CMI, ce groupe belge qui rêve de s'offrir Renault Trucks Defense

En dépit d'un veto du ministère de la Défense français, CMI Defence a exprimé son intérêt auprès de Volvo pour le rachat de Renault Trucks Defense, selon nos informations.
Michel Cabirol

3 mn

Le groupe belge CMI, spécialisé dans les tourelles de véhicules blindés et la fabrication de canons (90, 105, 120 mm), veut racheter Renault Trucks Defense.
Le groupe belge CMI, spécialisé dans les tourelles de véhicules blindés et la fabrication de canons (90, 105, 120 mm), veut racheter Renault Trucks Defense. (Crédits : CMI)

Et si finalement la partie était loin d'être gagnée pour le groupe franco-allemand KNDS dans le dossier de reprise de Renault Trucks Defense (RTD). Le favori du ministère de la Défense, KNDS (KMW Nexter Defense Systems), devra donc se montrer convaincant auprès du vendeur Volvo face à un prétendant inattendu, le groupe belge CMI, spécialisé entre autre dans les tourelles de véhicules blindés et la fabrication de canons (90, 105, 120 mm). Au total, le groupe présent dans la sidérurgie, l'énergie, l'environnement, les services et la défense, a réalisé environ 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2016, dont la moitié dans l'armement terrestre (CMI Defence).

Présidé par le Français Bernard Serin (actionnaire à 80% de CMI), ce groupe wallon basé à Liège, qui fête ses 200 ans d'existence en 2017, dispose de quelques atouts non négligeables pour séduire Volvo et s'offrir RTD à la barbe de KNDS. Et ce, en dépit du veto mis par le ministère de la Défense quand CMI est allé consulter l'Hôtel de Brienne, selon nos informations. Aujourd'hui "la porte s'est un peu ouverte", explique-t-on à La Tribune

Les cinq atouts de CMI pour s'offrir RTD

CMI, qui a approché en avril 2016 pour la première fois Volvo alors en pleine réflexion sur RTD, coche toutes les cases imposées par la France. A Paris, personne ne s'attendait à une candidature telle que celle de CMI. Le ministère de la Défense s'oppose à la vente de RTD à un fonds financier ou à un groupe allemand, Rheinmetall étant principalement dans le viseur. En outre, CMI est une entreprise non cotée solide sur le plan financier. Le groupe belge, qui disposait fin 2015 d'une trésorerie de 267 millions d'euros, a dégagé une marge de 8,5% cette année-là.

Par ailleurs, CMI Defence, dirigé par le Français Jean-Luc Maurange, connait bien RTD avec lequel il travaille depuis longtemps en lui fournissant des tourelles. Au-delà de cette relation avec sa cible, la filiale défense de CMI est la plus francophile des entreprises de défense belges. Elle achète des systèmes optiques chez Safran Electronics & Defense (ex-Sagem) et des tôles chez Constellium. Elle est également membre du GICAT. Par ailleurs, elle dispose d'implantations en France, dont la fabrication des canons de 90 et 105 à Distroff (Moselle). La filiale défense de CMI a également investi dans un centre de formation et un atelier de maintenance à Commercy (Meuse). Enfin, le groupe est en train de déménager son activité simulation rachetée à Silkan (Agueris) à Vélizy dans la région parisienne. Ce qui devrait rassurer Paris.

Surtout CMI peut s'appuyer sur l'envie de la Belgique d'entrer dans le programme Scorpion pour mettre la pression sur Paris. Potentiellement, Bruxelles souhaite acquérir 65 Jaguar et 550 Griffon. Soit 30% environ de la cible française (248 Jaguar et 1.722 Griffon). Ce qui est loin d'être négligeable. En contrepartie de son entrée dans Scorpion, la Belgique devrait certainement demander de mettre du contenu belge dans le Griffon et le Jaguar (CMI, Herstal, Thales Belgique...).

En outre, Volvo, qui ne veut pas se laisser imposer un seul acheteur, a réussi à gagner du temps. "Le processus dure plus longtemps que prévu", précise-t-on d'ailleurs à La Tribune. Pas sûr que la vente ait lieu avant l'élection présidentielle même si le groupe suédois va très prochainement ouvrir les "due diligence" pour RTD. Ce qui pourrait rebattre les cartes avec un nouveau gouvernement. D'autant que les actionnaires de Volvo souhaitent une compétition la plus ouverte possible pour en tirer le meilleur prix.

Pourquoi CMI s'est lancé

Jusqu'à peu de temps encore, CMI Defence, qui fournit plusieurs grands de l'armement terrestre comme General Dynamics, Textron et... RTD, souhaitait rester un tourellier indépendant pour vendre à tous les véhiculiers. Mais en mars 2016, la prise de participation de 49,9% dans le groupe finlandais Patria (véhicules blindés) par le norvégien Kongsberg (tourellier) interpelle les dirigeants de CMI. Un véritable changement de dogme dans ce segment de marché qui a été le déclic pour CMI... même si l'entreprise belge est consciente qu'elle peut perdre des contrats avec des donneurs d'ordres.

Michel Cabirol

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Commentaires 16
à écrit le 12/02/2017 à 19:08
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Encor une fois de plus les politicards Français sont nul les Allemands petit à petit prennent tous le savoir françai. Les recherches au départ on été financé par le contribuable.Airbus,ariane espace,pechiney,les blindés,RVI,Irisbus qui detenait la ma...

à écrit le 06/02/2017 à 22:52
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on est en train de se faire avoir, comme ils ont essayé dans l'aéronautique. Au lieu de faire un groupe complet en comptabilisant tout l'apport français, on fait un d'abord un groupe à 50/50, et ensuite le groupe à 50/50 rachète tout le reste de l'ap...

le 06/02/2017 à 23:52
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Tout à fait, la méthode Sanofi se prête pour de tels manoeuvres!

à écrit le 06/02/2017 à 19:57
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a patex oui nexter 30 pour cent de ca de plus que les allemands,mais l etat actionnaire de nexter a retiré une certaine somme de la cagnotte de sorte que c est bien du 50 50 pour l instant.....

à écrit le 06/02/2017 à 9:53
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Renault-Trucks DéfenSe et non Défence.

le 06/02/2017 à 16:05
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Je dirais même : Camions Renault Défense.

à écrit le 06/02/2017 à 9:32
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KNDS, un groupe franco-allemand, ce n'est pas plutôt un groupe germano-français. On est assez forts pour se faire bouffer dans ce genre d'accord.

le 06/02/2017 à 14:49
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Nexter réalise 30% de chiffre d'affaires que KMW. C'est donc bien un groupe franco-allemand...

le 06/02/2017 à 16:15
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@patex Ce qui compte c'est l'actionnariat et à moins d'avoir raté qcq, c'est 50-50 pour ne pas vexer la toute puissante industrie allemande qui se fera un plaisir avec notre complaisance de prendre le pouvoir.

à écrit le 06/02/2017 à 9:23
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Il est temps de faire un Airbus militaire terrestre a 3, français allemands et belges !

le 06/02/2017 à 11:10
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Pourquoi avec les allemands? On a vu ce qu'ils ont fait avec l'Aerospatiale. Ils délocalisent progressivement tous les bureaux d'études en Allemagne, et la France perd son savoir faire. Ce genre de coopération, on peut s'en passer.

le 06/02/2017 à 13:46
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Faut se calmer avec Airbus, qui n'en serait jamais a egalite avec Boeing et si gros sans une vaste coopération européenne. Croyez-vous que l'Aerospatiale ferait encore des avions civls sans Airbus, et encore moins des avions ravitailleurs. C'est ...

le 06/02/2017 à 18:51
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Ce qui est certain, c'est que le transfert de Hoechst à Aventis pour former une entreprise européenne avec siège à Strasbourg a aussi tôt été absorbé par Sanofi pur sang français, de quoi inquiéter tous les Allemands quand on leur vante une co-opérat...

le 06/02/2017 à 20:15
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a sim désolé, vous avez faux avant la creation d aibus a toulouse il y avait deja le site des caravelles a Hambourg rien, nada, aujourdhui Hambourg sort plus d airbus que toulouse avec un nombre de personnel superieur quand a l a400 il est monté en ...

le 06/02/2017 à 20:16
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Airbus, c'est international ! Il y a aussi des entreprises américaines ou chinoises qui bossent pour Airbus ! Selon wiki : "En Chine, le Centre d’ingénierie Airbus Beijing (ABEC pour Airbus (Beijing) Engineering Centre) de Pékin, inauguré en 2005...

le 07/02/2017 à 7:48
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principalement franco-allemand. Sur plus de 60000 emplois en Europe, la France doit en gérer à peine plus que l'Allemagne, mais l'addition monte à plus de 40000 employés pour nos deux nations, majeures chez Airbus. De plus la R&D et les essais res...

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