C'est peu de dire que le dossier Renault Trucks Défense (RTD) est surveillé comme le lait sur le feu par le ministère de la Défense français. Le vendeur Volvo, qui souhaite céder sa division "Governmental Sales" (500 millions d'euros de chiffre d'affaires environ en 2015), semble être très, très aiguillé par Paris. Selon nos informations, la France s'opposera à la vente de RTD à un fonds financier - "Nous n'en voulons pas", explique-t-on à La Tribune - ou à un groupe allemand.
Le dossier est compliqué pour le groupe suédois, qui voit s'éloigner le fruit d'une vente lucrative à un fonds ou encore au groupe Rheinmetall, le rival de Krauss-Maffei Wegmann en Allemagne. Alors que la campagne présidentielle va aller crescendo ces prochaines semaines, la France est prête à brandir tout l'arsenal réglementaire (dont notamment le fameux décret dit Montebourg pour les activités considérées comme stratégiques) pour empêcher une opération qui ne lui convient pas.
À travers les trois marques RTD, Acmat et Panhard, le groupe fournit 90% des plateformes blindées actuellement en service dans l'armée de Terre française. Tout comme on rappelle à La Tribune le poids du programme Scorpion dans le carnet de commandes de RTD. Il pèserait 70% de la valeur de RTD, selon un observateur averti. Bref, tout indique que Volvo ne peut et ne doit pas jouer avec le feu.
Qui donc pour racheter les marques RTD, ACMAT, Panhard, qui représentent environ 50% des ventes de la division Governmental Sales de Volvo ? La France a en tête une solution qu'elle aimerait imposer au constructeur suédois, qui détient également à l'international Mack Defense aux États-Unis, Volvo Defense en Suède et VGGS Océanie en Australie. C'est KNDS (KMW Nexter Defense Systems), le groupe franco-allemand constitué en décembre 2015.
Cette simple opération de rachat ne va surtout pas bouleverser les équilibres de la structure de gouvernance du nouveau groupe (parité franco-allemande), assure-t-on à Paris. Ce qui a évidemment rassuré pleinement les Allemands de Krauss-Maffei, qui sont enthousiastes devant une telle opportunité de croissance externe et de nouvelles synergies possibles, selon des sources concordantes.
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Il reste une inconnue. Et de taille. Que va faire Volvo, qui a déjà consulté le gouvernement français ? Comment concilier dans cette opération les intérêts du vendeur ? Car Volvo est censé discuter avec un seul acheteur, KNDS, ce qui n'est jamais une position très facile pour valoriser un investissement. D'autant que cette branche a atteint "une position très forte au cours des dernières années" et "il y a d'importantes opportunités de faire davantage croître l'activité", avait d'ailleurs souligné le directeur général de Volvo, Jan Gurander au moment de l'intention de Volvo de vendre cette activité révélée par le journal "L'Opinion".
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Une des clés de la réussite de cette opération sera le comportement de KNDS, qui devra trouver un équilibre dans son offre pour ne pas rebuter ou humilier Volvo. Les deux groupes ont déjà pris des contacts. Mais le groupe suédois serait déjà... sur la défensive.
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