prête à décoller

La constellation Kinéis est également sur la rampe de lancement ou presque. La start-up confirmé le choix de Thales Alenia Space (charges utiles) et Hemeria (plateformes et intégration) pour fabriquer sa constellation de 25 nanosatellites. Initialement, le projet ne prévoyait que 20 nanosatellites. En outre, Kinéis, avec le support du CNES, assurera la maîtrise d'œuvre du système, qui avait été d'abord confiée à Thales. La constellation sera opérationnelle en 2022 et aura une durée de vie de huit ans (au lieu de cinq ans initialement). Des discussions sont en cours pour déterminer comment elle sera mise sur orbite (lancement en tant que passager ou lancement dédié à Kinéis?). Tout dépendra du prix et des propositions techniques, notamment de la capacité de la mise à poste des nanosatellites.

Enfin, selon nos informations, Kinéis a déjà trouvé 80 millions d''euros de cash environ pour financer sa constellation, outre l'appui apporté par CLS et le CNES. Cette opération a été confiée à la banque privée Edmond de Rothschild. Il lui reste encore à trouver 20 millions d'euros pour boucler le projet. Il serait surprenant qu'avec l'annonce de ces partenariats stratégiques, l'intérêt de l'armée française et le soutien du CNES, la constellation Kinéis ne trouve plus d'investisseurs. Kinéis est né vraiment sous une bonne étoile.

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Commentaires
a écrit le 18/06/2019 à 2:08 :
Beau projet....qui va un peu plus mettre du plomb dans l aile au business model calamiteux de sigfox...qui claironne et claironne .... cependant je ne crois pas à ces verticales...le NB iot et 5G surtout arrive avec des offres low cost et low power et long range n en déplaisent aux dogmes du LPWAN & consorts...DOA (dead on arrival)

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