Tel un bulldozer, Thierry Breton a tout emporté - quitte à froisser certaines susceptibilités à Bruxelles et dans certaines capitales européennes - pour imposer la constellation IRIS² à l'Union européenne. En seulement un an. Ce tour de force incroyable permettra aux États membres de l'Union européenne (UE) « un accès garanti à une communication ultra sécurisée, globale, autonome et qui réponde à leurs besoins opérationnels », a rappelé lundi dans la soirée le commissaire européen pour le marché intérieur au Parlement européen à Strasbourg, qui a massivement voté en faveur de ce programme souverain (603 pour, 6 contre, 39 abstention). Cette constellation est principalement dédiée à des usages gouvernementaux (services publics), notamment dans la sécurité et la défense.
Et Thierry Breton n'a pas l'intention de souffler. Il veut continuer à aller vite. Au pas de charge. Il compte lancer le principal d'offres d'ici à un mois « pour pouvoir avancer vite ». Le commissaire envisage la mise en service des services initiaux dès 2024, puis avoir des services complets en 2027. Le programme IRIS² vise le déploiement de 170 satellites en orbite basse entre 2025 et 2027. L'UE prévoit de le financer à hauteur de 2,4 milliards d'euros, l'ESA apportant de son côté 750 millions d'euros. En outre, IRIS² sera construite sur la base d'un partenariat public privé. « On va ouvrir cette possibilité à un ou plusieurs partenaires », a expliqué Thierry Breton.