B 737 MAX : les modifications de Boeing retoquées par la FAA

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(Crédits : Matt McKnight)
La Federal Administration Agency (FAA) ne valide pas les modifications apportées aux B 737 MAX et s'attend à recevoir les correctifs dans "les prochaines semaines".

Coup dur pour Boeing. Les modifications apportées à son système de stabilisation des vols du 737 MAX, le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System), n'ont pas été approuvées par la Federal Administration Agency (FAA), la direction de l'aviation civile américaine.

La FAA n'est pas satisfaite

Pour rappel, ce système anti-décrochage est mis en cause dans la catastrophe de la compagnie éthiopienne le 10 mars dernier, laquelle présente selon les enquêteurs éthiopiens des similitudes avec celle du transporteur indonésien Lion Air en octobre. Dans les deux cas, un avion flambant neuf s'est écrasé peu après le décollage après avoir connu des montées et des descentes irrégulières lors de la phase de montée. Ces deux accidents ont fait 346 victimes.

Voulant s'assurer que ces modifications "répondent correctement aux problématiques" en jeu, "la FAA ne va pas approuver le logiciel pour déploiement tant que l'agence n'est pas satisfaite" de la mise à jour qui lui est soumise, a-t-elle annoncé ce lundi dans un communiqué. Un revers pour Boeing qui avait annoncé le 27 mars avoir finalisé les modifications du MCAS et se disait prêt à travailler avec les régulateurs pour obtenir leur autorisation afin de le déployer dans les 737 MAX cloués au sol depuis mi-mars.

La reprise des vols n'est pas pour demain

"Il faut du temps pour effectuer du travail supplémentaire", a ajouté la FAA, qui dit attendre maintenant de recevoir le correctif de Boeing dans les "prochaines semaines".

"Nous allons adopter une approche méthodique pour développer et tester la mise à jour pour nous assurer que nous prenons le temps nécessaire pour la mener à bien", a indiqué un porte-parole de Boeing, après le communiqué de la FAA.

Pression sur la production

La décision de la FAA accentue la pression sur le stockage des avions neufs qui sortent des usines de Renton pratiquement au rythme de deux avions par jour. Pour tenir ses objectifs de livraisons, Boeing a en effet décidé de continuer à assembler les avions et d'introduire la solution à ses problèmes une fois qu'ils auront été clairement identifiés et que la façon de les résoudre soit validée. Si l'interruption des livraisons devait durer, la question d'un arrêt de la production finira par se poser. Avec des conséquences sociales.

En demandant à Boeing de revoir sa copie, la FAA évite une situation pour le moins paradoxale. Même si l'examen des boîtes noires du B737 MAX d'Ethiopian a fait état de similitudes avec l'accident de Lion Air, il aurait été en effet curieux d'autoriser la reprise des vols de l'avion avant même la publication par les autorités éthiopiennes du pré-rapport sur l'accident d'Ethiopian Airlines. Celui-ci devrait être finalisé cette semaine. ll n'est pas encore établi s'il sera immédiatement rendu public ou si, dans un premier temps, il sera transmis seulement aux autorités, parmi lesquelles la FAA.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2019 à 9:12 :
Ah la FAA se réveille enfin…. Boeing a bien tenté un bel enrobage la semaine dernière, style grand show TV, devant des pilotes de ligne majoritairement américains, pour présenter sa mise à jour style update de windows. Là devant de vrais ingénieurs et de vrais pilotes d'essais, qui vont apparemment conduire une vraie campagne d'essais, ça va être un peu plus dur. Et encore plus dans les autres pays (France, Canada, Chine, Allemagne, Russie) qui disposent d'une vraie industrie aéronautique et de vraies autorités de certification.

Seule solution, remettre les anciens moteurs sur les dizaines de fuselages de Boeing 737 actuellement en construction, et en faire des 737 de la génération précédente qui marchaient pas trop mal (enfin, pas trop quand même, voir les crashs de Rostov sur le Don et de Kazan - tiens au fait, où sont les rapports de ces deux accidents déjà anciens) Et pour info leurs 777 se plantent aussi : San Francisco / Asiana, le pilote automatique ne tient même pas la vitesse en descente, en mode tenue de vitesse justement (?) - et Dubaï / Emirates, la remise de gaz inhibée au mauvais moment, que la plupart des pilotes n'étaient pas au courant - et là aussi, plus de deux ans après, où est le rapport ?) Si des journalistes veulent chercher un peu, il y a de beaux sujets ....
a écrit le 02/04/2019 à 19:47 :
La FAA était mis en accusation pour avoir laissé aux ingénieurs de Boeing le rôle de contrôleur. La FAA aujourd'hui doit montrer quelle est un vrai bureau de contrôle indépendant avec les moyens qu'il faut. Boeing a du souci à se faire face à cette situation qu'elle a plus ou moins voulu pour concurrencer Airbus sur ce type d'appareil. Reste un autre sujet les enquêtes sur Airbus, les autorités américaines infligeront elles une forte amende à Airbus si Boeing perd trop d'argent dans l'affaire des 737 on peut le craindre.
a écrit le 02/04/2019 à 19:00 :
La précipitation n'est pas de mise, on doit bien cela aux victimes.
Il faut espérer que Airbus suit ce dossier, et qu'il en tire aussi des leçons pour ses systèmes de navigation qui de mémoire n'ont pas toujours été jugés simples de prise en mains.
Il semblerait que boeing demandait plusieurs manipulations en chaîne pour rétablir l'avion alors que les pilotes ne disposaient que d'un temps infime avant la chute finale!
Un cauchemar!
a écrit le 02/04/2019 à 18:11 :
Bonne réaction de la FAA, mais qui comprend un peu tard son erreur initiale, d’avoir laissé la maîtrise des essais certificateurs au constructeur BOEING.
a écrit le 02/04/2019 à 12:23 :
Tout cela ressemble fort à un story telling bien orchestré pour nous laisser entendre que cette fois ci, vous allez voir ce que vous allez voir, on va être sérieux !

Le tout dans un temps minimal.... donc il s'agit d'enchaîner les étapes rapidement.

Il n'y a pourtant aucun doute que FAA et Boeing continuent d'avoir partie liée... et on peut en revanche douter que l'autorité Chinoise fasse des cadeaux à Boeing sauf à ce que Trump en rabatte sur la guerre commerciale... ! Si la Chine refuse de remettre le 737 en vol, il y a bien une quinzaine de pays qui va les suivre et autant dire que le 737 restera par terre dans une bonne partie du monde.
Réponse de le 02/04/2019 à 13:23 :
Bonjour .
- votre réflexion est assez courte et peu objective ! J ai passé 38 ans dans le transport aérien ! Le constructeur travaillera sur ce 37 MAX avec les régulateurs associés. Les
opérateurs sont pénalisés .
Il fait attendre les essais et validation. Ne tirez pas à boulets rouges dans tous les sens . La technique ! Cv est du sérieux . Il y a eu manquement de BOEING ( Tech com formation ) laissez le constructeur . Tout le monde en connaît les conséquences ( lion et ET )
Réponse de le 02/04/2019 à 13:57 :
@Max
Nul doute que vous soyez de bonne foi mais sur la question du sérieux de la technique, il semble que Boeing se soit un peu manqué lors des premières certifications...
Je pense comme Max que ce cette histoire est juste le déroulé d'un scénario écrit par la prod chez Boeing. L'histoire montre que ce sont toujours les impératifs économiques qui l'emportent.
Je pose une question: et si, dans quelques mois, après ces patchs logiciels, un nouvel avion 737Maxx s'écrase, on dit quoi ?
Réponse de le 02/04/2019 à 18:41 :
@tm6 & Frank
Je suis plutôt de l'avis de Max. Je pense que Boeing a tout intérêt a aller vite mais à ne surtout pas faire d'erreur pour clore au plus vite le dossier. La FAA n'a sans doute pas les mêmes objectifs puisqu'elle doit au contraire montrer qu'elle n'agit pas dans la précipitation et prend le temps d'analyse le cas d'Ethiopan (comme le dit d'ailleurs l'auteur de l'article).
La rapidité avec laquelle Boeing propose une solution est par contre étonnant. Soit ils sont hyper-réactifs, soit ils avaient déjà une idée de où trouver le problème. Un tel programme ne doit pas contenir 10 lignes de codage.
a écrit le 02/04/2019 à 12:18 :
Un bidouillage logiciel ne réglera en rien les problèmes de fond.
Cet avion a été construit en urgence, extrapolé à partir d'un modèle existant, parce que la concurrence avait pris beaucoup d'avance.
Un avion, ce n'est (normalement) pas un baril de lessive, un produit vaisselle où, pour les faire vendre on ajoute "Plus", "Maxi", "Max".…
En général, ces produits boostés au marketing sont de qualité médiocre, dont les prix sont tirés vers le bas pour répondre à la concurrence.
Pour un avion, le résultat est là !
2 avions neuf détruits et des centaines de passagers décédés.
Boeing va avoir du mal à se relever,
mais l'État US veille et le prochain coup tordu sera en direction d'Airbus. Un coup politico-juridico-financier. Le tapis vert des US en somme.
Réponse de le 02/04/2019 à 16:41 :
@Valbel89
Vous balancez des généralités et tirez des conclusions hâtives.
"Un bidouillage logiciel ne réglera en rien les problèmes de fond" = qu'en savez-vous? On peut faire faire beaucoup de choses aux ordinateurs d'avions.

"Cet avion a été construit en urgence, extrapolé à partir d'un modèle existant"
Comme l'Airbus A320 NEO en somme.

"Un avion, ce n'est (normalement) pas un baril de lessive, un produit vaisselle où, pour les faire vendre on ajoute "Plus", "Maxi", "Max".…"
Ah bon?

"En général, ces produits boostés au marketing sont de qualité médiocre, dont les prix sont tirés vers le bas pour répondre à la concurrence."
Que dire des produits Apple? C'est booster aux marketing pour tirer les prix vers le haut, votre raisonnement ne tient pas.

"Boeing va avoir du mal à se relever"
Sans blague
a écrit le 02/04/2019 à 10:20 :
En effet, précipitation et problème de méthodologie qui mettent en cause la réputation de la FAA et de Boeing
Tous les avions cloués au sol vont couter cher à Boeing en indemnités contractuelles... d'après mes souvenirs, c'est 100.000 $ / jour / AOG ( aircraft on ground ).
Réponse de le 02/04/2019 à 16:45 :
100 000 * le nombre d'avion déjà livrés * les jours immobilisés> Ca fait une belle somme..
Mais le pire reste à venir car si la FAA refuse les nouvelle certifications et demandent une modification partielle de l'avion alors je ne vous raconte pas la catastrophe industrielle.
Et comme Boeing produit environ 2 737 MAx par jour et qu'une bonne partie de la somme est encaissé le jour de la livraison, imaginez le manque à gagner, et tout les fournisseurs, salariés qu'il faudra continuer à payer...

Sans parler des compagnies clientes du B737 Max qui vont avoir un mal fou à remplir leurs avions , ils vont être obligés d'appliquer des tarifs Ryanair pour tenter de convaincre le chaland comme Beta testeur.

Bref, les ennuies ne font que commencer
a écrit le 02/04/2019 à 10:20 :
les dizaines d' hectares nécessaires au stockage des 737Max vont se transformer en milliers...
a écrit le 02/04/2019 à 9:15 :
Ah ben tiens, étrange ils ont l'air de suite plus rigoureux à la FAA !

J'espère que les corrompus qui ont provoqué ces accidents vont tous êtres condamnés et que cela va couter des milliards de dommages et intérêts à boeing.

Quel scandale cette histoire.

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