Aviation de combat : le Canada devrait lancer un appel d'offres au printemps 2019

 |   |  649  mots
Le Canada va remplacer toute sa flotte de vieux F-18 entre 2025 et 2031
Le Canada va remplacer toute sa flotte de vieux F-18 entre 2025 et 2031 (Crédits : Boeing)
Le Canada doit lancer au printemps 2019 un appel d'offres pour l'acquisition de 88 avions de combat. Il sera adressé aux cinq constructeurs de quatre pays sélectionnés en février dernier : Boeing, Lockheed Martin, Dassault Aviation, Airbus Defense and Space et Saab AB.

Le dossier de renouvellement de la flotte d'avions de combat canadiens arrive bientôt dans sa phase cruciale. Le Canada doit lancer au printemps 2019 un appel d'offres (RFP) pour l'acquisition de 88 avions de combat. Il sera adressé aux cinq constructeurs de quatre pays sélectionnés par Ottawa en février dernier : Boeing ainsi que Lockheed Martin associé à Pratt and Whitney (Etats-Unis), Dassault Aviation (avec Thales DMS France, Thales Canada, et Safran Aircraft Engines), Airbus Defense and Space (Grande-Bretagne) et Saab AB (Suède). Le vainqueur de la compétition, qui devra livrer le premier appareil en 2025 et les derniers en 2031, sera désigné fin 2021, début 2022.

"Il y a trois ans, nous nous trouvions dans une impasse avec ce processus, a rappelé jeudi dernier la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement et de l'Accessibilité Carla Qualtrough. Aujourd'hui, je suis heureuse de vous apprendre que cette entreprise ambitieuse a repris son élan"En novembre 2016, le Canada avait lancé un appel d'offres afin de moderniser sa flotte de combat tout en restant partenaire du programme F-35 de Lockheed Martin. Une décision qui allait à l'encontre de la promesse du gouvernement canadien faite en 2010 d'acquérir 65 F-35. Une intention d'achat qui n'a pas résisté à l'inflation des prix du F-35.

Des F-18 d'occasion pour faire la jonction

Où en est-on aujourd'hui? Après avoir lancé le processus en décembre 2017, puis désigné les constructeurs admissibles en février, Ottawa a remis la semaine dernière un projet d'appel d'offres aux six avionneurs. Ces derniers disposent d'un délai d'environ huit semaines pour envoyer leurs commentaires, qui seront utilisés par le Canada en vue de peaufiner et finaliser l'appel d'offres (RFP, Request for proposal). Une fois le document envoyé aux six constructeurs, ces derniers enverront leur proposition initiale au Canada à l'hiver 2019-2020. Ensuite, elles seront évaluées entre 2020 et 2021 et pourront faire l'objet d'une négociation si nécessaire.

"Nous travaillerons avec les fournisseurs, au cours des mois à venir, sur cette ébauche, a expliqué Carla Qualtrough. La demande de propositions officielle sera distribuée aux fournisseurs admissibles le printemps prochain".

En attendant la livraison du premier avion de combat en 2025, Ottawa travaille avec le gouvernement australien pour acheter 18 F-18 d'occasion et les pièces de rechange associées de la Royal Australian Air Force pour renforcer la flotte existante. "Nous prévoyons recevoir les deux premiers avions en 2019", a affirmé Carla Qualtrough. Initialement, le Canada avait prévu d'acheter des F-18 neufs à Boeing. Mais en décembre 2017, la ministre des Services publics a annoncé que le Canada n'a "pas l'intention de donner suite à l'offre du gouvernement américain pour des Super Hornet". Un contrat évalué à plus de 5 milliards de dollars qui passe sous le nez de Boeing en raison de la  multiplication des conflits commerciaux avec les États-Unis.

Des retombées technologiques et industrielles pour le Canada

La nouvelle politique du Canada en matière de retombées industrielles et technologiques exige des groupes se voyant attribuer une commande dans la défense qu'ils investissent localement un montant égal à la valeur du contrat. Elle s'appliquera à l'appel d'offres des avions de combat. Les soumissionnaires seront donc invités à présenter leur meilleure proposition de valeur pour le Canada. Car ce critère a une influence directe sur le choix du vainqueur. À l'heure où le Canada amorce une période d'investissements importants dans la défense, le gouvernement a fixé une cible très ambitieuse de retombées économiques pour le pays. Il vise une augmentation de 40 % sur une période de dix ans des revenus de l'industrie de la défense canadienne.

Les propositions seront également évaluées en fonction des coûts et des exigences techniques. Elles seront par ailleurs assorties d'une évaluation de l'incidence globale des soumissionnaires sur les intérêts économiques du Canada. Quel constructeur se rapprochera le plus d'un avion de combat "Made in Canada"?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/11/2018 à 15:33 :
Les jeux sont ils déjà faits?, je pense que pour les gb et la suède c' est de la figuration ...et peut etre pour la France pour donner le change..
à suivre
a écrit le 05/11/2018 à 16:39 :
F-18, rafale, F-16 tous ces avions n’ont plus grand-chose à offrir par rapport au F-35. Ces ‘concurrents’ ne sont pas furtifs et même s’ils sont plus éprouvés, ils ne feront pas illusion face aux nouveaux SAMs. Que leurs reste-t-il ? Le prix ? Même pas, tous les chasseurs se négocient autour de 100 M. Les performances classiques ? On a beaucoup critiqué le F-35 à ce sujet et après avoir coupé dans le brouillard propagandiste et nationaliste, on s’aperçoit que le F-35 est loin d’être à la traine.
a écrit le 04/11/2018 à 12:32 :
Mr. Cabirol, Airbus Defence & Space, Grande Bretagne? Vous essayez de désinformer encore? Ça commence à être ridicule..
Cordialement.
a écrit le 03/11/2018 à 23:40 :
C'est une sélection politique. Car les meilleurs sont russes, avec beaucoup d'expérience.
a écrit le 03/11/2018 à 10:06 :
Dans tous les cas je crois que les carte sont truquer au profit des usa .... Car le Canada reste un marcher purement americain .... Mais bon pourquoi pas faire une offre , Apres touts chaqu un fera comme bon lui semble ....
Personnellement je crois que le F35 est une des plus belle escrocrie , financer par les pays tirée , ils reste un moyen de pression importànt des usa dàns se monde instable....
Nous devons impérativement develloper une defense europeenne commune avec les pays de notre union qui souhaite quitter le dictat des USA ....
a écrit le 03/11/2018 à 5:31 :
Le choix logique du Canada en matière de chasseurs est le LockheedMartin F-35A Lightning II, tout comme pour le futur tanker, le Boeing KC-46A Pegasus, pour l'avion d patrouille maritime, le Boeing P-8A Poseidon. Les militaires canadiens sont proches de ceux des États-Unis, comme l'économie canadienne en général et les industries aérospatiale et militaire du Canada sont intégrées à celle des États-Unis. Et cela est très bien ainsi.
a écrit le 02/11/2018 à 22:52 :
La version la plus évoluée du lockheed martin f-16 exposé dernièrement au Marrakech air show ?
a écrit le 02/11/2018 à 22:44 :
Pourquoi envoyer la demande à Lockheed Martin puisqu'ils ne veulent plus du F35 ?

Avec le précédent des frégates .... méfiance.
a écrit le 02/11/2018 à 14:08 :
Est ce que l'appel d'offre n'est pas aussi pipé que celui de la Belgique ?
Est ce qu'au final, ce n'est pas toujours les US (et le F35) qui gagne ? (même si l'avion ne marche pas et coûte une fortune...)
a écrit le 02/11/2018 à 13:50 :
Dassault pourrait proposer au canada de participer à l'FCAS en échange. Pourquoi limiter le projet au cadre euro-europeen ? Après tout le canada a montré autant de compétences que l'allemagne avec le CS100. Et puis Dans le passé le canada a negocié une participation au developpement du Tornado. Autre exemple: l'A400M, un programme militaire où Personne n'a vu d'inconvénients à la participation de L'afrique du sud.
a écrit le 02/11/2018 à 12:38 :
Logiquement, une condition indispensable sera d'être interopérable avec le F35, pour que les deux avions puissent opérer côte à côte.

Autant dire que même si pour le principe il y a un appel d'offre, le résultat est joué d'avance. Les 4 autres ne sont là que pour faire baisser le prix final. Après l'appareil acheté ne sera pas le F35 puisque trop cher, mais sans doute une version modernisée d'un appareil existant, qui intégrera une partie du système d'arme du F35 pour être mis à niveau.

L'autre enjeu, c'est effectivement pour le gouvernement canadien de disposer d'un "otage" à monnayer dans le cadre des conflits commerciaux actuels avec les Etats-Unis. Ce n'est sans doute pas le but de départ, mais ça jouera forcément ce rôle à un moment.
a écrit le 02/11/2018 à 10:49 :
Investir au Canada pour un montant équivalent à la facture me parait "difficile" pour Dassault...
Par contre, pour Airbus, si le groupe peut inclure les investissements pour l'aviation civile...
Les canadiens seront-ils plus europhiles que les Belges ? En tout cas, le ressentiment envers Trump peut faire pencher la balance !
a écrit le 02/11/2018 à 10:33 :
Les quatre autres constructeurs ne sont sélectionnés que pour faire baisser le prix des F35 de Lockheed Martin.
Réponse de le 02/11/2018 à 13:40 :
Comme la belgique pour les 600M$ de ristourne
Réponse de le 02/11/2018 à 13:40 :
Comme la belgique pour les 600M$ de ristourne
a écrit le 02/11/2018 à 10:23 :
Pour Dassault, c'est cuit. Investir l'equivalent de la facture, sans commentaires.....
Réponse de le 02/11/2018 à 12:18 :
@ matin calmes

Entièrement d' accord, idem pour les autres...Pour les Us transfere de technologie du F35 , c' est chaud .
a écrit le 02/11/2018 à 8:57 :
Non Sujet : Perdu par avance pour FR et EUR.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :